LU
SUR LUI-MÊME
Quandjevoisun cercle déjeunes gens, majeunesse me revient, et soudain, quoique vieillard, je vole me mêler aux chœurs de la danse. Attends-moi, Cybèle, donne-moi des fleurs, que je me couronne. Loin d'ici la blanche vieillesse! Je redeviens jeune ; je veux danser avec des jeunes gens, Qu'on m'apporte la liqueur de Bacchus
ODES
amant de l'Automne : on verra la vigueur d'un vieillard qui sait parler , qui sait boire et qui sait defirer avec les Grâces.
LUI
SUR LES AMANS
Les chevaux portent sur la croupe l'empreinte d'un fer brûlant-, le Parlhe se reconnaît à sa thiare ; moi je reconnais de suite ceux qui aiment : ils portent dans le fond de leur âme un cachet de triste inquiétude.
SUR LUI-MÊME
Déjà mon front est dépouillé , ma tête blanchit , l'aimable jeunesse s'est enfuie loin de moi: mes dents même ont vieilli. Il ne me reste plus longtemps à jouir des douceurs de la vie. Pour moi qui redoute le Tartare, cette pensée me tire souvent des soupirs : l'aspect de ce séjour est affreux , la pente qui y conduit est horrible. Tous les mortels y descendent : nul n'en connaît le retour.