‹ Les philosophes français du XIXe siècleChapitre 36 sur 64 · Mélanges, p, '219. — Cours de droit naturel, etc · texte numérisé non relu

Mélanges, p, '219. — Cours de droit naturel, etc

i516 CHAPITRE IX.

cette prétention n'est autre chose que celle de démontrer l'intelligence humaine par l'intelligence humaine? ce qui a été, ce qui est et ce qui sera éternellement impossible. Nous croyons le scepticisme à jamais invincible, parce que nous regardons le scepticisme comme le dernier mot de la raison ^ir elle-même. y> Ses amis m'ont raconté qu'une fois, ayant entrepris de prouver la spiritualité de l'âme, il passa involontairement trois mois à décrire les nerfs, le cerveau, les effets moraux des blessures et des contusions cérébrales, à décomposer les actions de l'esprit, à comparer les deux ordres de faits, et qu'enfin, obligé de conclure, il déclara que la science n'était pas assez avancée et qu'on ne pouvait rien dire. D'autres aussi avaient douté d'abord; une fois dans les hautes places ils quittaient le doute, et croyaient de par leur habit brodé. M, Jouffroy fit mieux. Avec une modestie très-fîère peut-être S il déclara qu'il n'entendait point la théorie de Spinoza sur la liberté, et qu'après une étude attentive, il ne pouvait expliquer la liaison de sa métaphysique et de sa morale. Beaucoup de gens qui ont réfuté VÉthique auraient bien fait de l'imiter. Quant aux excursions allemandes, aux importations de ScheUing, à la fabrication de l'absolu, de l'ontologie et de la raison impersonnelle, il ne s'y fiait guère. Appuyé

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