Matthieu, ix, 44. — Jean, itt
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Nazareth y un charpentier du nom de Joseph, marié à une jeune et belle femme du nom de Marie. Ils avaient une nombreuse famille, des Dis et des filles, et, parmi eux, un fils aine, appelé Yeschoua, qui, sous le nom latinisé de Jésus, devait éterniser le souvenir de sa famille et transformer le monde. Il était né pendant le règne d'Hérode et avait déjà plus de trente ans quand Jean le Baptiseur entreprit sa mission sur les bords du Jourdain. Jésus, depuis sa naissance, que la légende devait entourer de toutes sortes de miracles, n'avait pas encore fait parler de lui. Cette première période de sa vie est restée dans Tombre et ses historiographes ne nous disent rien ni de ses travaux, ni de ses actes, ni de ses idées pendant les trente années qui précédèrent son apparition sur la scène des événements.
L'appel énergique de Jean le secoua de son inertie et l'arracha à son obscurité. Il vint, comme tout le monde, pour recevoir le baptême de pénitence. Que se passa-t-il entre lui . et l'apôtre essénien ? Les Évangiles ne nous rapportent, de leur entrevue, qu'un récit surnaturel où l'imagination joue un plus grand rôle que la réalité; mais ce qui est remarquable, c'est qu'à la suite des rapports qui s'établirent entre eux, nous voyons Jésus baptiser, à son tour, à l'exemple de Jean, et faire assez de prosélytes pour rendre jaloux les disciples de ce dernier ^
I . Post lixec, venit Jésus et discipuli ejus ia terram JadaDam, et illic II. 2
Ce fait, attesté par le disciple favori de Jésus, prouverait qu%, dans ses entretiens avec Jean le Baptiseur, le fils de Marie avait été entraîné vers la doctrine essénienne. Peut-être même s'était-il affilié à Tordre. Ce gui est incontestable, c'est que, dès ce moment, son esprit fut fortement empreint d'Essénisme.
Il suffit de signaler rapidement ce qu'il y a de caractéristique dans les discours de Jésus, ou du moins dans les paroles plus ou moins authentiques que les Évangiles lui attribuent, pour reconnaître à quel point la doctrine dos pieux ascètes a inspiré sa prédication.
Sa thèse principale est essentiellement essénienne. Il faut renoncer aux biens matériels de ce monde pour acquérir les biens spirituels du royaume des cieux. C^est aux pauvres, c'est aux petits que Dieu réserve ses trésors, u Heureux les pauvres, s'écrie-t-il,
ilemorabatur cum eis et baptisabat Non dum euim faerat mis-
âU9 Joannes in carcerein. — Facta autem est quœatio ex discipulia JoaoDiB cum Judeis de puriflcatione. Et veneruot ad Joanneni et dixeniut ei : Rabbi qui erat tecum trans Jordanem, cui tu testimo-
nium perbibnisti, ecce hic baptizat et omnes veniunt ad eum
Audierunt Pharisœi quod Jeau» plures discipuloa facit et baptixat quam Joaones. (Jkan m, 22. — iv, !.•
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car le royaume des deux leur appartient *. » Sa pensée, à cet égard, se complète éloguemment par la fameuse maxime : « En vérité, je vous le dis, il est plus A facile à un chameau de passer par le trou d'une D aiguille, qu'à un riche d*entrer dans le royaume « descieux '.» — « On ne peut, ajoute- t-il ailleurs, ser- » vir deux maîtres. Dieu et Mammon ^. > II faut opter entre les choses de la terre et celles du ciel. Or, pour l'homme pieux, le choix ne peut faire doute. Il ne doit se préoccuper d'aucun de ces besoins de la vie terrestre qui sont l'unique souci de ceux pour qui tout consiste dans les jouissances d'ici-bas. Il n'a point à rechercher péniblement ni comment il se vêtira, ni comment il mangera. « Qu'il cherche le royaume de » Dieu et observe la justice ; tout le reste lui sera ac- •) cordé comme par surcroit ^. t) Aussi, lorsque Jésus trace à ses disciples les devoirs de leur mission, il leur dit : « Ne portez avec vous ni or, ni argent, ni n besace, ni même deux tuniques pour changer de n vêtement. Dans chaque ville, dans chaque village, 0 dans chaque château, entrez et restez, jusqu'à votre 0 départ, chez celui qui est le plus digne de vous re-
1. Luc, ch. VI, 20. — MatUlieu, en rapportant les mêmes paroles, dit :« Heureux les pauvres d*esprit I » mais c'est évidemment une version moins exacte que celle de Luc, qui répond tout à fait à Tidée ébionite de la première doctrine.