CORNE DE CERF
montées sur une bague portée à l’annulaire de la main gauche.
Cahagnet.
fOl. — Corne d’Ammon. — La corne d’Ammon est une des gemmes que l’Ethiopie révère le plus : sa couleur est celle de l’or, sa figure retrace une corne de bélier. Elle donne, dit-on, des rêves divins et prophétiques.
Pline.
ÎOS. — Corne de cerf. — Lorsque tu auras entre les mains de la corne de cerf, ne manque pas de t’approcher des dieux immortels. Le cœur des immortels est réjoui quand ils voient cette œuvre merveilleuse de la nature produite par la tête du cerf. Ce n’est pas, en effet, une pierre, mais quelque chose qui lui ressemble. Si tu es chauve, elle te fera croître les cheveux. Car, en la pilant dans de l’huile et en se frottant tous les jours les tempes avec ce mélange, tu sentiras des poils nouveaux naître aux endroits où tu étais chauve. Si, pour la première fois, jeune homme toi-même, tu conduis à ton . lit nuptial une jeune épouse, aie cette pierre pour témoin de ton bonheur :
CORYPHORE
et alors un lien indissoluble d’amitié vous liera l’un à l’autre pour toute la vie.
Orphée, Les Pierres.
■103. — Corybas. — On trouve sur le mont Mycène une pierre nommée « corybas », dont la couleur ressemble à celle du corbeau. Ceux qui la portent sur leur personne n’ont à craindre aucune vision monstrueuse.
Plutarque.
104. — (Doryphore. — Qui ne sait pas que cette pierre chevelue, mêlée à de l’ail aigre, chasse les insectes qui blessent la tête et les scorpions qui lancent des traits acérés ? Elle est parfaitement semblable à la chevelure d’un homme. Broyée dans un vin généreux, elle délivre des blessures de l’aspic, qui engendre la mort terrible, Si on la mêle modérément avec de l’huile rosée, et qu’on se frotte avec ce mélange chaud, on aura un excellent remède pour les douleurs du cou. En la mêlant avec du miel, on dissipe les eaux dangereuses qui s’amassent dans le ventre des hommes, et peuvent menacer de dégénérer en tumeur indécente dans les parties masculines.
Orphée
CRISTAL
*65. — Crapaudine. — Se trouve dans la tête du crapaud ; elle est bonne pour les maléfices. — Voyez Pierre du crapaud.
Porta.
106. — Cristal. — Si vous voulez allumer une flamme sans avoir besoin d’un premier tison enflammé, déposez cette pierre sur des morceaux de bois arides et secs. Aussitôt, le soleil dardant sur la face opposée, elle laissera échapper un petit rayon ; dès qu’il aura atteint la matière sèche qui doit lui servir d’aliment, il en sortira d’abord de la fumée, puis un feu léger, puis une grande flamme.
Les anciens appelaient cela le Jeu sacré , et moi je crois qu’aucune flamme ne peut allumer les sacrifices avec plus de joie pour les immortels. J’ajoute encore cette qualité merveilleuse du cristal : quoique auteur de cette flamme qui ainsi aura subitement jailli de ce feu, il sera de suite refroidi, et pourra être touché impunément.
Appliqué sur les reins, il en guérit les douleurs (1).
Orphée.
(1) Il s’agit, bien entendu, du cristal de roche , que les anciens croyaient être de l’eau transformée en pierre transparente par une congélation excessive, comme le dit Pline plus bas, § 107-
CRISTAL
107. — L’extrême force delà congélation a donné naissance au cristal. Le plus gros bloc que nous ayions vu est celui que Livia Augusta dédia dans le Capitole: il pèse cinquante livres environ.
J’ai vu des médecins dire que lorsqu’il faut cautériser le corps humain, le meilleur instrument serait une boule ( lentille ) de cristal exposée directement aux rayons solaires.
Pline.
108. — Ne méprisez pas ce bloc de cristal ; les palais des rois n’ont rien d’aussi beau ; il ne le cède pas aux perles de la mer Rouge. Cette glace est brute ; C’est une pierre informe, sans grâce ; et pourtant on la compte au nombre des plus rares trésors !
Claudien (EpigrammeXII).
109. — Sur un cristal qui renfermait une goutte d’eau : — Ce morceau de glace renferme des traces de sa première nature ; une partie s’est pétrifiée, l’autre a résisté au froid. C’est un jeu, un caprice d’hiver: plus précieux par sa cristallisation imparfaite, ce diamant s’énorgueillit de renfermer une onde mobile.
Claudicn ( Epigramme VI).
CRtSÏAL
llO — Même sujet: — Gouttes d’eau qui, dans votre prison de glace, retenez votre sœtir captive ; dont une partie est liquide encore, dont l’autre a cessé de l'être ; quelle puissance vous a enchaînées ? Par quel art le froid a-t-il pu te glacer et te liquifier en même temps, bloc merveilleux? Quelle chaleur secrète met datls ton sein les eaux à l’abri de l’Aquilon ?Qüel zéphyr a pu fondre cette glace intérieure ? Dans quels réduits ce diamant, qu’agite une chaleur cachée, a-t-il, en se glaçant, contracté la dureté de la pierre et conservé la fluidité de l’eau ^
Claudien (Epigfâmme VII).
1 1 f . — Sur une sphère céleste en cristal, pleine d'eau : — Ce globe de glace, actuellement cristal, façonné par un artiste habile, représente l’image diaprée du pur éther, le ciel tout entier, enveloppant la mer aux vagues retentissantes.
Claudien (. Anthologie grecque, livre VII, § 753).
11». — Le crystal, qui est tetlü pour pierre précieuse très claire et très belle, est faict de substance d’eau et, seul entre les pierres, ne tient n’y procède d’aucüh métal (si ce rt’ést l’argent). Ceste pierre (entre autres vertus) faict cesser l’altération à ceulx qui ont
CRISTAL
la fiebure, étant mis soubs la lengue. Les Estoilles Pleïades (qui sont Lunaires et Martiales) ont Seigneurie sur le Crystal, qui, au reste, résiouist et réconforte grandement la veuë lassée.
Jean de la Taille.
113. — Le cristal de roche sert à esteindre la soif des fébricitans ; il remédie à la dissenterie ; il est propre contre la pierre. Pendu au col, il dissipe les songes et empesche les vertiges.
Robert de Berquen.
114. — Cryphius. — On trouve au mont fda une pierre nommée « cryphius », qui ne se voit que pendant la célébration des mystères des dieux, au rapport d’Héraclide de Sicyone, dans son 2e livre des Pierres.
Plutarque.
US®. — Cyanée, Cyanos. — Voyez Lapis-lazuli.
116. — Cylindre. — On trouve sur le mont Cronius une pierre qui, pour la raison que je vais dire, est appelée « cylindre » : toutes les fois que Jupiter éclaire ou tonne, cette pierre roule (i) du haut de la
(j) Le mot grec KuXivSew, d’où vient cylindre (xuXi'vôpoç), signifie rouler.
DIAMANT
montagne en bas, au rapport de Percylle, dans le ier livre de son Traité des Pierres.
Plutarque.
1 1 ^ • — Cynœdus. — Pierre noire spéciale, essentiellement érotique.
Hermès Trismégiste.
418. — Daphnie. — La daphnie, selon Zoroastre, est bonne contre l’épilepsie.
Pline.
il 9. Dendrite. — Voyez Agate arborescente.
120. — Diamant. — A la tête, non seulement des pierreries, mais de toutes les richesses humaines, figure le diamant, que longtemps les rois seuls, et peu de rois, connurent. Comme il ne se trouvait que dans les mines d’or, et en très petite quantité, on en avait conclu qu’il n’accompagnait que l’or et ne naissait que dans son sein. On en connaît aujourd’hui six espèces
On les éprouve sur l'enclume ; et ils résistent
si bien aux coups, que le fer rebondit de part et d’autre et que, souvent, l’enclume se fend ; en effet, la du-
DIAMANT
reté du diamant passe toute idée ; il est d’ailleurs inaltérable au feu et ne s’échauffe jamais. C’est de cette torce indomptée que lui vient le nom grec d ’adamas ( 1 ). Cette force de résistance, qui brave les deux puissances les plus énergiques de la nature, le fer et le feu, cède au sang de bouc. On l’y fait tremper lorsque le sang est frais et chaud ; encore faut-il bien des coups en sus pour l’assouplir ; marteaux etenclumes, fussentils excellents, se brisent souvent dans l’entreprise.
Le diamant a une telle antipathie pour l’aimant, que, placé près de lui, il empêche le fer de se porter à sa surface, ou bien l’en détache et le fait tomber (2). De plus, il rend nul l’effet du poison, dissipe les accès de folie, et délivre des vaines frayeurs ; ainsi l’a-t-on appelé eunaciie.
Pline.
121. — Une des propriétés du diamant, c'est de rompre les pierres contre lesquelles on le met en contact en le pressant. Il agit de même sur tous les corps delà nature de la pierre, à l’exception du plomb. Ce métal l’attaque et le dompte ; alors qu’il résiste au feu
(1) ‘ ’ASdaai;, indomptable.
(a) Voyez le § u5 de l’article Aimant.
DIAMANT
et au fer, il se laisse rompre par le plomb, et c’est le moyen que l’on emploie pour le pulvériser. On ajuste ses fragments à l’extrémité de tarières de fer, et l’on parvint ainsi, à perforer les pierres, les rubis et les perles.
Le diamant, mis dans la bouche, brise les dents.
Ibn-el-Beithar, médecin hispano-arabe.
128. — Recette pour l'amour. — Ayez une bague d’or garnie d’un petit diamant , qui n’ait point été portée depuis qu’elle est sortie des mains de l’ouvrier ; enveloppez-la d’un petit morceau d’étoffe de soie, et portez-la pendant neuf jours et neuf nuits, entre chemise et chair, à l’opposite de votre cœur.
Le neuvième jour, avant le soleil levé, vous graverez avec un poinçon neuf, en dedans de la bague, le mot Scheva. Vous aurez ensuite trois cheveux de la personne dont vous voulez être aimé, et vous les accomplirez avec trois des vôtres en disant : « O corps ! puisse-tu m'aimer et que ton dessein réussisse aussi ardemment que lemien,par la vertu afficace de Scheva ! »
11 faudra nouer ces cheveux en lacs d’amour, de sorte que la bague soit à peu près enlacée dans le
DIAMANT
milieu des lacs, et, l’ayant enveloppée dans l’étoffe de soie, vous la porterez de rechef sur votre cœur autres six jours ; et, le septième jour, vous dégagerez la bague des lacs d’amour, et ferez en sorte de la faire recevoir à la personne aimée. Toute cette opération doit se faire àjeûn, avant le soleil levé (1).
Petit Albert.
123. — Le diamant est le plus dur, vif, et reluysant de toutes les pierres, qui se change et corrompt le moins par le feu,parlefer, par l’humidité, rouillure, vieillesse ou par vsage. Mais il se resoult facillement par le sang de bouc et par le coup d’vn marteau qui lebrize en poudre ; quoy que plusieurs, par inexpérience (afin que ie ne die ignorance) ayent publié le contraire.
Il reçoit sa force et vertu de l’Estoille nommée Teste de Méduze, qui est de la nature de Saturne, et de Iuppiter, qui luy donne, entre autres vertus, ccste propriété d’esiouir l’Esperit et l’œil de la personne, et d’empescher les frayeurs de nuict, estant lié au bras senestre et touchant la chair ; ce que Cardan dict
(1) Anonyme ; Secret merveilleux de la magie naturelle et cabalistique du Petit Albert. Cologne, 1722, in-18.
DIAMANT
auoir souuent expérimenté. Estant échauffé, il attire aussi les festus, comme l’ambre, et sert de beaucoup aux femmes grosses.
Jean de la Taille.
124. — Le diamant s’amollit et se rend comme limure dans vn pilon defer,s’il estmasseré dans le sang de Bouc.
Plusieurs ont escript que le diamant, estant mis soubs la teste d’vne femme sans qu’elle le scache : si elle est fidelle à son mary, le diamant faict que, toute dormante, elle l’embrasse ; si elle est adultère et infidelle, elle fuit et a de l’aversion pour les embrassements (V. | 18).
L’on accorde à la poudre de diamant une force si venimeuse, qu’il n’y a point de remède qui puisse empescher n’y corriger son venin ; c’est l’opinion de Paracelse.
Le diamant est réputé contre la peste, les venins, ensorcellements, enchantements et terreurs paniques.
Il se mouille en présence du venin ; il faict la victoire, la constance et la force d’esprit; il calme la colère, fomente l’amour des marys, et, pour ce sujet, est appelé: « pierre précieuse de réconciliation. »
Le diamant que portait Aaron, souverain pontife
DIAMANT
des Hebrieux,changeoit sa couleur d’air en vne couleur obscure et noire lorsque les Hebrieux dévoient estre punis de mort à cause de leurs pechez. Lorsqu’ils dévoient périr de glaive, il paroissoit sanglant ; et lorsqu’il n’y avoit pas de crimes commis, il brilloit et éclatoit extraordinairement. — Voyez | 96.
L’Anonyme.
125. — Ruérus dit qu’une dame avoit deux Diamants enfermés dans son cabinet, lesquels, au bout d'vn temps, en produisaient d’autres ; ce compte est inepte et ridicule (1). Cette vertu-cy ne luy peut estre contestée ;entre toutes les belles pierres, il nous resiouit le plus de son brillant, avec ce qu’il est le plus beau de nos ornements. Scaliger dit, avec beaucoup d’autres auteurs, qu’il preserve des venins, de la manie et de la melancholie ; qu’estant porté sur soy en œuvre dans de l’or ou de l’argent, il empesche l’effet des philtres et breuvages amoureux; et que les démons, c’est-à-dire ces incubes et succubes dont on parle ordinairement avec trop de crédulité, ne puissent nuyre et tourmenter.
(1) Voyez, § i55, la Gasidane, autre pierre précieuse qui conçoit, et porte trois mois.
DIAMANT
le trouve encore qu’il faict respecter la personne qui le porte, et surmonter les ennuis. On croira de ces vertus ce qu’on voudra, puisque personne n’en peut asseurer.
Seulement, i’adiousteray ce que les Juifs remarquent du diamant, qu'Aaron, le Souverain Prebstre des Israélites, le portoit avec l’Ephod, lequel changeoit de lustre selon les occurrences ; car s’il s’agissait de convaincre vn coupable, il devenoit terne et obscur ; ou si c’estoit pour iustifier vn innocent, il brilloit et iettoit vne lumière incomparablement plus grande qu’a l’ordinaire.
Robert de Berquen.
1256. — Cette pierre est affectionnée par les Esprits de lumière ; par conséquent, elle met en rapport avec eüx, en éclairant l’intelligence de celui qui la porte à cette intention ; elle influe sur l’intelligence, c’est-àdire assainit le cerveau.
Cahagnet, Magie magnétique.
127. — Dionysias. — Cette pierre noire, dure e semée de taches rouges, donne à l’eau dans laquelle on la broie, le goût du vin ; mais elle a le don de préserver de l’ivresse.
Pline.
DRYMILLUS g3
128. — Dracontie ou Dracontite. - Les dracontites ou draconties,se tirent du cerveau des dragons. Mais on ne peut en avoir de fines qu’en les enlevant à un dragon vivant, parce que l’envieux reptile, se sentant mourir, leur fait perdre leur beauté. En conséquence, on les lui arrache du cerveau pendant qu’il dort (!!!). Sotacus, qui a vu une de ces pierres chez un roi, raconte que ceux qui cherchent à s’emparer des dracontites, s’avancent sur un char à deux chevaux ; répandent, dès qu’ils aperçoivent un dragon, des préparations soporifiques, puis coupent le cerveau de l’animal endormi.
Diaphane et blanche, la dracontite ne peut recevoir de poli et repousse le burin.
Pline.
129. — Drimyllus. — (Pierre du) Près de l’Euphrate, au mont Drimyllus, on trouve une pierre semblable à la Sardoine, pierre que les rois du pays portent dans l’appareil de leur royauté. Infusée dans l’eau tiède elle guérit les maux d’yeux, comme le dit Nicias de Malles dans son Traité des pierres.
Plutarque.
EMERAUDE
130. — Elossite. — Pierre précieuse qui a la vertu de calmer les maux de tête.
Porta.
131 . — Emeraude ou Pantaure. — La nature de l’émeraude est froide et sèche. Elle a la propriété, prise à l’intérieur, d’être un antidote contre les poisons, les piqûres et les morsures d’animaux venimeux. Si l’on prend de sa limaille la valeur, en poids, de huit grains d’orge, elle préserve contre les poisons mortels, empêche la chute des cheveux et l’excoration de la peau.
L’habitude de la regarder dissipe les obscurcissement de la vue.
Portée comme collier ou employée comme anneau, elle prévient les accès d’épilepsie ; c’est pour cela que les rois la font porter à leurs enfants dès leur naissance, pour les assurer contre cette maladie.