Mortels qui tene^, Le Parlement
A ce passage des Philippiques, l'annotateur de 1795 écrit ce qui suit :
« Le Parlement de Paris s'opposa de tout son pouvoir à l'établissement de la Banque, et ne céda enfin qu'à l'autorité.
« Voici une anecdote connue, mais utile à répéter, qui montrera le peu de confiance que les gens sensés avaient aux opérations de finances de ce Law, qui bouleversa tant de fortunes au commencement du siècle, comme nous en voyons encore un si grand nombre s'altérer aujourd'hui par le papier-monnaie, qui nous affame et nous dévore (1795).
« Après la promulgation de l'arrêt du Conseil qui
accordait le tiers des confiscations au dénonciateur de ceux qui garderaient plus de 500 livres en espèces, le Président Lambert de Vernon va trouver le duc d'Orléans et lui dit : « Monseigneur, je viens vous dénoncer un homme qui a plus de 500,000 livres en or. — Ah! monsieur le Président, s'écrie le Régent avec son énergie accoutumée, quel f.... métier vous faites-là! — Monseigneur, reprend-il gravement, j'obéis à la loi; c'est elle que vous qualifiez indirectement de la sone. Mais, continue-t-il, que Votre Altesse Royale se rassure et me rende plus de justice : c'est moi-même que je viens dénoncer, dans l'espoir d'avoir la liberté de conserver au moins une partie de cette somme que je préfère à tous les billets de Banque. »