Reid, éd. Jouffroy, t. III, p
sont des images matérielles, on ne peut pas admettre des portraits de la solidité , du chaud , de l'odeur et du son ; si elles sont spirituelles, elles ne peuvent ressembler à la matière , ni par conséquent la représenter.
A son avis, la connaissance du monde extérieur se fait ainsi : quand nos nerfs sont ébranlés par un contact extérieur quelconque, nous éprouvons des sensations. Si c'est une sensation du toucher, nous concevons hors de nous la substance solide et étendue, et nous affirmons qu'elle existe, qu'elle existait avant notre sensation , qu'elle continuera d'exister après notre sensation , qu'elle est la cause de notre sensation. Pourquoi ces jugements? L'homme l'ignore. La science les constate et ne les explique pas. Ils contiennent deux sortes d'idées: celles de solidité et d'étendue, qui ont pour première et pour unique source notre communication avec le dehors; celles de substance, de cause et de durée, qui ont pour première et .pour unique source notre communication avec nous-mêmes : car, apercevant en nous la substance, la cause, la durée, nous les transportons dans le dehors par une induction involontaire et inexplicable, et nous constituons par elles le monde matériel ^ Ainsi définie, la perception extérieure