Béreschith Rahba, ?ect
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)> conditions à la mer, en lui prescrivant de diviser » ses eaux, à l'arrivée des Israélites sur les rivages w de la mer Rouge. » Puis, généralisant rette allégation : « Ce n'est pas avec la mer seule, dit-il, que Dieu » a fait ses conditions, mais avçc tous les éléments, » ainsi qu'il est dit : « C'est moi qui ai donné mes I) ordres à tous les corps créés. ' » Ce qui signifie, » c'esf moi qui, dés les premiers jours du monde, ai j) prescrit à la mer de se retirer devant Israël; au ciel n et à la terre de rester muets à la voix de Moïse; au » soleil de s'arrêter sur l'ordre de Josué ; aux corbeaux ») de nourrir le prophète Élie ; aux flammes de resn pecter Hananiah , Misaël et Azariah ; aux lions de » ne pas toucher à la personne de Daniel; au monstre M marin d'avaler et de rejeter ensuite le prophète )) Jonas. *»
Dans cette théorie originale le miracle disparait et il n'y a jamais intenniption réelle des lois physiques; mais, si le problème du surnaturel y est réduit à des termes qui ne laissent presque plus de place au merveilleux, en revanche le problème de la prescience divine y prend de formidables proportions. Tout estil donc prévu et réglé d'avance par le Créateur? Kt dès lors l'univers entier, l'humanité et les individus ne sont-ils pas soumis k un immuable destin où la li-
!. U\iï'^ cli. XLV, 12.
2. Voir sur ce ctirieux sy^Lôinc, Wkilu, If Judaïsme, ses dogmes, sa mission^ t. UI, p. 88.
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berté n'a plus d'initiative et la responsabilité plus de raison d'être? Ceci est le second aspect du problème de la providence. Le Pharisaîsme s'est fait robjection et y a n'*pondu à sa manière.
Il serait injuste d'exiger de lui plus que n'ont pu expliquer toutes les autres doctrines religieuses ou philosophiques touchant les rapports mystérieux de la divinité avec le monde visible. Depuis des siècles l'esprit humain s'est fatigué à chercher et à comprendre comment la prescience, que notre raisonne saurait refuser à l'élre éternel et infini, peut s'accorder avec le libre arbitre que le témoignage de notre intelligence et de nos sens ne nous permet pa^ de nier chez l'homme. A quelle certitude, à quelle vraisemblance même a abouti cette recherche? Les ténèbres couvrent toujours les sombres abîmes et qui sait si la lumière y pénétrera jamais? Tout ce qu'on peut dire c'est que, puisque nous ne pouvons douter ni de la prescience chez le créateur, ni de la liberté chez la créature, il faut bien qu'il n'y ait rien de contradictoire entre la force universelle qui pourvoit à tout et la force individuelle qui dirige l'homme dans la voie qui lui plait. La loi de cette combinaison nous
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échappe ; mais la chose est trop manifeste pour être niée. Nous ne nous en rendons pas compte, comme il nous arrive chaque fois que nous nous trouvons en face du principe primitif de causalité ; mais toutes les voix de la conscience nous affirment qu'il y a là une vérité irrécusable.
La question est plus simple dans Tordre physique que dans Tordre moral. L'univers est un corps passif, une matière inerte, soumis à des lois invariables et subissant une impulsion que rien ne dérange. Si celui qui Ta créé veut susprendre ou changer cette régularité admirable, la matière accepte sans résistance sa volonté souveraine, indifférente à la forme qui lui est donnée et à la direction qu'elle reçoit.
Il n'en est pas de même de l'être humain. 11 a une intelligence, une volonté et une action personnelle indépendantes du mouvement universel. On le voit entrer en lutte contre toutes les forces de la nature pour les soumettre à ses besoins et à ses caprices. Il va jusqu'à se révolter contre Têtre mystérieux de qui il a reçu la vie et prétend plier la providence elle-même à ses désirs et à ses intérêts. Cette volonté, cette action, cette lutte, cette révolte sont-elles libres? Oubien, comme les mondes, Thommc n'est-il qu'une machine montée d'avance en vue d'cxrcuter certains actes fatals ?
Les docteurs pharisiens se prononcent, sausexcep-
lion, dans le sens de la liberté. Tous proclament que rtiomme est libre et que ses actions, ici-bas, ne dépendent que de lui-même. Ils n'auraient pu, il est vrai, professer une autre doctrine sans donner un étrange démenti à cette parole du Pentateuque : «Voici, j'ai mis » devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la ma* » lédiction ; choisis la vie. * » Ils n'en eurent jamais la pensée,etle livre quicontient plus particulièrementleurs Idées morales, le irsiié Aboth^ dit, comme un axiome indiscutable: « Tout est sous le regard de Dieu, mais » riiomme est libre ; le monde est jugé avec bonté et » tout se règle suivant les œuvres *. » — « Tout est )) au pouvoir de Dieu, disent encore les pères do » Pharisaisme, excepté la crainte de Dieu ^, » c'est-àdire la libertémorale. — On se rappelle aussi la belle parabole d'Akiba : « Tout est fourni sous caution. Le » marché est libre. Le marchand fait crédit; mais le » registre est ouvert ; chaque dette y est inscrite et » tût ou tard les collecteurs se font payer bon gré, » mal gré *. » Il est difficile d'exprimer par luic image plus saisissante la théorie de la liberté et de la responsabilité.
L'école pharisîennc repoussait, d'autre part, les réve-