‹ Les philosophes classiques du XIXe siècle en FranceChapitre 3 sur 54 · PRÉFACE. V · texte numérisé non relu

PRÉFACE. V

leur esprit, neuf et libre encore, peut s'éprendre des idées g-énéraîes. N'ayant ni métier ni ménage, ni soucis d'argent, ni souci des places, ils se livrent à la logique et ne s'inquiètent que de la vérité. C'est la démonstration qui les \ouclie, non l'agrément ou la convenance; pour admettre une opinion il leur suffi l qu'elle soit prouvée. J'ai essayé de prouver la mienne; quand j'ai réfuté une doctrine, j'ai marqué du doigt li page et la ligne du sophisme, j'ai dit son nom, son origine, le fait palpable et connu qui le contredit; j'ai voulu que chacun pût refaire en soi-même la série des vérifications qui le renversent ; j'ai employé les exemples les plus simples, le style populaire; j'ai exposé des théories abstraites, comaie une affaire pratique et personnelle, avec toutes les familiarités et les émotions qu'une telle affaire inspire et exige. Le lecteur me pardonnera s'il considère qu'il s'agissait non de spéculation pure, mais d'une philosophie régnante, officielle, qui forme les esprits depuis un quart de siècle, qui les formera encore pendant un quart de siècle, qui les prend du moment où ils s'ouvrent, qui pèse sur eux avec toute la force d'une institution, qui dure en eux, qui les tient dans je reste de leur carrière, qui, sous toutes les formes et par toutes les bouches, vient à toute minute heurter ou étonffer toute invention et tout elTort. Je l'ai subie moi-même, et je sens bien que je n'aurais pu en parler autrement.

Un livre de réfutation n'est pas un livre de théorie ; je n'exposais pas, j'attaquais; je n'étais point tenu de

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