‹ Les philosophes et les écrivains religieuxChapitre 7 sur 29 · L*ABBÉ CHRISTOPHE · texte numérisé non relu

L*ABBÉ CHRISTOPHE

de fidélité conjugale; et cette vertu, pendant si longtemps calomniée, envoie comme un reflet de sa splendeur à Alexandre VI et comme une présomption d'innocence. L'abbé Christophe n'est pas allé plus loin, mais il est allé jusque-là... Son histoire est un chefd'œuvre de modération et de prudence; mais, avec sa rhétorique quintilienne, elle n'a pas pour nous, qui nous chauffons à d'autres foyers, ce côté artiste qui fait les œuvres vivantes, puissantes, et quelquefois immortelles. Je sais bien que le temps qu'il décrit est une époque affreuse, perverse et basse, où l'envie des petits contre les grands élève sa tête de vipère jusque dans l'Église, où l'esprit byzantin envahissait les conciles d'Occident, et où les Visconti, les Louis XI et les César Borgia, pratiquaient leurs politiques empoisonnées et empoisonneuses... Déchet immense quand ou sortait de ce grand Moyen-Age, qui eut ses passions, sans nul doute, mais qui, du moins, resta chrétien et chevaleresque, si pur de foi, si fier de i mœurs! Certes! du Moyen-Age au xv' siècle, la chute ij est effroyablement profonde. Mais les temps à flétrir i] et à maudire sont peut-être plus inspirateurs que les \ siècles à admirer, pour les écrivains qui ont en eux { le génie de l'histoire. Le mépris de Tacite le fît sublime, mais ce fut la dégradation des Césars qui fît son mépris.

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