Ta-tsin^ YHt-toun^-tchi, livr. cccxx:i, p i
2. Le pays des Youeh comprenait toute la côte sud-est de la Chine actuelle, et notamment les territoires où sont parlés les dialectes caractéristiques de Canton et du Fouhkien
LA COCHlNCMlNK ET LK CaMBOCGK 169
viet) que les indigènes de ce pays ont continué à lui appliquer jusqu'à nos jours.
La Cochinchine, et surtout sa partie méridionale, est également désignée, dans les auteurs chinois, sous le nom de Tchentching^ et, dès la dynastie des Tsin (210 avant notre ère), sous celui de Kiao tchi \ bien qu'à celte époque une grande partie de ce territoire ait été comprise dans un département chinois appelé Siang-,
Plusieurs pays sont désignés comme tributaires ou dépendant du royaume de Tchen-tching. Ce sont : Pin toung-loiing^
I. il n'o.it peut-être pas inutile de faire observer que les mots Kiao tchi se prononçaient autrefois Kautchi. Rapprochés du nom Tchenching^ ils rappellent la désignation européenne de Cochinchine donnée souvent par les géographes européens à l'Annam tout entier. — Les Malays se servent encore aujourd'hui du mot Kotchi, pour désigner l'empire Annamite
3 Voy mon aperçu de l'histoire ancienne de TAnnam, dans le Tableau de la Cochinchine de MM. E Cortambert et Léon de Rosny (publié par la Société d'Eihnograpiiie), p. 147 et suiv. ; et la Notice sur le pays de Kiao-tclii, extraite, par M. P. Ory, du Toung-si-yang-kao, dans les Mémoires du Congrès provincial des Orientalistes, session do Levallois, 1874, p 186.
I^O ETHKOGHAPHIC DES CHINOIS
nommé Râdjagrihapoura dans les livres bouddhiques, Pin-toling et Hao-icheou ou arrondissement de Hoa.
Enfin, on a donné à TAnnam le surnom de NoU'koueh « Royaume des Esclaves», parce que ce pays envoyait, en Chine, de nombreux esclaves comme tribut.
La partie septentrionale de l'Annam est appelée aujourd'hui Toung-king «Capitale de TEst » ; elle formait aux premiers siècles de notre ère, le pays de Jih^ nan « le Midi du Soleil ». L'encyclopédie San-tsaï'toU'hoeï rapporte que Toiingking était la capitale du pays de Kiaotchiy mais qu'à la suite d^une querelle entre deux princes, cette contrée fut divisée en deux parties, dont Tune garda le non) de Kiao tchi^ tandis que Tautre prit celui de sa capitale Toung-king.
Les deux états avaient pour frontière la montagne Ki yemeou. Les indigènes de ce pays faisaient usage de caractères chinois et connaissaient les livres sacrés de la Chine.
Plusieurs notices chinoises sur le Cam-
iFig. 8.' (D'après le Hoang-lsiit Ichih-kouag-lou.)
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boJge ont déjà été traduites. L'une d'elles, et la plus étendue, est l'œuvre d'un officier chinois qui visita ce pays en 1295 *. Mais, ainsi que le remarque avec raison Abel- Rémusat, les documents les plus anciens sur ce pays, doivent être cherchés dans les relations du Fou-nan qui, dans Tantiquiié, avait placé le territoire cambodgien sous sa domination.
Le Fou-nan^ suivant Abel-Rémusat -, est une ancienne province chinoise répondant au Tongkin. D'après Klaproth 3, c'est un pays situé à l'autre extrémité de Tlndo-Chine, entre le Bengale
1. Voy. Abel-Rcmusat, dans les Nouveaux Mélanges asiatiques, t. I, p. 71- Celte curieuse notice mériterait d'ènc traduite de nouveau, les découvertes des récents explorateurs de la région d'Ângkor permettant de mieux comprendre certains passages demeurés obscurs dans la version du célèbre sinologue. — J'ai donné, de mon côté, la traduction de lu notice sur le Cambodge renfermée dans l'Encyclopédie Santsaï-tou-hoeï (voy. Actes de la Société d'Ethnographie, t. VI).