Àntiq,, liv. YIII, cb. ii
près, afin de bien montrer qu'ils avaient abandonné les possédés; ce qu'ils exécutèrent aussitôt ^
Quand on songe aux baquets magnétiques de Mesmer, aux prodiges de Cagliostro, aux séances fantastiques du spiritisme moderne, on ne saurait être bien sévère pour la facilité avec laquelle le peuple, dans les temps anciens, et même des esprits d'élite, tels que Josèphe, ajoutant foi à ces expériences plus ou moins habiles, croyaient fermement à un pouvoir surnaturel. Le magnétisme parait avoir joué un grand rôle dans les cures miraculeuses dont les Esséniens avaient le secret, ce qui prouve, suivant la judicieuse remarque de l'Ecclésiaste, œuvre de ce même Salomon, plus positif que ne l'a fait la légende, « qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil. »
Disons, en passant, à l'honneur des docteurs pharisiens, qu'ils ne se laissaient pas prendre, comme le vulgaire, à ces semblants de miracle. Us prohibaient formellement, dans le traitement des maladies, ces moyens superstitieux et proclamaient que « ceux qui » les mettaient en œuvre ne méritaient pas d'avoir « part aux félicités de la vie future *. »
1. JosftPHE, Atiiiq.t livre VIII, ch. ii. -^ Le Talmud parle aaasi du livre médical atlribaé à SalomoQ.U dit que le roi Hiskiah le retrouva et le cacha soigneusemeut. {Pessachimi 56. a.)
2. KSn aSnyS pSn iS TN T\^'3n hj trniSn. Talmud. Synhédrin, 90. a.
i4 LES PHARISIENS.
Une des grandes croyances de l'Ëssénisme était que « le royaume des cieux » {Malchouth-ha-Schamaîm) était proche, qu'il fallait en préparer ravénement et que la Judée touchait à la crise terrible prédite par les prophètes comme devant précéder les temps messianiques. L'idée qu'ils se faisaient du Messie est résumée par Graetz ', dans les termes suivants : « Il » devait mener une vie pure de tout péché, être en- » tièrement détaché du monde et de ses vanités, subir » de rudes épreuves, être rempli de l'esprit saint , avoir » puissance sur les démons, enfln, constituer ici-bas » une communauté de biens d'oùMammon, c'est-à-dire » l'amour de l'or, serait proscrit, et où le désintëres- » sèment et l'humilité seraient la gloire de l'homiBe. »
Le temps était, d'ailleurs, aux idées messianiques. Les malheurs de la Judée et la corruption générale inspiraient aux esprits patriotiques et aux esprits religieux l'attente et le désir d'un libérateur qui rendit à Jérusalem sa grandeur passée et qui en fit, pour les premiers^ la reine des nations, et pour les seconds, « la maison de prières de tous les peuples .»
Nous avons exposé^ dans un autre ouvrage auquel