LIVRE I
celles du pendule d'une horloge placée contre la muraille, mais dont on avait eu grand soin de rendre le mode de suspension indépendant de celui du pendule de platine, et dont
le mouvement avait été réglé sur les étoiles. On observait à l'aide d'une lunette placée à 10 mètres de distance , les coïncidences successives des deux pendules, et c'estdu nombre des coïncidences et de celui des secondes écoulées qu'on déduisait le nombre des oscillations.
Enfin ce nombre connu, on mesurait la longueur du pendule, par des opérations d'une grande délicatesse, dont le détail ne peut trouver place ici. (V. le t. II de XAstronomie phy-sique de M. Biot.)
Nous venons de donner la longueur du pendule à secondes, pour la station de Paris. Voici celles que le calcul et les observations ont fait ti*ouver pour le même pendule, aux pôles, à l'équateur et à une latitude moyenne de 45 degrés. Nous y joignons les nombres qui mesurent l'intensité de la pesanteur en ces divers lieux, c'est-àdire le nombre de mètres indiquant la vitesse acquise, après une seconde, par les corps graves tombant dans le vide.
Longueur du Intensité
pendule à secondes de la pesanteur ncm. m.
A réquateur 991,03 9,78103
A la latitude de 45^ 993,52 9,80606
Aux pôles 996,19 9,83109
Fig. 16. — Pendule de Borda.
Il ne faut pas oublier que les variations de la pesanteur
Terre, et vérifier de la sorte les résultats des opérations géodésiques, en même temps que Thypothèse de Clairaut sur les densités croissantes des couches intérieures de la surface au centre.
En comparant les oscillations pendulaires exécutées dans les différentes régions du globe, on a remarqué qu'elles accusent parfois une intensité attractive plus forte que celle donnée par le calcul : dans d'autres points, cette intensité est au contraire plus faible que ne l'exigerait le niveau elliptique de la Terre. Comme l'excès de pesanteur dont il s'agit a été observé surtout dans des iles situées au large des mers, tandis que les dernières observations étaient faites sur la côte ou dans l'intérieur des continents, on en a conclu que « le niveau des eaux est surbaissé au milieu de l'Océan, en sorte qu'il se rapproche plus du centre du globe; et qu'au contraire , ce niveau est surélevé dans le voisinage des grandes terres, de manière à s'éloigner de ce centre. » (Saigey, Physique du globe.)
Voilà donc le pendule indiquant jusqu'aux inégalités de courbure du sphéroïde terrestre.
En observant les différences de lojigueur du pendule qui bat les secondes, au sommet d'une très-haute montagne et au niveau de la mer, sous la môme latitude, on peut arriver à trouver la densité du globe. Une autre méthode qui a été pareillement employée consiste à observer les oscillations du pendule à la surface du sol et à une certaine profondeur à l'intérieur de la Terre, ou bien encore au niveau de la mer et au sommet d'une haute montagne. Le directeur actuel de l'observatoire de Greenwich, M. Airy, a fait, dans les mines de Harton , des expériences sur les oscillations de deux pendules placés, l'un à la surface du sol, l'autre au fond de la mine, à une profondeur de 38 i mètres. Le dernier marchait plus vite que le pendule supérieur, et son avance, de 2 secondes 1/4 en 2î heures, montra que l'intensité de la pesanteur va en augmentant, de la surface de la Terre