COULEURS DE LA LUMIÈRE POLARISÉE
reil ainsi disposé se nomme pile de ç^laces; on s'en sert comme polariscope en le mettant, dans l'appareil de Biot, à la place de la glace T.
Nous ne nous étendrons pas davantage sur cette classe si curieuse de phénomènes, dont la description détaillée nous entraînerait trop loin, et qui d'ailleurs, pour être bien compris, exigeraient des développements théoriques difficiles, Nousavons voulu seulement initier le lecteur aux faits fondamentaux, à ceux dont la découverte a été le point de départ de cette branche si importante de l'optique moderne.
S V. COrLF.URS r>E L\ Ll'MIKHi: POLARI^KF.
c En examinant; par un temps serein, une lame assez mince de mica, à l'aide d'un prisme de spath dislande, je vis que les deux images qui se projetaient sur l'atmosphère n'étaient pas teintes des mêmes couleurs : Tune d'elles était jaune verdAtre, la seconde rouge pourpre, tandis que la partie où les deux images se confondaient était de la couleur du mica vu à rœil nu. Je reconnus en même temps qu'un léger changement dans Finclinaison de la lame par rapport aux rayons ({ui la traversent, fait varier la couleur des deux images, et cjue si, en laissant cette inclinaison constante et le prisme dans la même position^ on se contente de faire tourner la lame de mica dans son propre plan, on trouve quatre positions à angle droit où les deux images prismatiques sont du même éclat et parfaitement blanches. Fin laissant la lame immobile, et faisant tourner le prisme, on voyait de même chaque image acquérir successivement diverses couleurs, et passer par le blanc après chaque quart de révolution. Au rest<», pour toutes ces positions du prisme et de la lame, quelle i|ue fût la couleur d'un des faisceaux, le second présentait toujours la teinte complémentaire, en sorte que, dans les points oA les deux im?iges frétaient point séparées par la «lonblr
réfraction du cristal, le mélange de ces deux couleurs forma du blanc. »
C'est en ces termes qu'Arago décrit, dans un Mémoire lu l'Académie des sciences le H août 1811, l'expérience qui fî pour lui le point de départ d'une série de découvertes, sur l phénomènes de coloration de la.lumière polarisée. Ilreconni immédiatement que la lumière transmise par la lame de mh était de la lumière polarisée par réflexion sur les couch( atmosphériques ; par un temps couvert, quand la lumière q vient des nuées a les caractères de la lumière naturelle, 1 deux images vues à travers la lame de mica n'offrent aucui trace de coloration. Ainsi, pour que le phénomène se produis il faut que la lumière qui traverse la lame cristallisée ait é préalablement polarisée. Cette condition fut mise hors de dou par Arago au moyen de plusieurs expériences dans lesquell il recevait sur la lame de mica des rayons réfléchis par i miroir de verre noir : il remarqua, alors, que les couleurs d deux images observées avec le spath d'Islande étaient d'auta plus vives que la lumière avait été réfléchie sous un ang plus voisin de l'angle de polarisation du verre.
Toutes les substances biréfringentes, taillées en lam minces parallèlement à l'axe, jouissent de la même proprii décolorer la lumière polarisée qui les traverse ; ainsi, on p( employer des lames de gypse (sulfate de chaux), de cris de roche, de spath d'Islande. Mais les épaisseurs de ces lau qui donnent les couleurs varient d'une substance à l'autre, pour chacune d'elles, on n'obtient d'images colorées que cette épaisseur est comprise entre certaines limites. Ainsi i lame de sulfate de chaux doit avoir plus de 0™" 425 et mo de 1 "'"27 d'épaisseur ; une lame de mica, moins de ^""Of une lame de cristal de roche, moins de 0™"45. Il est diffic d'obtenir des couleurs avec le spath d'Islande, parce < l'épaisseur de la lame ne doit pas dépasser la quarantiè pallie d'un millimètre.
L'inclinaison de la lame sur la direction des rayons polari