‹ Les PharisiensChapitre 172 sur 258 · YadrhorBataka !'• partie, ch. 5. De la Péniienee · texte numérisé non relu

YadrhorBataka !'• partie, ch. 5. De la Péniienee

2. Préface au seder Zéraim* — Voir aussi III' partie, ch. 31 . da Guide de» Egarés.

3. Yedoudah ben Samuel Ha-Léyi, que les Arabes appeUent Aboal Ghassan, naquit en Espagne vers Tan 1080. — l\ fut tué, soos \eé murs de Jérusalem, où il allait en pèlerinage, par un Arabe fanatique, au moment où, prosterné devant la ville sainte, il récitait, en pleurant, une de ses plus beUes poésies, le chant monorime àe Tsûm. Poète dans la plus hante acception du mot, il a abordé tous les geores. Pélégie et Tépigramme, les louanges de Dieu et les chants d'amour, La Synagogue a admis dans son rituel plusieurs de ses poésie» sacrées qui sont des chefs-d'œuvre de sentiment et de piété. Son auvre capitale est le Khozari qui est, sous la forme dialogiqne, un nmarquable exposé des principes du Judaïsme. Cet ouvrage fut corn posé en souvenir d'un fait d'abord mis en doute, aujouhd'hui avéré, la conversion au Judaïsme du Roi des Khozari^ peuple limitrophe de la mer Caspienne. L'auteur imagine qu'un docteur juif, qu*il nomnif le Haber, converse avec le Roi Bur tous les points de la loi juive.

Toute l'école juive du moyen âge est animée du même esprit. Or, que se passait-il autour de ces maîtres illustres lorsqu'ils proclamaient si solennellement les prérogatives légitimes de la science et de la liberté ?

L'église catholique brûlait sur les bûchers, torturait dans les cachots du Saint-Offlce, déclarait hérétiques et excommuniait par la voix infaillible de ses pontifes tous ceux qui osaient apporter le contrôle de la raison dans le domaine de la foi. Plus de cinq siècles devaient s'écouler encore avant que Luther fît triompher dans le monde moderne, contre l'autorité du sacerdoce, le principe du libre examen. Trois siècles ont passé depuis lors, et la résistance inflexible contre laquelle lutta le moine réformateur de Witenberg, n'a pas encore cédé. Ni la philosophie du dix-huitième siècle, ni la tempête révoljitionnaire de 89 n'ont pu la briser ; de nos jours même, elle a jeté un éclatant défi à la société tout entière par la publication de ce Syllabus où sont condamnées, comme une inspiration de l'esprit du mal, la liberté de pensée et la liberté de conscience.

Au contraire, lorsque Saadya^ au dixième siècle, Yéhoudah ha-Lévi, au onzième, et Maymonides, au douzième, afflrmaient que le premier devoir de l'homme intelligent ost de ne croire que ce que sa raison lui démontre juste ; lorsqu'ils disaient que la philosophie n'a rien d'incompatible avec la religion, non-seulement personne, dans le sein du Judaïsme, ne protestait «•ontre lonrs paroles, personne n'y voyait une hérésie

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condamnable devant les lois divines et humaines, mais ils étaient honorés comme les plus fidèles interprètes de l'antique doctrine de la Synagogue. Biea plus, leurs écrits revêtaient en quelque sorte l'autorité d'une loi religieuse, et Maymonides voyait a les treize articles de foi » dont il a fait la synthèse du Judaïsme, devenir presque universellement le Credo des communautés juives * .

C'est qu'en effet ils n'étaient que les continuateurs et les pieux héritiers de cette grande réforme pharisienne, qui^ près de vingt siècles avant le protestantisme, a résolu le problème moral si compliqué et encore si redoutable de nos jours^ qui a pour but l'alliance de l'autorité et de la liberté, de la raison et de la foi.

U Les treize articles de foi rédigés par Maymonides ont généralement pris place dans le rituel juif. Cependant beaucoup de théologiens ont contesté sa théorie. Chasdal ne compte que six dogmet obligatoires; Albou que trois. (WEiLL,le JudaAime, t. 1, préface.)

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