HYMNE XXXII
A la Lune
Muses mélodieuses, filles de Jupiter , habiles dans l'art des chants , célébrez la Lune aux ailes rapides -, la lumière qui éclate autour de sa tête immortelle vient inonder la terre; un doux éclat l'embellit et la clarté de sa couronne d'or dissipe les ténèbres de l'air. Vos rayons brillent, lorsque ayant baigné voire beau corps vous sortez de l'Océan, et que, vous étant enveloppée dans vos vêtemens lumineux, vous courbez sous le joug vos chevaux étincelans, à la tête orgueil-
leuse, lorsque vous leur faites déployer leur flottante crinière et prendre vivement leur course. Au milieu du mois , le soir , quand votre orbe immense est rempli , les cieux nous versent de vives clartés ; un signe mémorable apparaît aux humains. Jadis la Lune s'unit d'amour à Jupiter : de cette union naquit Pandée , belle entre tous les immortels.
Salut , déesse puissante aux bras d'albâtre , Lune divine et bienveillante , ornée d'une belle chevelure : j'ai d'abord chanté vos louanges , maintenant je vous dirai la gloire de ces hommes demi-dieux , dont les favoris des Muses célèbrent les actions d'une voix mélodieuse.
hymne xxxi 11.
Aux Dioscures.
Muses aux yeux noirs, célébrez les Dioscures, descendans de Tyndare , beaux enfans de la brillante Léda , Castor écuyer habile et le noble Pollux. Sur les cimes du Taygète, haute montagne, Léda s'étant unie d'amour au formidable Jupiter donna le jour â des fils destinés à être les sauveurs des faibles humains et à protéger les navires, lorsque les tempêtes furieuses se précipitent sur la mer implacable. Les nautoniers implorent Jes fils du grand Jupiter et leur immolent des agneaux sur la poupe -, les vents furieux et les vagues amoncelées de la mer menacent d'engloutir le navire : alors, portés sur leurs ailes rapides, les Dioscures apparaissent dans les airs , apaisant les vents déchaînés et les tempêtes , ils calment les flots de la mer devant les nautoniers et font briller pour eux des signes favorables. La joie descend dans le cœur des matelots ; ils cessent leurs travaux pénibles.
Je vous salue, ô Tyndarides ! conducteurs de rapides coursiers , je ne vous oublierai jamais, et je vais dire un autre chant.
FRAGMENS
AUX HABITANS de néotychos.
Colonie de Cyme.
Ayez pitié d'un malheureux sans asile et qui
n'a pu trouver l'hospitalité , ô vous qui habitez celte belle cité, fille aimable de Cyme , et buvez aux pieds du mont Sédène, à la haute chevelure, l'eau divine de l'Hermus aux gouffres immenses qu'enfanta l'immortel Jupiter.