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4. MAYV05IDKS, More yéboucMm, II"* partie, ch. 4. (i6id.^ :i, Wkilu, le Judaïsme y ses dogmes^ sa mission, t. l's p. 5". G. Voir plus haut, livre VIII»»*, ch. 4, page 362. . • II. 2"
ils LKS PHAKISIKNS.
liante pour laquelle tout avait élé fait et à laquelle tout devait être subordonné.
Il y a plus ; ils admettaient que ce que nous voyons mainteuant n'était probablement ni le premier ni le soûl produit de romnipotence créatrice. « Il fut soir » dit la Genèse » mais, observent-ils, il n'est pas dit » que ce fut le premier soir. — D'où la conséquence )i que tout un ordre de siècles avait déjà précédr » cctttî époque. » — « Dans le cours de rKternité, )) Dieu créait des mondes ; puis il les faisait rentrer » dans le néant. — (leux ci, disait-il, auront la vie : » oeux-là ne l'auront pas \ »
On peut discuter ces théories et même en sourire au point de vue du progrès des sciences et des idées modernes, mais on ne saurait nier leur grandeur. Rlles placent certainement le Pharisaïsme parmi Us plus remarquables doctrines do tbéodieée qui se soient produites dans l'histoire religieuse.
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L'o'uvre créatrice accomplie. Dieu Ta-t-il abandonnée à elle-même el, comme le dit la Genèse, s'esl-il reposé, le septième jour? Pour que la doctrine pharisienne aboutit à une pareille conclusion, il aurait
t. BerescMth Rabbà, ^2.
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fallu oublier et démentir toutes les traditions du Judaïsme.
La croyance en rinterventlon permanente de la Providence dans le mouvement de Thumanité, éclate, pour ainsi dire, à chaque page du livre sacré. Dieu est partout présent, partout agissant. Des profondeurs des cicux, siège de sa majesté, il veille incessamment sur la création tout entière. 11 ne gouverne pas seulement l'ensemble do l'Univers, il s'occupe de chaque action et même de chaque individu ; il combat pour ceux qu'on opprime ; il frappe les coupables ; il récompense la vertu ; il guérit ceux qui souffrent : il console ceux qui sont affligés ; il relève ceux qui tombent; il pardonne à ceux qui se repentent et distribue, chaque jour, à toutes les créatures d'innombrables bienfaits. On aperçoit toujours sa main dans les grands événements de l'histoiro. C'est de lu] que viennent tous les faits merveilleux destinés à sauver ou à puuir les races humaines ; c'est de lui qu'émanent toutes les inspirations sublimes qui sacrent, ici-bas, les prophètes et les révélateurs.
Le Pharisaïsme ne pouvait évidemment rien ajouter à ces grands principes de la Bible, il ne pouvait que les confirmer, et en effet tous ses actes, toutes ses luttes, comme tout son enscign'fement, en ont été, à toute époque, la plus remarquable application. C^est avec la foi en la providence qu'il enflammait le courage des héroïques soldats des Macchabées ; c'est
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par elle qu'il a fait du peuple juif une forte race ne reculant devant aucun péril pour attester ou défendre sa loi religieuse*
Ce n'est donc pas cette doctrine élémentaire qu'il faut étudier dans les idées pbarisiennes ; ce sont les points de vue philosophiques où les docteurs se sont placés pour résoudre le problème du gouvernement providentiel.
Comment l'action de la providence peut-elle se concilier avec l'ordre naturel des choses et avec la liberttf humaine ? Voilà la grave question qui a préoccupé les penseurs de tous les âges. La solution qu'y donne l'école pharisienne a sa singularité.
Elle Texamine à deux points de vue, dans Tordre surnaturel et dans l'ordre naturel.
La première donnée du problème se lie étroitement à la question même dii miracle* Elle suppose, nécessairement, que Dieu, dans des circonstances exceptionnelles, suspend ou modifie les lois normales de la nature. Les Pères de la Synagogue ne pouvaient nier à Celui qui a tout fait et dont rien ne limite l'onmipotence, le pouvoir de changer, au gré de sa volonté souveraine, l'organisation générale de l'Univers ; mais ils n'admettaient pas, cependant, que Tordre naturel pût être brusquement bouleversé pour la moindre cause. Us étaient fort enclins à dire, comme Horace : \ec Deus intersit^ ftisi dignus vhidice iiodus. Tous les
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petits faits merveilleux que la superstition iuvente, même de nos jours, et que le fanatisme exploite si habilement, les trouvaient généralement fort incrédules. On se rappelle les Itères paroles de Yéhoschoua ben Hananiah, à Tacadémie de Yabné, quand on prétendit y trancher, par l'autorité d'un miracle, la controverse entre les écoles d'Hillel et de Schammai \ Vers cette même époque, la légende raconte ' qu'une discussion dogmatique à étant élevée entre l'iliézer ben Rorkanos et ses collègues, le premier appela à sou aide, on ne sait comment, le secours du surnaturel. A sa voix un arbre se transporta d'un point h un autre et un ruisseau remonta vers sa source. Le docteur kabbaliste s'appuyait sur ce double phénomène pour prouver la vérité de ses opinions, mais ses contradicteurs lui dirent avec un grand bon sens: «^uel rapport logique » ces faits merveilleux ont-ils avec la question qui » nous occupe ? »
Le Pharisaïsme acceptait bien le fait surnaturel commeunactede la toute-puissance divine, ayant pour but le salut, la récompense ou le châtiment des hommes, mais il ne lui reconnaissait pas la valeur d'une preuve morale à l'appui d'une opinion quelconque.
11 allait plus loin encore. Hésitant ù croire que Dieu voulût, au hasard des événements, trouliler tout