CLASSIFICATION DES COULEURS
explujue pourquoi, tlaos ces derniers, la cmileur de la lumière
transmise est en géuéral ditréreule de celle de la lumière ré-
fl<^'cJiie, Nous avoDS vu, par exemple, que For réduit eu feuilles
extrêmement minces laisse passer une lumière d'un bleu vei^
dAire ; sa couleur réfléchie est jaune ou jaune rougeâtre. <t Hal-
lejrélant descendu sous Teau à une profondeur de plusieui'S
brasses dans une cloche à plongeur, vit de couleur cramoisie le
*l<»Sîîus de sa main, sur laquelle tombaient les rayons solaires,
passant [lar une ouverture vitrée, tandis que le dessous illu-
minv par la lumière que réfléchissaient les parties profondes
de I eau paraissait vert; d où Newton conilut que Teau laisse
passer les rayons rouges et réfléchit les rayons violets etbleus, »
(Daguiii.)
U faut distinguer, du reste, entre la lumière réfléchie régulièrement ou spéculairement, et celle dont la réflexion à la surface des corps est difluse. La première n'est pour rien dans la couleur du corps, et nous savons en effet que les corps parrai(f*nient [ndis donnent les images des corps qulls réfléchissent, colorées comme ces corps eux-mêmes; et leur propre couleur reste insensible ou iuaper\;ue.
Quelle est la modilication subie par la lumière réfléchie «Hffus4^ment? Comment la structure des corps agit-elle sur les différents rayons colorés, pour renvoyer les uns et éteindre les autres? Est-ce la forme, la densité, le pouvoir réfringent des molécules, ou bien sont-ce ces éléments réunis «[ui donueol Heu au phénomène des colorations diverses? Ce sont lit L des questions excessivement délicates, auxquelles on ne peut I encore i-épondre avec certitude dans Pétat actuel île la sciem e,
^Lal
5 III. CLASSIPiC^TIOM DES COULEUBS.
La lumière blanche du Soleil, décomposée par le prisme, doDUe lieu à une série de couleurs qui correspondent» oous TiVons nu à des degrés difiérents de refrungiliihté. Ces cou*
leurs sont, pour ainsi dire, en nombre infini, puisqu'on d'une extrémité à Tautre du spectre par des nuances ir blés; mais il est d'usage de distinguer sept couleurs ] pales dont les noms, pris dans leur ordre naturel, form mauvais vers alexandrin que voici :
violet, indigo, bleu y vert, jaune y orangé, rouge.
Quelques physiciens, se fondant sur la possibilité de duire certaines d'entre elles par le mélange des autres, < nir, par exemple, du vert par la juxtaposition du jaune bleu, du violet par celle du bleu et du rouge, etc. ont c à démontrer que le spectre n'est formé que de trois ce élémentaires. D'après Brewster, ces couleurs seraient le le jaune et le bleu; d'après Young, le rouge, le vert et let. Les proportions dans lesquelles ces couleurs se me raient dans les diverses parties du spectre, rendraient de la variété des nuances dont il est composé.
Aujourd'hui, on rejette ces dernières théories, les ex ces sur lesquelles leurs auteurs les appuyaient, ayant montrées inexactes. Toutes les couleurs du spectre soi des couleurs simples dont le nombre, je le répète, pe considéré comme illimité, bien que dans la pratique oi duise à sept couleurs principales.
Le blanc n'est pas une couleur simple ; c'est, au coi la plus complexe de toutes les couleurs composées. I n'est pas une couleur; c'est l'absence complète de to mière. Quant aux couleurs composées, telles que nous sentent les corps naturels, elles sont dues à des mélau; proportions variées, de toutes les couleurs élémentain
Une expérience bien simple démontre que le conc( tous les rayons du spectre est nécessaire pour prod blanc parfait. Elle consiste à intercepter une partie q que du spectre, avant qu'il ne tombe sur la lentille qu la recomposition de la lumière. « Ainsi, quand on int le violet, le blanc prend une teinte jaune; si l'on si
CLAfSXrZCATlOn SSI COULCURS
d apr^ le Système de M Chcwîol
COULEURS COMPLEMENTAIRES.
ensuite successivement le bleu, le vert, eo jaune tlevieut de plus en plus rouge, et passe par roraii^é au rouge ecarlate et au rouge poucenu.Si Ton comnienci^ par supprimer Texlréaiilé rouge du spectre, on fera pa?^ser le blauc au vert paie, puis au vert éclatant, au bleu verdatre, au bleu et enliu au violet, en intercepluut sueçessivemeiit les rayons les moins réfraogibles. Si cVst le milieu du spectre qui est intercepté, la coucentratîon du reste des rayons produira diverses nuances (Ir ponri>re, de cramoisi, etc., suivant la partie quou aura supprimée. On peut, eu interceptant certains rayons, obtenir telle couleur que Ton voudra, et il n'y a point de nuances dans la nature que Ton ne puisse imiter ainsi parfaitement, avec un éclat et une richesse que les couleurs artiticielles ne peurenl jamais atteindre. » (J, Herschel, Traité de la lu^ I miere,)
Le nombre des couleui's composées, obtenues par le mélangée des couleurs simples ou des divers rayons colorés du fc spectre, s'accroît ainsi d'une façon pour ainsi dire indéfinie* Kibis nous allons voir bientôt qu'il est possiole de ran^menter ^encore, soit par Taddition d'une certaine quantité de lumière blanche, soit |>ar le mélange du noir en proportion variable, Ikmx couleurs qui, par leur mélange, produisent du blanc sont ce qu'on nomme des couleurs complémentaires. I II y a un moyen assez simple de déterminer les groupes de couleurs qui jouissent de cette pro[iriété : c'est dlntercepter
Iao sortir de la lentille une partie du faisceau convergent qui allait former au foyer de la lumière blanche. Cette portion reçue par un second prisme sera déviée, et donnera une couleur qui sera évidemment complémentaire de bi couleur |»roduite au foyer de la lentille, puisque, avant leur séparation, elles formaient du blanc, I tlelmboltz a reconnu, par un procédé ditrérent qui consiste ■à recevoir deux couleurs du spectre à travers les fentes d'un Héeran et à les concentrer à Taide d*uue lentille, qu'il y a un nombre lodéRui de groupes de deux couleni^ susceptibles de
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former, par leur mélange, do blanc parfait. Voici quelquesuns des résultats obtenus par ce physicien :
C'iuleurs complémentaires. Intensités des deux couleurs.
Violpi — jîiuiie verdàtfo i — 10
Indigo — jftUTiP i — 4
Bleu — orangé 1 — i
BIpu verdàhc — rouge ...... l — 0. 44
Les nombres qui suivent les groupes mesurent les in te lés relatives de chacune des couleurs et correspondent à lumière vive : ils varient quand la lumière incidente varie elle-mêiue d'intensité.
Helmholtz donne un rnoj en extrêmemeut simple pour étudier le résultat du mélange de deux couleurs. Sur une table noire, on pose deux disques colorés. Ton de la première, Vautre de la seconde couleur. Puis ou place verticalement entre les deux une glace sans tain. L'un des disques est vu directement; l'autre s'aperçoit au travers de la lame transparente. En outre, le premier est vu une seconde fois par ré- Jlexion. Si ou le place alors de telle façon que son image semble superposée au disque vu à travers la glace, les deux couleurs se trouveront naturellement mélangées, et Ton jugera aisément de la nuance produite par leur composition. C'est ainsi que deux disques colorés, Tun par le jaune de chrome, l'autre par le bleu d'azur de cobalt, donnent du blanc pur, ce qui prouve que ces couleurs sont complémentaires.
En résumé, une couleur simple ou composée a toujours sa couleur complémentaire : de plus, elle en a une infinité, car si, à la couleur complémentaire, on ajoute des proportions variables de lumière blanche^ le résultat ne peut èti'e que du blanc. Mais il ne faut appliquer cette règle qu'aux couleurs franches, c'est-à-dire à celles qui ne sont pas altérées par une proportion quelconque de noir : en ce cas, au lieu d'un blanc parfait, on n'obtiendrait qu'un gris plus ou moins foncé.
Enfin, le mélange des coideurs complémentaires ne produit
CLASSir iCATieil DES COOLCOKI
d après U Systônc iê 11 rbevreul
CLASSIFICATION DES COULEUBS,
du blanc que s'il n'est pas oiatériel ; si Ton se sert de couleurs itérielles délayées d'une fa^^ou quelconque, ou même a rétal pulvérulent, le mélange ne donnera qu'un gris plus ou moins foncé.
Si les couleurs, tant simples que composées, sont en nombre iDdéfini, si le mélange en proportions diverses de blanc ou de noir en multiplie encore le nombre, il n'en est pas moins vrai que l'œil n'^vn peut apprécier distinctement qu'une quantité limitée. Toutefois, s'il était possible de réunir dans une même échelle toutes les nuances de couleurs que nous oUVe la naturc et que nous pouvons distinguer les unes des autres, nous serions étonnés de la richesse et de la magnificence de cette palette : les feuilles et les fleurs dans les plantes, les ptdages des animaux, les brillantes couleui*s dont sont peintes les plumes des oiseaux, les ailes des papillons et des autres insectes, les nuances des divers minéraux, des coquillages four- Diraient les éléments de la série innombrable des couleurs Daturelles, et permettraient de passer d'une nuance à la suivante par gradations insensibles* Ou aurait ainsi une classilication des couleurs tirée des objets naturels.
Les couleurs employées dans les arts sont probablement ["ducoup plus restreintes ; on peut se faire néanmoins une idée de leur nombre par ce fait que les Romains se servaient, dit-on, dans leurs mosaïques de plus de 30000 teintes. Mais ce nombre même, précisément parce qu'il est considérable, a fait sentir le besoin d'une classification raisonuée des couleurs i^l de leurs nuances, qui permette de les définir, en rapportant Tune quelconque d'entre elles a un type fixe déterminé une fois pour toutes. Tout le monde sait que, dans Tinduslrie et dans Ic«! arts, la nomenclature des couleurs est fort arbitraire eu, du moins, vai'ie d'im art ou d*iine industrie à Fautre : les nnins sont empruntés à des objets naturels, minéraux, fleui*s, fruits, animaux, mais il n*y a entre eux aucun lien de gradafa^OQ. C'est pour obvier aux inconvénients qui résultent de peette confusion qu*uu savant, célèl)re par ses travaux chimr-*
3(i6 LIVRE III. — LA LUMIÈRE.
la plupart des applications scientifiques et industrielles, et la plupart du temps, elle dépassera les besoins des art Malheureusement, la reproduction matérielle rigoureuse exacte de toutes ces couleurs est d'une grande difficulté, n'est pas moins difficile de conserver les types une fois < sont obtenus. Il faudrait reproduire la construction chrc tique de M. Chevreul en couleurs inaltérables, par exemp tableaux émaillés sur porcelaine : les recherches scientifi ne seraient pas moins intéressées que les arts à possède] types fixes, auxquels les couleurs des objets naturels, si vent altérées par le temps, seraient rapportées à l'aide de méros d'ordre, et de la sorte faciles à reproduire.