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AVANT-PROPOS
Combien de temps après l’apparition de l’homme >ur la terre, celui-ci connut-il les pierres précieuses ? \ quelle époque la coquetterie féminine commença- :-elle à les employer? Questions oiseuses, évidemment. Toujours est-il que les Asiatiques les connurent à une •poque excessivement reculée ; les Juifs les connurent aussi, et la Bible les mentionne souvent. Moïse prescrit de mettre sur le Rational, ornement du grandprêtre hébreu, douze pierres précieuses, sans compter plusieurs autres gemmes serties dans des agrafes, etc.
Saint Clément d’Alexandrie (i) prétend que les îscarboucles qui ornaient le vêtement du grand-prêtre lésignaient les sept sphères planétaires, ce qui s’ac- :orde pleinement avec la théorie des Chaldéens, qui lésignaient les planètes par les noms de différentes pierres précieuses (2). L’historien juif Joseph (3) dit, le son côté, que les deux sardoines qui servaient
(1) Stromales, livre V.
(2) Le P. Kibcher, Œdipus Ægyptiacus.
(3) Antiquités Judaïques, livre III, ch. VIII.
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Combien de temps après l’apparition de l’homme sur la terre, celui-ci connut-il les pierres précieuses ? A quelle époque la coquetterie féminine commençat-elle à les employer? Questions oiseuses, évidemment. Toujours est-il que les Asiatiques les connurent à une époque excessivement reculée; les Juifs les connurent aussi, et la Bible les mentionne souvent. Moïse prescrit de mettre sur le Rational, ornement du grandprêtre hébreu, douze pierres précieuses, sans compter plusieurs autres gemmes serties dans des agrafes, etc.
Saint Clément d’Alexandrie (i) prétend que les escarboucles qui ornaient le vêtement du grand-prêtre désignaient les sept sphères planétaires, ce qui s’accorde pleinement avec la théorie des Chaldéens, qui désignaient les planètes par les noms de différentes pierres précieuses (2). L’historien juif Joseph (3) dit, de son côté, que les deux sardoines qui servaient
(1) Stromates, livre V.
(2) Le P. Kibcher, Œdipus Ægyptiacus.
(3) Antiquités Judaïques, livre III, ch. VIII.
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d’agrafes au grand-prêtre représentaient le Soleil et la Lune, et les douze pierres du Rational,les douze signes du Zodiaque. Saint Clément d’Alexandrie prétend que ce n’étaient pas deux sardoines, mais deux émeraudes qui représentaient le Soleil et la Lune (i).
Les pierres du Rational, d’après la Kabbale, portaient chacune l’un des dou\e grands noms de Dieu, qui sont les suivants :
Melek (Roi). — Sur la Sardoine.
Gomel ( Rétribuant ). — Sur la Topaze.
Adar (Magnifique). — Sur l'Emeraude.
Eloah (Dieu fort). — Sur l'Escarboucle.
Haïn (Fontaine; œil). — Sur le Saphir.
Elchaï ( Dieu vivant). — Sur le Jaspe.
Elohim (Les Dieux forts). — Sur le Ligure (ou Lyncure).
El (Fort ). — Sur l’Agathe.
Iaho (Dieu). — Sur l’Améthyste.
Ischgob (Père Très haut). — Sur la Chrysolithe.
Adonaï (le Seigneur). — Sur l’Onyx.
Ihovah (J e suis celui qui suis). — Sur le Béryl.
(i) Dupuis (Charles-François), de l’Institut, Origines de tous les cultes. Paris, 1715, 3 vol. in-40.
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D’autres commentateurs exposent la thèse suivante :
Les quatre pierres de la première ligne représentent quatre enfants de Léa: lasARDOiNE est Ruben, symbolisant la foi, et l'apôtre saint Barthélémy ; la topaze estSiméon, symbolisant la chasteté, et l'apôtre saint Jacques le mineur ; I’émeraude est Lévi, symbolisant la foi, lui aussi, et l'apôtre saint Jean ; I’escarboucle est Juda, symbolisant la charité, et V apôtre saint Taddée.
Sur la deuxième ligne, deux enfants de Balla, petite servante de Rachel qui, n’ayant pas d’enfant, la donna pour concubine à Jacob : le Saphir est Dan, symbolisant l’espérance, et l'apôtre saint André ; le Jaspe est Nephtali, symbolisant la foi, et l’apôtre saint Pierre. — Puis deux enfants de Zalpha, petite servante de Lia, qui la donna pour concubine à l’insatiable Jacob : le Ligurion est Gad, symbolisant la suavité (?), et /' apôtre saint Simon ; L’Agathe est Aser, symbolisant la sainteté, e.1 l'apôtre saint Philippe.
Sur la troisième ligne, deux autres enfants de Lia : r Améthyste est Issachar, symbolisant l’humilité, et l'apôtre saint Mathias ; la Chrysolithe est Zabulon, symbolisant la vigilance, et l’apôtre saint Mathieu.
- Enfin deux enfants de Rachel: le Béryl est Joseph,
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symbolisant la Science, et l'apôtre saint Thomas ; I’Onyx est Benjamin, symbolisant l’innocence, et l'apôtre saint Jacques le Majeur (i).
D’autres mentionnent des pierres différentes, et un ordre différent dans leur distribution sur quatre lignes horizontales.
1er rang
Oden. Cornaline.
Euben.
Phideth. Topaze.
Siméon.
Barckelh. Emeraude.
Lévi.
2» rang
Nophictk. Rubis
Saphir. Saphir.
Jaolam. Diamant.
Juda.
Issaohar.
Zabulon
3o rang
Leschem. Jacinthe
Ban.
Schebo. Agathe.
Nephtali.
Achlamah.
Améthyste. 3ad.
4e rang
Tarsckisch. Chrysolithe Asser
Schoham. Sardoine.
Joseph.
Jaspeli. Jaspe.
Benjamin.
D’un autre côté, voici ce que dit Pouget fils sur ces fameuses pierres (2) :
(1) F. de Mély, Grande Encyclopédie, tome XXVI, p. 882.
(2) Pouget fils ^ Traité des pierres précieuses, etc., Paris, 1762, in-4”.
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« Voici les noms des douze pierres précieuses que l’on estimait le plus, et que le grand prêtre des Juifs portait sur le Rational de son éphod :
Sardoine.
Rubis.
Cornaline, ou Lincure.
Chrysolithe.
Topaze.
Jaspe.
Améthyste.
Agate-Chalcédoi ne .
Emeraude.
Saphir.
Agate-onyx.
Béryl.
Il est singulier que, parmi ces douze pierres, il y en ait quatre de vertes, ce qui fait soupçonner que l’ancienne chrysolithe ne ressemblait ni au béryl, ni à l’émeraude, et que c’était une pierre dorée, comme son nom l’indique. »
D’autre part, voici ce que dit la Bible :
{Exode, chap. xxvm, v. i5.) — Tu feras aussi le pectoral du jugement, d’ouvrage de broderie, comme
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l’ouvrage de l’épnod, d’or, d’hyacinthe, d’écarlate, de cramoisi et de lin lin retors.
16. — Il sera carré et double: sa longueur sera d’une paume, et sa largeur d’une paume :
17. — Et tu feras son remplissage de pierreries à quatre rangs de pierres. Au premier rang on mettra une sardoine, une topaze et une émeraude ;
18. — Au second rang, une escarboucle, un saphir et un jaspe :
19. — Au troisième rang, un ligure, une agathe et une améthyste :
20. — Et au quatrième rang, une chrysolithe, un onyx et un béryl, qui seront enchâssés dans de l’or, selon leur remplissage.
21. — Et il y aura de ces pierres, selon les noms des enfants d’Iraël, douze selon leurs noms : on gravera; sur chacune d’elles, de gravure de cachet, un nom et elles seront pour les douze tribus.
Comme nous l’avons vu plus haut, les pierres précieuses étaient sous la dépendance des planètes :
Saturne influait sur Yonyx, la cornaline , le saphir, 1 e jaspe et la chalcédoine ;
J upiter, sur Y hyacinthe, le béryl et Y émeraude ;
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Mars, sur Y aimant, le diamant, l 'améthyste, la pierre sanguine, et toutes sortes de jaspes ;
Le Soleil, sur Y escar boucle, la chrysolilhe, l 'iris, la pierre héliotrope, le jaspe, Yémeraude, l’hyacinthe, la topaze et le rubis ;
Vénus, sur Yémeraude, la chrysolithe et le corail : Mercure, sur le porphyre, la topaze et Y agate. Voyez, à ce sujet, Rabelais : Pantagruel, livre V, chapitre XLII.
Les pierres avaient donc des rapports intimes avec les astres, dont elles n’étaient même que les émanations, les larmes, tombant sur la terre :
«... Le monde est fait de telle sorte, dit Bresche(i), que toutes ses parties sont continues et unies ensemble, et, par cette liaison, se communiquent et font un commerce général pour s’assister dans le besoin et concourir, chacune à leur mode, à la conservation de tout ce qu’elles composent. D’où que les inférieurs ayant besoin des supérieurs, et les supérieurs dominant absolument et souverainement sur les inférieurs qui ne subsistent que par leur secours, les corps su-
(i) Pierre de Bresche; Traité des talismans ou figures astrales; Paris, 1671 , in-18.
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périeurs envoient sans discontinuation leurs influences pour conserver, aider et secourir les corps inférieurs. Et comme l’action se reçoit selon la disposition du sujet, les astres influent plus abondamment sur les sujets mieux disposés ; et parce que la meilleure disposition du sujet vient de la sympathie, qui sait unir les homogènes par un lien miraculeux, comme nous voyons entre toutes les choses qui ont entre elles sympathie, qui se recherchent, s’approchent et s’unissent par un secret mouvement de la nature, et, en celles qui ont antipathie, qui s’éloignent et se fuient par un ressort et principe contraire, il s’ensuit que les astres doivent agir plus aisément et fortement sur les sujets qui leur sont sympathiques et conformés.
L’Etoile polaire n’agit-elle pas par cette loi, à la vue de tout le monde, sur le fer touché de l’aimant, plus que sur les autres corps, qui n’en sont pas touchés? Or il est certain que, de tous les corps inférieurs, il n’y en a point qui aient plus de sympathie avec fës supérieurs que les pierres, les minéraux et les métaux, qui ont reçu en partage des formes toutes astrales, et plus approchantes de la nature du ciel, étant composés d’une matière plus forte et plus com-
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pacte, et plus propre à recevoir et à conserver ces célestes vertus ; et les Astres, à raison de ce rapport, influent plus fortement et abondamment sur les minéraux et pierreries.
C’est pour cela que les anciens, plus éclairés que nous ne sommes, ont dit que ces belles pierres, que nous appelons précieuses, étaient les larmes des deux coagulées, et ont donné aux métaux les mêmes noms que l’on donne aux Planètes. »
Le P. Kicher a dressé le tableau suivant des rapports mystiques qu’ont entre eux les gemmes, les quatre éléments, les douze siques du zodiaque, les plantes, les génies, etc. ( Œdipus ae^yptiacus, tome II. p. 2) (1).
« Catherine de Médicis portait une ceinture composée de douze pierres, parmi lesquelles il y avait des onyx grands comme des écus de trois livres sur lesquels étaient gravés des talismans.
Voici l’ordre de ces pierres :
Janvier. — Le Verseau. — Jacinthe ou Grenat.
(1) Voyez M. J. Gaffarel, Curiosité x inouïes sur la sculpture talismanique des °erses. Paris, 1629, in-i5.
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