‹ Les Phlegmons ProstatiquesChapitre 19 sur 21 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Obs. I. — M. X., 22 ans, à la suite d’une intoxication grave par erreur de dose médicamenteuse d’un soporifique très employé (le 28 février 1928) est resté pendant six jours dans un état comateux grave qui n’a cédé qu’au dévouement de ces camarades lesquels n’ont pas cessé de lui faire la respiration artificielle combinée aux ballons d'oxygène. Cet état s’est accompagné de rétention d'urine pour laquelle il a été fait deux à trois cathétérismes par jour. Appelé à le soigner vers le vingtième jour (15 mars 1928) on l’a trouvé atteint d’un énorme phlegmon prostatique développé surtout à droite et que sous chloroforme on a pu débrider facilement et largement avec l'outillage décrit dans ce travail, tube et lancette coupante. Le retrait de la lancette a été suivi d’un fort jet de pus sous pression.

Pas de sonde à demeure. Il y a eu un soulagement immédiat avec chute de la température qui était très élevée ; hémorragie modérée les deux ou trois premiers jours, puis tout est rentré rapidement dans l’ordre et le malade a guéri en dix jours environ. Revu souvent ce malade est complètement guéri sans aucune séquelle.

LH

Obs. II. — Aides : M. Pierre Villard. Interne et M. André Garnier et Bernard Lesourd, externes).

M. L., 26 ans, employé des contributions. Atteint de blennorragie mal soignée est rentré d’urgence le r2 avril 1929 dans un cabinet du service d’urologie de l’Hôtel-Dieu en rétention d’urine.

Au toucher rectal on trouve un énorme phlegmon prostatique. L’anesthésie épidurale permet l'opération sans aucune douleur. Introduction du tube dans le plan médian, repérage au doigt, de la fenêtre ovale, puis le pavillon est tourné à gauche et donné à tenir solidement à l’aide, M. Pierre Villard, interne du service. Dans cette position le coup de lancette donné largement ouvre à droite la collection prostatique qui ne se vide que de ce côté. Le tube est alors orienté en sens inverse, et le coup de lancette ouvre largeinent la poche de gauche et après issue de pus abondant la prostate devient flasque. Pas de sonde à demeure. La température élevée tombe le jour même. Suites opératoires excellentes. Le malade, parfaitement guéri, quitte l’'Hôtel-Dieu le vingtième jour.

Revu récemment, il va très bien et sa blennorragie paraît guérie.

Obs. IL. — M. X., sujet polonais, ouvrier métallurgiste, atteint d’une blennorragie, qu’il vient irrégulièrement faire soigner, est envoyé par le service de vénéréologie de l'Hôtel-Dieu au service d’urologie chirurgicale. Depuis quelques josrs l'écoulement s'était tari alors que des douleurs sourdes au périnée et de plus en

plus pénibles s’accompagnaient d’une dysurie croissante.

Rétention complète le jour de l'entrée.

Au toucher, très volumineux phlegmon prostatique paraissant bien collecté.

Opération d'urgence, immédiate, anesthésie épidurale, introduction du tube muni de sa bougie conductrice, un coup de lancette à droite et à gauche suivi d'évacuation d’un flot de pus.

Suites opératoires normales, guérison rapide.

Obs. IV. — Hôtel-Dieu de Nantes (service des voies urinaires).

M. M... Ben... K.., 35, ans entré dans le service le 4 février 1929. Le malade est envoyé par son médecin pour tenesme rectal, dysurie et sensation douloureuse au niveau du périnée. Température 39°8, pouls 120. Depuis plusieurs mois : blennorragie.:

Le toucher rectal révèle une énorme masse prostatique phlegmoneuse les deux lobes étant envahis. Opéré d'urgence sous anesthésie par épidurale. L’incision pratiquée suivant la technique du Docteur Gourdet, par deux coups de lancette donnés successivement à droite et à gauche fait sourdre un jet abondant de pus sous pression.

Le soir même la température tombe à 3804, le pouls à 100, le lendemain température : 37°8, pas d’hémorragie subséquente. L'amélioration s’opère progressivement, Guérison au douzième jour. Le malade sort de l'hôpital le vingtième jour complètement guéri,

HET Revenu dans le service plusieurs semaines après l’in-

tervention, le sujet ne présente plus aucune trace de l’affection.

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