JosÈPiiE, Guerre des Jutfs, liv, II, cli
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Tous ces faits, attestés par les Évangiles, le seul documeut qui nous fasse connaître les rapports de Jésus et de ses disciples avec le parti des docteurs, prouvent évidemment que les premiers fondateurs du Christianisme eurent beaucoup moins à se plaindre du Pharisaïsme qu'on ne le croit généralement. Les adversaires implacables de la secte naissante furent les Sadducéens, les prêtres, les hommes du gouvernement,, etpeut-êtreunpetit nombre de Schammaïstes ; mais la plus grande partie des Pharisiens, à coup sûr les disciples d'Hillel, tout en combattant les doctrines du fils de Marie, eiî soutenant contre lui ces discussions légales qui leur étaient familières et leur plaisaient, n'aVaient certainement pas de haine pour sa personne ni pour celle de ses apôtres. Leurs actes, tels que TÉvangile même vient de nous les révéler, ne permettent pas de doute sur ce point. Peut-être même^ l'hostilité qui existait ouvertement entre Jésus et le Sacetdoce, le Sadducéisme et le parti Hérodien, contribua-t-elle à rendre le docteur de Nazareth plutôt sympathique qu'antipathique aux docteurs pharisiens, car les ennemis qu'il combattait et qui le persécutaient à leur tour, étaient aussi les leurs.
L'antagonisme entre la Synagogue et le Christia-
nisme ne vint que plus tard, lorsque les prédications de Paul eurent consommé l'abolition de la loi, et quand le mysticisme de Jean eût fait un Dieu du maître des apôtres. Mais bien des années s'écoulèrent avant que l'on arrivât à ce point extrême. La légende chrétienne était alors à peine ébauchée. Elle se bornait, pour les Douze, à la messianité de Jésus et à sa résurrection. S'ils croyaient à sa divinité, ce qui est douteux, ils n'osaient pas afficher cette croyance inconciliable avec l'inflexibilité du monothéisme. Quand ils parlent, en effet, de Jésus, ils l'appellent simplement « un homme » qui, par Tinspiration de Dieu^ a fait des miracles et a été ressuscité d'entre les morts *. Ce n'est que dans la seconde partie du premier siècle que les rédacteurs des Évangiles réunirent les souvenirs des disciples, déjà transformés et amplifiés par l'enthousiasme légendaire, et que Jean, le disciple bien-aimé, y mit le sceau en faisant de Jésus le Yerbe divin, incarné dans un corps d'homme.
Jusque-là les apôtres vécurent absolument et fidèlement dans le sein du Judaïsme. Ils s^organisèrent en petite Kéhilah, ayant ses administrateurs et ses chefs, élus suivant les formes usitées dans toutes les confréries religieuses de leur temps ^. lis observaient toutes les pratiques du culte. « Chaque jour on les
1. Jesum Nazarenuni, Yirum approbatum a Deo, virtutibûs, prodigiis et sigais. (Actes, ch. n, 22 et suiv;).