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ÉPITAPHE D'ANACRÉON

Par Julien.

J'ai souvent chanté dans mes vers et je le répéterai du fond de mon tombeau : « Amis , buvez avant que la mort vous réduise en poussière. •»

FRAGMENS

Puissé-je mourir, c'est le seul remède aux maux que j'endure.

Moi je ne désire ni la corne d'Amallhée n de régner cent cinquante ans à Tartessus.

Déjà commence le mois consacré à Neptune : les nuages roulent de noirs torrens d'eau , les tempêtes furieuses se détachent avec des bruits effrayans.

J'ai mangé un peu , j'ai bu de la liqueur de Bacchus ; je touche maintenant les cordes voluptueuses de ma lyre , je célèbre les charmes et les attraits de ma maîtresse.

J'aime et je n'aime point , je suis fou et je suis sage.

FRAGMENS

Je veux rire et folâtrer avec toi : ton caractère est aimable et ton humeur charmante.

Lorsque je t'écoutais attentivement , bien décidé à fuir l'Amour, ce dieu s'est rendu maître de mon cœur

Jeune beauté , dont les cheveux flottans sont couverts d'un voile tissu d'or, daigne écouler un vieillard.

Je hais et je déteste ceux qui parlent d'un

ton élevé , emphatique : savoir garder le silence, voilà la plus belle qualité.

Apporte de l'eau , apporte du vin 5 donne moi des couronnes de fleurs fraîchement écloses. Je ne veux pas combattre plus longtemps contre l'Amour.

L'Amour me donne des ailes légères : je m'élève jusques aux cieux ; mais l'objet de mon ardeur est insensible à mes feux.

FIN D'ANACKÉON.

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