‹ Les petits poèmes grecsChapitre 253 sur 358 · VOEU A PRIAPE · texte numérisé non relu

VOEU A PRIAPE

Chevrier, en passant par ce hameau qu'ombragent des chênes touffus, tu trouveras une nouvelle statue de bois de figuier encore revêtu de son écorce : c^est celle de Priape -, elle est sur un socle à trois pieds , elle n'a point d'oreilles, et cependant ce dieu peut accomplir les mystères de Vénus. La statue est dans une enceinte sacrée, et du milieu des rochers s'élance sans jamais tarir une source ombragée de lauriers , de myrtes , de cyprès et d'un vigne sauvage don les rameaux s'étendent çà et là. Les merles printaniers y répètent leurs chansons , et les rossignols aux ailes d'or tirent de leurs gosiers des sons mélodieux. Arrête-toi dans ce lieu, prie l'aimable Priape de me délivrer de mon amour pour Daphnis, et dis-lui que je vais lui sacrifier un beau chevreau. S'il m'exauce, je lui immolerai trois victimes : une génisse , un bouc et un agneau encore renfermé dans ma bergerie. Daigne ce Dieu m'ètre propice !

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