A DES LABOUREURS
D'un inconnu.
La terre manque-t-elle donc à vos charrues , ô laboureurs ! que vos bœufs ouvrent des sillons sur des tombes ! Quel avantage y trouvezvous? Et quel froment de meilleure qualité tirerez-vous de la cendre plutôt que de la terre. Vous ne vivrez pas toujours et un autre à son tour labourera sur vos corps -, il jettera comme vous le faites aujourd'hui la semence sur des i tombes.
SUR UNE FEMME
De Léonidas.
O femme! comment t'appelles-tu, toi qui re-
poses sous cette colonne de marbre de Paros?
— Prexo Callitelis. — D'où es-tu ? ■ — De Samos. — Qui t'a enseveli? — Théocrite à qui mes parens m'avaient louée. — De quoi es-tu morte ? — D'une couche. • — Quel âge avais-tu ?
— Yingt-deux ans. — As-tu laissé des enfans ?
— Oui , j'ai laissé mon petit Callitelis âgé de trois ans à peine. — Qu'il vive pour toi et qu'il arrive à une longue vieillesse ! — Merci étranger, et que la fortune te comble de toutes ses faveurs.
d'agathias scholasticùs.
Sur sa mère enterrée à Bysance.
Passant , pourquoi pleures-tu ? — Je pleure sur ta mort. — Sais-tu qui je suis ? — Non , et cependant je trouve ta mort bien triste 5 qui es-tu donc ? — Péricléa. — De qui étais-tu la femme ? - — D'un excellent homme , rhéteur en Asie, nommé Memnon. — Comment cette terre de Bosphore a-t-elle ta tombe ? ■ — Demande à la Parque qui m'a donné un tombeau éloigné de ma patrie. — As-tu laissé un enfant? ■ — Oui , un fils de trois ans qui jadis dans ma maison se nourrissait du lait de mes mamelles. ■ — Qu'il vive et qu'il soit beau ! — Oui ami; souhaite-lui de devenir un beau jeune homme pour qu'il verse sur moi de douces larmes.
ÉPITAPHE
D'un inconnu.
Pourquoi rester ainsi près de ma tombe en versant des larmes inutiles? Ma mort ne doit pas vous faire répandre des pleurs. Cessez votre chagrin, cher époux et cher enfant , et gardez dans vos cœurs le souvenir d'Amazone.