Cours de 1828, p
2* Préface, p. 66. « Dieu n'étant donné qu'en tant que cause absolue, à ce titre, selon moi, il ne peut pas ne pas produire, de sorte que la création cesse d'être inintelligible, et qu'il n'y a pas plus de Dieu sans le monde, que de monde sans Dieu.»
!'• Préface, p. 34. « Le Dieu de la conscience n'est pas un Dieu abstrait, un roi solitaire, relégué par delà la création sur le trône désert d'une éternité silencieuse et d'une existence absolue qui ressemble au néant même de l'existence; c'est un Dieu à la fois vrai et réel, un et plusieurs, éternité et temps, espace et nombre, essence et vie, indivisibilité et totalité, principe, fin et milieu, au sommet de TÉtre et à son plus humble degré, infini et fini tout ensemble, triple enfin, c'est-à-dire à la fois Dieu, nature et humanité. »
Cours de 1828, p. 123. « L'unité en soi, comme cau^e absolue, contient la puissance de la variété et de la difi*érence. Elle la contient; mais, tant qu'elle ne l'a pas manifestée, c'est une unité stérile. Mais aussitôt qu'elle Ta produite, c'est une unité riche de ses propres fruits, dans laquelle se rencontrent la multiplicité, la variété, la vie, » etc., etc.
Il faut s'arrêter, car on citerait tout. Le cours de 1828 est rempli d'idées et d'expressions allemandes. Vous trouverez à chaque instant des phrases comme celles-ci : « Tous les moments de
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l'essence divine passent dans le monde et reviennent dans la conscience de l'homme. » — « Qu'est-ce que Dieu ? c'est la pensée en soi , la pensée absolue avec ses moments fondamentaux ^ » Toutes formules panthéistes. Quand Hegel les vit : « M. Cousin, dit-ily m'a pris quelques poissons , mais il les a bien noyés dans sa sauce. » M. Cousin était alors entraîné si loin, qu'il oubliait sa chère méthode psychologique, seule difTérence qui le séparât encore « de ses amis, de ses maîtres, des chefs de la philosophie du siècle. » Il établissait a priori la philosophie de Thistoire et l'histoire de la philosophie *. Il prouvait qu'il y avait trois époques historiques, » ni plus, ni moins, » celle de l'inflni, celle du fini, et celle de leur rapport ; puis monté sur un char attelé de quatre systèmes, et traversant l'empyrée philosophique, partout, en Orient, en Grèce, au moyen âge, aux temps modernes, il distribuait en quatre compartiments les doctrines qu'il connaissait et les doctrines qu'il ne connaissait pas*.
Telle fut sa première carrière. Son éclectisme, philosophie d'un curieux , aboutissait au panthéisme, philosophie d'un artiste. Vers 1833, s'ou-