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La grolte du Chien, près de Pouzzoles.
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carbone, l'acide azotique, l'ammoniaque, l'hydrogène carboné, l'hydrogène phosphore, et l'hydrogène sulfuré ou acide sulfhydrique.
L'ammoniaque est un des corps dont la présence dans l'atmosphère est le plus fréquente, surtout au-dessus des lieux habités; et cela s'explique aisément, puisque ce gaz est un produit constant de la décomposition des matières animales. On a évalué à milligr. 42 la quantité d'ammoniaque contenu dans un litre d'eau de pluie à la campagne. Pour les villes, la proportion serait bien plus forte. A Paris, par.cxcmple, d'après M. Barrai, l'eau tombée pendant l'année 1851 renfermait 3 milligr. 06 d'ammoniaque. M. Boussingault a trouvé pour moyenne générale 3 milligr. 08. « Il n'y aurait, au reste, rien de surprenant, dit cet éminent chimiste , à ce que la pluie, après avoir lavé l'atmosphère d'une grande cité, contînt plus d'ammoniaque. Paris , sous le rapport des émanations , peut être comparé à un tas de fumier d'une étendue considérable. »
« Ceci , remarque M. Dehérain , n'est pas flatteur pour la capitale du monde civilisé ; mais il n'en est pas moins vrai qu'à de certains jours d'été , quand la population se porte en foule sur les grandes voies de communication , on y sent très nettement l'odeur d'ammoniaque. »
Les brouillards et la neige absorbent encore plus d'ammoniaque que l'eau de pluie; ce qui explique et l'odeur désagréable des premiers, et l'heureux effet que produit sur les champs le séjour de la seconde.
La présence de l'hydrogène sulfuré dans l'air est, comme celle de l'ammoniaque, un résultat delà décomposition, disons mieux, de la putréfaction des substances animales ; mais elle n'est heureusement que locale et accidentelle. L'hydrogène sulfuré se reconnaît aisément à son odeur d'oeufs pourris. Il s'exhale abondamment des fosses d'aisance , des sentines où sont accumulées les immondices des grandes villes, de certains marécages tourbeux où des cadavres d'animaux sont mêlés à des détritus végétaux; enfin de plusieurs sources d'eaux minérales. C'est un gaz extrêmement délétère : Visoo suffit pour tuer un oiseau. L'hydrogène protocarhoné se forme en grande partie dans la vase des marécages; aussi lui a-t-on donné le nom de gai des marais. On peut le recueillir en agitant cette vase avec un bâton au-dessous d'un entonnoir plongé dans l'eau et surmonté d'un flacon renversé. En outre il se dégage du sol dans certaines localités, où l'on peut l'enflammer, et comme il brûle parfois d'une manière continue , les habitants du pays l'utilisent pour faire cuire leurs aliments. « Il existe en Italie , sur la pente septentrionale des Apennins, des dégagements de gaz qui soulèvent une boue imprégnée de sel marin , et forment ces volcans de boue appelés salie. 11 existe de semblables sources de ce gaz dans le département de l'Isère, en Angleterre, en Crimée, sur les bords de la
mer Caspienne, en Perse, à Java, au Mexique '. » C'est le même gaz qui, dans les mines de houille, constitue avec l'air ce mélange détonant dont les formidables explosions sont justement redoutées des mineurs. Ceux-ci le désignent sous le nom de feu grisou.
Enfin l'hydrogène phosphore se dégage, dit-on, surtout pendant les
Gaz des marais (hydrogène protocarboné ) recueilli dans un flacon.
nuits d'été qui succèdent à de chaudes journées, des tourbières et plus encore des cimetières; et comme il s'enflamme spontanément au contact de l'air, on l'a considéré longtemps comme donnant naissance à ces flammes bleuâtres qui voltigent dans l'air au gré du vent. On sait que , suivant une croyance superstitieuse encore très répandue dans les campagnes, ces feux follets attirent à leur suite les gens égarés ou attardés, et les conduisent à quelque rivière où ils se noiant, à quelque fondrière où ils se brisent les os. L'hydrogène phosphore résulte de la décomposition de la matière cérébrale et nerveuse des animaux , et
1 H. Debray, Cours élémentaire de chimie, \ vol. in-8°. Paris, 1863.
principalement de l'homme : matière dont le phosphore est un des
éléments. . .;..«■
M. Jules Lefort, membre de l'Académie de médecine, quia lait d intéressantes expériences sur la destruction des gaz passant à travers une couche de terre, ne croit pas aux feux follets que la légende populaire place dans les cimetières ; il ne croit pas non plus, par suite, aux prétendues exhalaisons fournies par la putréfaction des corps inhumés.
« Dans les cimetières, dit-il 1 , le dégagement de vapeurs lumineuses mobiles sous l'influence de la putréfaction, n'est pas possible, ainsi qu'on l'écrit encore chaque jour, parce que la profondeur à laquelle se produit la décomposition cadavérique ne permettrait pas, soit à du phosphure de soufre, soit à de l'hydrogène phosphore (s'il était capable de prendre naissance) , de traverser une épaisseur aussi cons.derable du sol sans se détruire complètement.
« Tous les chimistes savent aujourd'hui que ces dérivés du phosphore ne sont pas gazeux, et qu'ils se décomposent avec accompagnement de lumière pour peu qu'ils reçoivent le contact de l'air. Or le sol, même dans ses parties les plus profondes, contient toujours de 1 air atmosphérique plus ou moins normal, qui réagirait sur ces substances inflammables à masure de leur entraînement par l'acide carbonique ou tout autre gaz inerte, tel que l'hydrogène.
« S'il n'en était pas ainsi, le voisinage des nécropoles comme celles des grandes villes serait inhabitable, attendu que les autres gaz infects qui se forment en même temps dans la putréfraction cadavérique suivraient le même chemin que ces matières phosphorées. »
j'ai tenu à citer ces quelqi.es lignes du savant chimiste, d abord parce qu'elles protestent, comme on le voit, contre un vieux préjuge populaire, et ensuite à cause de l'intérêt qui s'attache, en ce moment surtout à tout ce qui touche les cimetières, leurs émanations et les dangers qu'ils peuvent présenterpour les grandes agglomérationsu.bames. Les liquides qui peuvent se trouver en suspension dans 1 atmosphère sont très peu nombreux, ou plutôt où ils se réduisent à un seul , 1 eau. Les nuages et les brouillards ne sont autre chose que des masses d eau extrêmement divisée, à l'état de vésicules , ou de goutte ettes , ou même de petites aiguilles de glace. Il arrive que, par suite de circonstances particulières, les gouttelettes en suspension dans la.r contiennent des substances acides, alcalines, salines, etc. Au bord de la mer, par exemple, l'air recèle des gouttelettes imperceptibles d eau salée provenant de l'écume des vagues , et qui lui donnent une saveur salée quelquefois très sensible.
. Mémoire sur le rôle du phosphore et des phosphates dans la pulréfaetion.
Quant aux corps solides qui perpétuellement nagent dans l'atmosphère, ils sont de plusieurs sortes.
Peu de recherches directes avaient été entreprises jusqu'ici pour l'étude de ces corpuscules aériens, sur lesquels on disserte tant, surtout depuis les discussions soulevées à propos de la génération spontanée. Si j'excepte une étude de M. Pouchet sur l'examen microscopique des poussières atmosphériques, on ne peut citer, jusqu'à ces derniers temps, presque aucun travail ayant cette étude pour objet. M. Gaston Tissandier s'occupe pourtant depuis plusieurs années de cette question, et il a présenté à l'Académie des sciences un certain nombre de mémoires remplis d'observations curieuses.
Il résulte de ses recherches que la quantité de matières solides contenues dans un mètre cube d'air, à Paris, peut varier de 6 à 23 milligrammes; ces poussières varient, en volume, de un sixième à un millième de millimètre, et il en tomberait, en vingt-quatre heures, environ 2 kilogrammes sur une surface équivalente à celle du Champde-Mars.
Analysées , ces poussières ont donné de 25 à 30 »/„ de malières organiques, et 66 à 75 °/o de matières minérales (cendres); dans ces dernières le fer se trouve en proportions notables, sous forme de petites granulations, comme des gouttelettes, de petits grains d'oxyde de fer magnétiques, et M. Tissandier affirme qu'une partie des corpuscules aériens flottant dans notre atmosphère provient des espaces planétaires; la chose n'est pas impossible, mais est-elle suffisamment prouvée à l'heure qu'il est? je n'en suis pas sûr.
On a constaté encore au sein de l'air la présence de l'iode, du phosphore, de l'amidon; de germes d'êtres microscopiques, d'infusoires et de cryptogames ; de débris de matières végétales. On peut se faire une idée de l'incalculable multitude de ces corpuscules, en considérant-Fair éclairé par un faisceau de rayons solaires pénétrant dans un endroit relativement obscur. Il y a là tout un monde d'infiniment petits; et ces infiniment petits, êtres organisés ou poussières, exercent peut-être, en maintes circonstances, sur la santé et sur la vie une influence non moins puissante et non moins funeste que celle des émanations gazeuses susceptibles de se dissoudre dans la vapeur d'eau ou dans l'air lui-même.