Photographie de M V. Bérard
■J. Sur la reproduction de la carte marine que je donne ici. j';ii corrigé cotte inexactitude. 3. Photographie do M"" V. Bérard.
. LES Nil Mi IENS I I I 'ODYSSI I
0 Poi i San Sj lione '.
Mer Sauvage esl semée de roches el de cailloux, garnie sur son fronl de rocs el de récifs, déchirée sur ses flancs d'écucils cl de falaises, el suis trêve la mer \ |huisso une houle gémissante. Sur les pointes et contre les parois «le fer, la moindre embarcation courl le i isque d'être éventrée ou brovée. Cette anse extérieure n'esl pas un port.
Le couvent de Palaio-Castrizza n Csi pas entre deux beaux ports. Il n'occupe pas I emplacement <lc In \ illc phéacienne. C esl Mipa cl San Spiridione qui soi 1 1 les beaux ports el c'esl la montagne cuire eux i|iii «lui porter la \ illc d'Alkinoos. La raide el petite butte de Palaio-Castrizza ne saurail d'ailleurs porter une ville : ses flancs abrupts, a grands renforts de terrasses, ont seulemenl quelques jardins cl quelques oliviers; sur le sommel aplani, le couvenl el sa petite église nonl pu trouver place qu'en débordant de toutes parts les lèvres du roc. Cette butte
médiocre ne pul j;nn;iis offrir d'utilité qu'aux \ i- ^ics indigènes. I n poste ou nue forteresse surveillaienl «le là les immensités de la mer occidentale pour annoncer les pirates el les flottes ennemies. Encore le château Saint-Ange offrait-il en cela plu-- de commodités.
lu h, mi de ses 530 mètres, son promontoire avancé el dégagé dépasse touf I ;ih- LMiemenl el domine toutes les (alaises de la côte occidentale. C'esl au Saint-Ange vraiment qu'esl la guette el la forteresse des indigènes. Palaio-Castrizza, a se» pieds, n'esl que la succursale, l'échelle de ravitaillement pour la garnison de ce N. mi lieu, el c'esl le sanctuaire pour les marins de passage — Nous avons contourné le fond de Porl Alipa. Nous arrivons sur l'istl • <|'"
tu. — l» té de San Spiridione, \et sable
I Photofrraphie di M \ Bel ard
: i hic de M ■ \ Bé u d
LA VILLE I i il I l .11 M
s étend entre les doux | m h i . .m pied du muni du Phûaeiuii l.n phiiuetto de l'isthme u doux conl cinquante a Irui < oui mi in do long, d un porl !i I iiulro ol
mil uinquuuto à doux conl métros do Inrgc, ontro lo piod du doux i
insu lui ru ol entière, hu cuir do Porl Uipu, In phiiuottu u I lira • ■ il olivettes
qui vionuonl jusqu'aux subies, hu coté de Sun Spiridiouo, Ion Mible* ol le champs do blé lui fonl uno largo c pi mudu découverte.
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Voilà bien » l'agora autour du beau Poscidion, l'agora nivelée el dallée de grandes pierres, où lesPhéaciens réparent les agrès de leurs vaisseaux calfatés, les câbles el 1rs voiles, el où ils rabotent le plal de leurs rames ». Les Phéaciens n'onl pas ici leurs chantiers de construction. Leurs vaisseaux ne sonl pas tirés jusqu'en cette agora. Les ua\ ires demeurent a l'ancre ou sur la pante de halage; mais on apporte ici 1rs agrès endommagés : ici les équipages, assis ou accroupis sur 1rs dalles, réparent qui sa voile ou sou mât, qui ses cordages ou ses rames. C'est le spectacle qu'offrent encore les quais dallés de nos petits ports méditerranéens. Allez un soir d'été sur la marine d'Amalli (on verra bientôt pourquoi je (treuils en exemple ce porl napolitain, jadis grande cité maritime, aujourd'hui simple mouillage de pêcheurs). Au pied de la montagne abrupte, sur la plage circulaire de sables et de cailloux, à l'écart du flot qui luise, les bateaux sont tirés. Devant la ligne des maisons de la basse ville, une esplanade dallée s'avance qui sépare la plage eu deux pentes. Sur ces dalles, les femmes accroupies tricotent leurs bas ou pouillent leurs enfants, et les hommes raccommodent leurs voiles, réparent leurs filets, tressent un cordage ou reclouent les tronçons d'une rame brisée. Pour ces menus travaux que le matelot fait ainsi, il faut une esplanade dallée où l'on puisse s'asseoir. Dans le sable mouillé ou sur les cailloux du bas. on calfate le navire tiré à sec; on change les pièces du bordage ou du gouvernail: on nettoie la carène : les travailleurs debout circulent autour de la coque....
En travers de notre isthme, il est donc facile de rétablir en imagination le dallage de grandes pierres et l'esplanade semblable aux quais ou aux rues napolitaines. Le peuple des matelots y travaillait assis, accroupi, vautré : non dallée, cette terre meuble fût bientôt devenue de la boue sous les pieds et sous les cordages sortant de la mer et chargés d'eau.... Le beau Poseidion n'existe plus. Il en reste pourtant un souvenir. Comme tant d'autres Poseidia antiques, il fut remplacé sans doute par une chapelle de Saint-Nicolas. Mais le grand saint, malgré sa puissance, ne put tenir longtemps sur celle plage infestée de