S I LES PHENOMENES DU SON D.VNS LA NATURE
L'absence de tout son, de tout bruit, eu un mot le silence absolu, est pour nous synonyme d immobilité et de mort. Nous sommes tellement habitués à entendre, ne fût-ce que le bruit que nous faisons nous-mêmes, que nous avons peine à concevoir l'idée d'un monde complètement silencieux et muet; comme parait être la Lune, si Ton en croit les données de TAstronomie.
Sur la Terre, les phénomènes du son se manifestent à tous les instants de la durée. Certes, il y a sous ce rapport une grande différence entre nos grandes cités, les mille bruits dont les oreilles y sont perpétuellement assourdies, et le murmure doux et confus qu'on entend dans les solitudes des champs, sur les montagnes ou dans les plaines. Quel contraste aussi entre le calme des régions alpestres et des régions polaires où toute vie disparait, et les rives retentissantes de
chines à vapeur, ne s'interrompt souvent ni le jour ni la nuit. Mais qu'y faire ? Pour notre compte, c'est une musique qui nous semble de tout point préférable à celle de la mousqueterie et du canon sur les champs de bataille, de même que la lutte sur le terrain du travail et de la science nous paraît l'emporter sur les décisions brutales de la force.
Tous les phénomènes que nous venons de passer en revue, quelque variés qu'ils paraissent, se rapportent à un même mode de mouvement, dont il s'agit maintenant d'étudier la nature et de formuler les lois. Commençons par énumérer les diverses manières dont le son peut se produire et se propager dans les solides, dans les liquides et dans les gaz.