‹ Les Petits Poèmes grecsChapitre 212 sur 395 · ALCÉE · texte numérisé non relu

ALCÉE

TRADUIT PAR M. ERNEST FALCONNET

VJE D'ALGER.

Alcéc, inventeur du ver* alcalqur vécut dans j la quarante-quatrième olympiade, Tan 604 | avant Jésus-Christ : il èlait contemporain de ' Sappho et habitait nie de Lesbos. Ses poésies pleines d'invectives contre Pitlacus, l'un des principaux habitans de Milylène mis par l'histoire au nombre des sept sages de la Grèce, lui firent un ennemi redoutable et une persécution méritée. Il porta la peine de ses satyres, sa verve pleine d'acreté et son orgueil turbulent le firent exiler. Alors il s'arma contre Milylène*, mais sur le champ de bataille il prit la fuite. Tombé entre les mains de Piltacus, il en obtint un pardon généreux. I ne seconde circonstance nous donne un nouvel exemple du sa pusillanimité. Combat la ni contre les Athéniens, il jeta son épée et son bouclier qui gênaient sa fuite. ; I>es Athéniens victorieux les suspendirent en trophée dans le temple de Minerve. Pendant son exil Alcée avait voyagé, il avait visité l'Egypte; il avait continué à s'abandonner aux charmes de la poésie. Il avait composé des odes , des hymnes , des épigrammes. Tour à tour il menaçait les tyrans et les frappait de tout le poids de sa colère :

Akri miniers camœmr. \Hurme.)

Tantôt il célébrait les doux jeux de Vénus et deCupidon, et la puissance aimable de Bacchus. Détail poêle par les idées et par l'expression. L'abondance et la simplicité splendide de son vers lui faisaient souvent égaler Homère ; Horace nous en a tracé un éloge magnifique d'un coup de crayon .

K, * sonamem pltoiu, aurco \ llcce pteclro...

Ce qu'on peut traduire ainsi :

Et toi Alcée qui lires de si beaux sons de ton j archet d'or.

Le dithyrambe, tantôt enthousiaste et exalté comme l'ode , tantôt amer et menaçant comme la satyre, fut le genre où il excella. Aussi le grand critique latin Quintilicn a-t-il écrit sur lui les lignes suivantes:

« Dans la partie de ses œuvres où Alcée attaque les tyrans, c'est avec raison qu'il mérite qu'on lui attribue un archet d'or. Il a une grande importance comme peintre de mœurs ; son style est serré , riche et rapide. Il a de la ressemblance avec Homère , mais il a tort d'abaisser à célébrer les jeux et les amours un talent créé pour un plus noble emploi. »

Il ne nous reste d'Alcéc que quelques fragmens conservés par Alhénée et Suidas, et recueillis par Henry Estiennc à la suite de son Pindare.

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