La Seine ou VÈbre La France et l'Espagne
avaient eu beaucoup à souffrir du Régent; l'auteur engage le Régent à exercer ses cruautés dans l'Empire des morts.
L'édition de 1795 ne contient que cinq odes; l'ode sixième, à la Princesse de Conti, suite naturelle des autres, conclusion de La Grange, ne s'y trouve pas^ Le mètre est le même ; le placement des vers et l'harmonie générale n'y laissent rien à désirer. L'édition de 1783, imprimée à Londres, non-seulement ne la donne pas, mais elle a interverti l'ordre établi par l'auteur : les odes ne sont pas à leur place ; le langage ne vaut rien, et beaucoup de vers sont matériellement faux. A tous égards, notre manuscrit prime ces éditions, — en y comprenant celle de 1795, — réputée la plus correcte et la plus belle. Elle fut imprimée chez Didot, c'est dire tout; elle est élégante de format, d'impression, pure do texte, — mais elle n'offre pas assez de renseignements à la critique moderne.
(L Annotateur de iSys»)
Voici la note qui termine l'édition de 1795, p. 132:
Celui qui s'acquit Tavantage
De mettre notre Roi hors de page.
« Louis XI. C'est lui qui porta le premier coup à Tautorité des grands vassaux, dont la puissance énorme ébranlait souvent celle du trône. Sa devise était : Divide et imper a. Il couvrit la France de bastilles et d'échafauds.
La sixième Ode ne peut être détachée des cinq autres; notre sentiment est celui de quelques lettrés éminents, qui ont bien voulu nous donner leur opinion sur ce point ; de cette façon, en effet, le lecteur, qui a lu avec horreur la première Ode, retrouve l'homme et ses remords à la fin de l'œuvre, et la morale y gagne, et le développement dramatique, le mouvement littéraire n'y perdent rien ; cette Ode à la Princesse de Conti est d'une bonne langue ; sans elle, les cinq autres n'ont pas de couronnement. Elle consacre également une personnalité remarquable, la fille de Louis XIV, la protectrice du poëte persécuté.
(L'Annotateur de i8yj.)
Fin des %marques sur la cinquième Ode,
A MADAME LA PRINCESSE DE COKTl
Profanes n}rmphes du Pennesse, Je ne veux plus suivre vos pas; Trop longtemps vos trompeurs appas Ont séduit ma folle jeunesse; Et plus j'approche du moment, Plus je vois sans déguisement Combien vos faveurs sont à craindre ; Et ma raison est un flambeau Dont l'éclat n'est jamais si beau Qpe lorsqu'il est près de s'éteindre.
4S8 LES PHILIPPIdUES.
Tantôt sur un ton langoureux, 2
Vous avez ajusté ma lyre,
Dont souvent mon tendre délire
A tiré des sons dangereux;
Tantôt plus charmé pour Athènes,
Des traits lancés par Démosthènes 3
Q.u'intimidé par ses malheurs,
Je n'ai pas craint, sous vos auspices.
De parcourir des précipices
Qpe vous m'aviez semés de fleurs.
Qpe de jours remplis d'amertume M'attira le courroux du Ciel, Quand je laissai couler le fiel Où vous avez irempi nia plumet N'aurais-je pas perdu le jour Dans l'horreur d'un affreux séjour.
Voisin de l'empire des Mânes, Si mes vœux s'étaient reposés Sur vos Hercules supposés.
Ou sur vos feintes Arianes.
J'adresse aujourd'hui mes regrets Au Dieu qu'adore une Princesse, Dont on prise autant la Sagesse Qu'on fut charmé de ses attraits.
Alors, agréable surprise, L'airain de mes portes se brise ; Ma fuite devance les vents, Et je vois la plaine liquide, M'ouvrir une route solide Au travers des remparts mouvants.
Compare, ô chantre de la Grèce !
A ces secours miraculeux, Ceux que ton héros fabuleux Reçut d'une fausse déesse.
Quiconque a Dieu pour son appui, Et ne met son espoir qu'en lui, Brave les fureurs de l'envie ; Parmi les pièges des méchants.
Au milieu des glaives tranchants, Il ne tremble que pour sa vie.
Anne d'un si puissant secours.
J'ai rendu ma course célèbre, Depuis le Pô, le Tage et l'Ebre, Jusqu'où l'Amstel finit son cours ; De l'Appennin aux Pyrénées, J'ai su, malgré les destinées, Relever mon sort abattu ; Souvent les âmes généreuses Donnent aux fautes courageuses Les éloges de la vertu-
Sorti des terres étrangères, Où j'ai vu dix ans s'écouler, Qji'il m'est doux de ne plus fouler Que l'héritage de mes pères !
Je vis sous leurs antiques toits; Des superbes Palais des Rois, Mon âme serait moins charmée ; Et plus heureux et plus chrétien, Mon cœur ne se plaint plus de rien, Qt4e d'un peu trop de renomma.
Vin
C'est dans cet osyle sacré
Que souvent mes erreurs passées
Se sont en foule retracées
A mon esprit plus épuré ;
C'est là que ma Lyre profane,
D'un roi que Dieu prit pour organe.
Préférant les pieux accords,
J'ai cru que, par de saintes rimes,
Je devais effacer les CRIMES
"De celles qui font mes REMCTRJDS.
Vous qui vers lui, par tant de grâces. Le Seigneur s'est plu d'attirer; Vous, qu'on peut bien plus admirer Qp'on ne peut marcher sur vos traces, Princesse, versez dans mon cœur.
Pour en ranimer la vigueur.
Ce feu divin qui vous éclaire, Et favorisez un projet Qpi, peut-être, a trop pour objet Un nouveau désir de vous plaire.
4(>2 Les PMlLII>t>iaUES.
Tandis qu'à Tenfant de Cypris Ma jeunesse a rendu les armes, J'ai de vous emprunté les charmes Que j'ai dépeints dans mes écrits; Aujourd'hui, qu'ennemi des Fables, C'est aux vérités ineffables Q.ue mon Luth veut se consacrer, Je prends sur vos vertus augustes Celles que des rimes plus justes Ont entrepris de célébrer * .
^ Cette ode est excessivement importante, en ce sens que U Grange, purifié par le repentir, avoue la calomnie. Je devais effacer les Crimes, De celles qui font mes remords (sic).
L'édition de 1723, celles de 1783 et 1795, n'ont pas de sanaL*. puisqu'elles' ne contiennent pas ce cri, échappé à la 'conscience d;. satirique ; t6t ou tard, la morale reprend ses droits; nui nV échappe. L*aveu de La Grange honore Thomme et le poète. La critique c^ peut lui refuser une parole sincère, — puisqu'il s*accuse lui-méirc.
Pin de la sixième Ode*
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