S IV. EXPÉRIENCES ÉLECTRIQUES DIVERSES
On fait dans les cours, à l'aide des machines que nous venons de décrire, des expériences fort éurieuses, qu'on a multipliées sous les formes les plus diverses. Nous allons reproduire quelques-unes des plus intéressantes.
Une règle métallique est suspendue par une tringle de même nature, à l'un des conducteurs d'une machine électrique. Trois timbres sont suspendus à la règle, 4es deux extrêmes par deux chaînes de laiton, celui du milieu par un cordon de soie ; le dernier communique , en outre , avec le sol, par une chaîne de métal. Enfin, entre les timbres, des fils de soie soutiennent deux petites balles métalliques (fig. 372). Aussitôt que la ma- ^.^ 3^^ ^ ^^„^^ ,,^^^^^^^ chine fonctionne , l'électricité du conducteur se répand sur les timbres extrêmes, et les balles isolées sont attirées, puis repoussées dès qu'il y a eu contact. Le timbre du milieu, qui est à l'état naturel ou neutre, étant soumis à l'influence des deux balles électrisées, se charge d'électricité de nature contraire à celle des balles, les attire jusqu'au contact, et les repousse à son tour. 11 résulte de là une série de chocs successifs et dès lors de sons, qui se répètent tant que le conducteur de la machine est chargé. De là, le nom de carillon électrique j donné à l'appareil,
La figure 373 représente un appareil imaginé par Vplta,
EXPÉBIENGES ÉLECTRIQUES CURIEUSES. ftlT
dons le but d expliquer le mouveDieiit des grêlons peudaut les orages. C'est une cloche en verre, commuDi(|iiaût avec le sol, par le plateau sur lequel elle repose. Une tringle métallique est en contact, par son extrémité extérieure, avec le conducteur d'une machioe électrique, et soutient par Tautre extrémité, à rintéricur de la cloche, un plateau de métal.
Sur le fond delà cloche se trouvent un certain nombre de halles de sureau. Aussitôt que la machine est chargée, rélectricité se répand sur le plateau, attire les halles, qui s'électrisent par influence et viennent au contact; alors elles sont repoussées et tombent sur le fond de la cloche, où elles se déchargent de leur électricité et reviennent à Fétat neutre. Ces mouvements de va-et-vient continuent, tant que le conducteur est chargé d'électricité. Le phénomène est connu sous le nom de grele étectrîque. On remplace quelquefois les halles de sureau par de petits bonshommes construits avec la même matière, et Ton a alors ce qu'on nomme la dame des pantins.
Ces trois expériences ne font, comme on voit, que mettre en jeu, sous une forme amusante, les phénomènes d'attraction et de répulsion électriques. Étudions maintenant les effets de la décharge électrique entre les corps conducteurs*
Fig, 373. Grêle éleciriiiue.
Nous avons vu que si un corps isolant, un bâton de verre par exemple, est électrisé, en approchant le doigt d'un de ses points, il y a production d'une étincelle, accompagnée d*un petit bruit sec; mais le verre reste électrisé dans les points qui n'ont pas été touchés, ce qui s'explique par la uon-conduc-
tibilité du corps employé. Si Ton substitue au corps isolant un conducteur, par exemple celui d'une machine électrique chargée, Teffet produit est beaucoup plus énergique et la décharge plus complète. D'ailleurs, les phénomènes qu'on observe alors dépendent de la façon dont s'opère la décharge, c'est-à-dire de la nature du milieu interposé entre le conduc«- ' teur électrîsé et le corps soumis à l'influence.
Si l'on approche le doigt ou toute autre partie du corps, du conducteur de la machine, une étincelle jaillit, et l'on éprouve une commotion d'autant plus forte que la charge est plus considérable, L'électroscope à cadran, placé sur le conducteur, retombe alors à zéro, indiquant par là que la machine est déchargée. Mais quand on tourne le plateau d'une façon continue, les étincelles se succèdent très-rapprochées, le bruit forme une sorte de pétillement et on ressent un picotement sans secousse brusque. Si la main n'est pas très-rapprochée du conducteur, la tension des deux électricités, tant celle de la machine que celle développée dans le corps par influence, devient plus forte ; et quand elle est suffisante pour vaincre la résistance que la plus grande distance oppose à leur recomposition, on voit jaillir une plus longue étincelle, et la secousse ébranle tout le bras. Si, avant de tourner le plateau de la machine, on fait monter une personne sur un tabouret isolant ou à pieds de verre, et que cette personne pose la main sur le conducteur, elle se trouvera électrisée en même temps que ce dernier; son corps fait pour ainsi dire alors partie du conducteur. Une autre personne non isolée pourra donc en tirer des étincelles, et toutes les deux recevront ainsi à la fois la secousse que provoque la décharge.
Les effets lumineux que produit le dégagement de l'électricité méritent une étude spéciale et détaillée. Nous y reviendrons plus tard, quand nous aurons passé en revue les divers modes de production de réleclricité. Mais nous pouvons dès maintenant décrire quelques expériences où la production de l'étincelle donne lieu à des jeux de lumière singuliers.
EXPÉRIENCES ÉLECTRIQOES CDRIBOSBS. 619
On colle à la surface d'uu tube de verre de petits losanges 4e feuilles d'étain, qui se succèdent de maaière à former une eourbe en forme d'hélice, tout en laissant entre eux un petit îolervalle. Les deux extrémités de Fliçlice et du ttibe sont deux anneaux métalliques, dont Fun s'accroehc au conducteur de la machine électrique, tandis que Vautre communiciuc avec le sol par une chaîne (celle-ci est oubliée sur la figure). Aussitôt qu on charge la machine, il y a décomposition par iniluence de rélectricité neutre du premier losange d*étain , puis du second par le premier, et ainsi de suite de toute la série. La faible distance donne lieu à des décharges simultanées; des étincelles jaillissent à la fois 5ur tout le pourtour du tube, et le phénomène dure tant qu'on tourne le plateau (fig. 374). C'est Texpérience du tube et incelant.
On obtient des effets de lumière semblables avec un globe de verre, à la surface duquel les petits losanges d'étaiu sont collés de îne/ùn à reproduire des dessins variés. C'est alors legloùe èîirwelant (Rg. 375).
Si, sur une bande rectangulMire de verre, on coUe des bandes d'étaiu formant une série in* interrompue de lignes parallèles, comme le montre la figure 376, on pourra sur ce fond découper un dessin de forme quelconque à Taide d'une pointe* Une étincelle jailUin à chaque solution de continuité, aussitM qu'on mettra en communication les deux extrémités de la série, Tune avec le conducteur de la machine, Tautre avec le m1^ et Ton rerra^ sous forme de lignes lumineuses, la figure dissinée sur le verre. Cesl le carreau étinrelant. Ij^ carreau magîifueuù diffère du précédent que par la disposition irré^lière des paroeil» de métal entre lesquelles jaillit k lumière électrique : on a jeié au hasard de la limaiUe métallique sur la iitr&ce du
rig. TA. ^ Tuta
LIVHE T, ^ L'ELECTRICITE.
verre endnîte d'une couche de gomme. Dès que le carreau est ruia en communication d*un côté avec la machine, de l'autre avec le sol, on voit les étincelles jaillir et dessiner des lignes irrégulières et serpentantes, dont la position et la figure changent à tout moment
Dans les expériences que nous venons de décrire, la décharge a lieu entre deux corps chargés d'électricités opposées,
Fig, 3T3. — Globe étÎDcebtit.
Fig,.376, — Carreau éliiicelAnt.
séparés Tun de Fautre par un milieu isolant, tels que Tair, le verre. On nomme décharge disrupîive cette recomposition des deux électricités, parce qu'elle est accompagnée d'un mouvement violent des molécules du corps isolant, ainsi que le prouve l'expérience suivante.
Deux tuhes communiquanls, d'inégal diamètre, le plus gros complètement fermé, le plus petit ouvert par en haut, contiennent une certaine quantité d'eau (fig. 377). Dans le gros tube, deux liges métalliques, terminées par des boules, sont fixées Tune à la base inférieure, Tautre à la base supérieure, et com^