AIR
dujargon.
Salut! temple charmant et parfait M'a rouât îqtie!
Pour m'amener atn pieds de ta mus# mystique.
L'ai graillon de l’amour, eet aimable moustique.
De mon corps a su faire une balle élastique.
Adélaïde! {bit.) ü ange de vertu !
Quand donc, ici reviendras- lu?
Pour m’y donner le foy... le foyer domestique.
Te voir pleine de grAce A ton piaoo-forté,
Moi, jouant de la basse Et crevant de santé ;
Pouvoir enfin, ma bonne.
Jusque» à mon trépas,
Te presser dans mes bras Ainsi qu'un saxophone.
Adélaïde! (bis.)
C'est le van de mon cour.
Le cri de ma tendresse :
*A!i ! n’est-ce... ab! n'est-ce... ah! n'est-ce Pas ià le vrai bonheur?
Posons d’abord mon violoncelle... ce n'est pas qu’il m’embarrasse, mais il demande des ménagements... Monsieur... c’est un instrument historique... je me suis laissé dire que c'était celui avec lequel François l w avait signé la paix après la bataille de Cannes.
POLYDORE, loi presut *o« intiruoivnl.
Permettez, Monsieur... fit «a tir* »n »o*.) Je crois que vous êtes dans l'erreur... A ce son, il m'est impossible d’en duuter... c’est celui au'Hcnri IV portait sur son chapeau , à la bataille de Ravie... lorsqu'il disait à tes soldats : « Soldats, suivez bien mon violoncelle, vous le trouverez toujours au chemin de l'honneur!.. »
DIJ IRC, OR.
Vous croyez que c’est le même?..
POLYDORE
J’en suis sûr!..
Dt JARGON.
Merci!.. Vous êtes militaire?..
POLYDORE
Comme vous voyez!..
dujargon.
Eii-cc que c’est vous qui m'avez adresse cette petite lettre mystérieuse?..
roi T DORE.
Chut!.. y .
rf- DCJARGON.
Plaît-il?..
POLVDORE.
Chut !.. (|| n fermer U porte.)
DUJARGON.
Pourquoi tout ce mystère?..
POLVDORE.
Vous êtes bien monsieur Dujargon?..
DU ARGON
Depuis un siècle, de père en fils.
POLYDORE
Voulez-vous me permettre de vous embrasser?..
DUJARGON.
Si ça vous était égal, j'aimerais mieux autre chose...
POLYDORE
Ça ne m'est pas égal. Dujargon, dans mes bras!., (il U §err«.)
DUJARGON.
Vous m’étouffez!., prenez garde à mes lunettes!..
POLVDORE.
C'est le bonheur... tiens, regarde!., j'en pleure... juand je pense... que vous allez épouser... ma sœur..,
Dl JARGON.
Votre sœur?..
POLVDORE.
Adélaïde de la Forêt!.,
DUJARGON.
Adélaïde!,.
POLVDORE.
Chut!., je suis son frère!
DU ARGON
Allons donc!
POLVDORE.
Parole d’honneur!..
DUJARGON.
Quelle farce!.. Adélaïde n’a pas de famille, on plutôt elle n’en a plus.
POLTDOai.
Elle n’eo a plus?,, et moi?
DUJARGON.
Vous?., mais je ne vous connais pas!..
POLVDORE.
Tu n’as donc jamais entendu parler d'Herculc de la Forêt?..
DUJARGON.
Le frère puîné d'Adélaïde?..
POLVDORE.
Justement!..
DUJARGON.
Celui qui a été tué...
POLVDORE.
Je le fus très- grièvement. . .
DUJARGON.
Hein?..
POLVDORE.
Mais... on me posa les sangsues à temps... et tu vois!.. Ah! Duharpon !..
DUJARGON.
Dujargon !..
POLVDORE.
As-tu entendu parler de l'affaire du 9 messidor?..
DUJARGON.
Àttcndez-donc... Messidor... est-ce que ce n'est pas celui qui a invente ces petites machines, qui ont eu tant de succès dans le grand monde?.. Vous savez qu’il a obtenu son concordat?..
POLVDORE.
Je vous parle du 9 messidor!..
DUJARGON.
Ah ! je confonds avec Isidore!..
POLVDORE.
Écoute, Du dragon!..
DUJARGON.
Dujargon!.. Quel massacre!..
POLYPORE
Massacre... c’est le mot !.. CéUiit au point du jour... chargé d'enlever au pas de course une position difficile, mais très-compliquée, j’ouvre la bouche pour commander le feu... car nous étions sans armes... paf!.. une balle derarahim: .Uiniê me coupe la (tarole, traverse la gorge, pénétre dans l'abdomen... et sort par dessous ma giberne... (il tir* um balle ) La voici!..
PIUAMON.
Oh! cette balle...
POIYUOKE.
Heureusement qu'il se trouva là onze cent onze sangsues... qu’on m’appliqua sur l’œil gauche... je fus sauvé, mais prisonnicr!.. Mais, si Latude sr sauva du fort de Vincenncs, a l’aide d’une échelle que les maçons y avaient oubliée... que diras-tu en apprenant .. que je me construisis une cordc à pu.ts .. avec mes cheveux...
Dt’MKON.
Ah!..
POLYDORE
Et les poils de ma barbe!..
M'JARGON
Oh!
POLYDOKE.
J’avais remarqué que chaque fois que l« barbier venait me couper les cheveux et me raser, il ne se donnait même pas la peine de balayer mon cachot*..
DUJARCON.
Messieurs les coiffeurs sont si faignants.
( POLYDORE
Tout à coup, il me germe une idée... j’attache, chaque cheveu à chaque | oil de barbe, et chaque poil de barbe à chaque cheveu, et. au bout de trente-trois ans. j’avais une corde à nœuds de ta longueur de dix-buil cents pieds au-dessous du niveau de la mer .. j’étais sauvé!.. J’aerours ici... je veux presser Adélaïde de la Furet dans mes bras... elle me repousse... je recule... et je marche sur la patte de son chien... le chien crie...
DUJARCON.
Comment!., elle a un chien?..
POLYDORE
El j’entends dans sa chambre à coucher : Ah! Ah!»
DUJ ARGON.
Comment!., elle a un veau?..
POLVDORB.
C’était le vagissement d’un enfant !..
DUJARCON.
D’un enfant?..
POLVDORK.
J’enfonce U porte de sa chambre!., c’était un moutard de quinze mois. Plein de fureur... je me retourne .. que vis- je?., un second morne qui tétait gravement un biberon Darbo...
DUJARCON.
Un second.'..
POLYDORE
Puis un troisième.
DlJ ARGON.
Un troisième!..
POLYDORE
Un quatrième...
DUJARCON.
Un quatrième!..
POLYDORE
Enfin ! que te dirai-je?., ils étaient vingt-trois dans sa chambre à coucher!..
DUJARCON.
Vingt-trois enfants!..
POLVDORK.
Ra>sure-toi!.. il y en a douze de mort..
DUJARCON.
Mais il en reste encore onze !..
POLYDORE
Tous vivants... grouillants... mangeant bien... dansant .. buvant sec,., et jouant de tous les instruments... des petits prodiges, en un mol.
OUARGON.
Des petits prodiges!., quelle horreur!.. Onze enfants!.. Adél...
C’est impossible!*. C'est... (Ou «ilead ■» drbon la voit de Pifioe.) ririNE.
Hein! hein! hein!..
DUJARCON.
Qu’est-cc que c’est que ça?
POLYDOBE.
C'est Fiflne, la plus jeune...
DUJARCON.
La plus jeune ! (Arrive Fifioe «fan» uu dbariot-browetl# A «faut». Elle ■ es bourrelet, etc.)