De la Connaissance de Dieu (Pays, 8 avril
l'espérance. Comment y répond-elle aujourd'hui?... Le livre de l'abbé Gralry, ce traité de la Connaissance de Dieu d'un homme qui ne débute ni dans la science, ni dans la vie, et qui s'est préparé à dire sa pensée par une étude et une méditation inconnues aux hommes de ce temps, cet ouvrage, si largement tracé, et qui n'est pourtant que la façade du vaste système que l'auteur est près de démasquer comme on démasque, pan parpan, quelque majestueux édifice, peut-on le considérer, tout à la fois, comme une révélation et comme une promesse? Après l'avoir lu, nous est-il permis d'augurer que nous allons avoir une philosophie? Allons-nous sortir de cet entrepôt de marchandises étrangères, — écossaises ou allemandes, — qu'on nous donne depuis tant d'années pour la philosophie d'un pays qui avait de l'originalité autrefois et qui produisait par le cerveau presque aussi énergiquement que par le sol?... Pour tout dire avec un seul mot : verrons-nous enfin se lever parmi nous, du milieu des tètes à discussion qui pullulent, la tète à conception qui manque toujours?
En effet, une tête à grande conception métaphysique, voilà jusqu'ici ce qui a le moins illustré la France intellectuelle du xix' siècle. Loin de nous de la rabaisser! Elle a eu de grands poètes, de grands artistes, des hommes politiques à la manière de Machiavel, comme furent Talleyrand et Fouché, des observateurs scientifiques de la force de Cuvier et de