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S V. MESURE DU POUVOIR DIATHERMANE

Cette dernière propriété, que possèdent certaines substances, d'être traversées par les rayons de chaleur sans les absorber, ou, ce qui revient au même, sans que leur température en soit élevée, est la plus prononcée possible dans le sel gemme. Sur 1000 rayons qui arrivent à la surface d'une lame de cette substance, 923 sont transmis ; les 77 rayons qui ne passent point sont réfléchis sur les deux faces de la lame ; pat conséquent, aucun d'eux n'est absorbé. Ce résultat remarquable, découvert par Melloni, reste le même, quelle que soil la nature des rayons de chaleur, qu'il s'agisse de chaleur lumineuse ou de chaleur obscure.

RAYONNEMENT DE LA CHALEUR

^ L*alun, le verre ne sont diathermanes que pour les radiations de chaleur lumineuse ; ils arrêtent les rayons de chaleur obscrure : il en est de niènie du spath d'Irlande, du cristal de xoche, de la glace. L'épaisseur des lames a une influeuce sur TabsorptioUj comme sur la transmission des rayons de chaleur; mais cette influence ne croît pas proportîonnelleraent avec Tépaisseur. Ainsi sur 100 rayons qui aiTivent sur deux lames <iîathermanes, dont l'une a une épaisseur double de Tautre, €2 rayons passent dans la plus mince, 58 dans l'autre : une

fig. 314. — Appareil de Metloni pour la meiurc du pouvoir diatbermâDQ des corpi.

hme^ dont Tépaisseur est quadruple de la première, laisse JÊÊÊet 35 rayons.

La comparaison des pouvoii^ diathermanes des corps se fait h Taide de l'appareil de Melloni, disposé comme le montre lu fignre 311. On voit en D, sur un support^ la plaque de la :?ub- 5tance dont il s*agitde mesurer le pouvoir diathermane. La pile Ihenuo-électriqne est disposée en E dans la direction du faisceau de chaleur qui traverse rouverture pratiquée dans l'écran C. Ou commence par mesurer la déviation de raiguîUe du galvanomètre, produite par le laisceau direct, sans interposition de la platjue. Puis, cette dernière étant placée sur son support, on note la déviation produite par le même faisceau traversant la plaque. Le rapport de ces deux déviations donne le pouvoir diathermane de la substance. Pour étudier l'influence de la

nature de la source^ il suffît de substituer à la lampe de Locatelli d'autres sources de chaleur, par exemple, un cube d*eau bouillante, une plaque de cuivre noircie, une hélice de platine

Fig. 315. — Cube d'eau bouillante.

Fig. 316; — Plaque de cuivre noircie chauffée à 400".

Fig. 317.— Hélice de platine incandesoente.

incandescente : ces diverses sources calorifiques sont représentées dans les figures 315, 316 et 317. Dans les expériences qu'il fit à ce sujet, Melloni avait soin, pour rendre les résultats comparables, de placer ces diverses sources à des distances de la pile telles que le faisceau direct produisît sur Taiguille du galvanomètre les mêmes déviations.

Voici quelques nombres, qui prouvent l'influence de la nature de la source de chaleur sur la transmission ou sur le pouvoir diathermane de diverses substances :

Lampe de Locateili

Rayonnement direct. . 100

Sel gemme 92

Spath d'Islande 39

Verre 39

Cristal de roche 37

Alun 9

Glace 6

Cube (Peau

Cuivre

Platine

incandescent

On a conclu de ces expériences que, comme il y a divers rayons de lumière, il y a divers rayons de chaleur, que les corps

HAYONNEMENÏ DE LA CHALEUR

absorbent et transmettent en diverses proportions, à peu près de la même façon que les corps transparents absorbent Je préférence, ou laissent passer, telles ou telles couleurs. C'est pour exprimer cette propriété, que Melloni a employé le mot de ihermochroism€y formé de deux mots dont le premier signifie chaleur cl le second coloration.

Pour terminer ce que nous avons à dire de la chaleur rayonnante, énonçons la loi suivant laquelle décroît son intensité avec l'augmentation de la distance. Comme Fintensité de la lumière, fintensité de la chaleur rayonnante varie en raison inverse fia carré de la disianve. Une expérience très-

Fïg. 31 H

Lui MU iti I I <- ij'.

distances.

simple que nous empruntons à la Chaleur^ deTyndall, va nous démontrer Texaclitude de cette loi, qu'on pourrait déduire, paj* le raisonnement, de lliypothèse des radiations caloritiques.

On munit une face de la pile thermo-électrique, d'un cône i[ul limite les dimensions du faisceau de chaleur, et qui, recouvert intérieurement de papier noir, ne peut réfléchir la chaleur susceptible de tomber obliquement sur sa surface iaterne, Poiu* source de chaleur rayonnante, on emploie un vase de fer-blanc, dont Tune des faces est recouverte de noir de fumée et qu on remplit d'eau bouilloute : c'est cette face dont le rayonnement vers la pile va nous servir à vérifier fe loi. On place la pile munie de son cône en face du vase, ù une distance donnée SO (fig. 318); Faiginlle du galvanomètre est tléviée d'une certaine quantité. On recule la pile a une dis-

tance double S'O; la position de Taiguille du galvanomètre reste constante. Il en est de môme enfin pour toute autre distance. Dans chacune de ces positions, l'effet total du rayonnement est donc le même; mais les parties de la surface du vase qui envoient des rayons de chaleur dans le cône sont de plus en plus grandes; ce sont des cercles dont les diamètres AB, A'B' croissent proportionnellement à la distance de la pile au vase, et dont les surfaces vont dès lors en croissant comme les carrés de ces distances mêmes. Il faut donc que l'intensité du rayonnement diminue en raison de ces mêmes carrés, pour que l'effet produit sur la pile reste constant! En un mot, l'augmentation de la surface rayonnante efficace est exactement compensée par la diminution de l'intensité avec la distance. La loi se trouve ainsi démontrée.

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