‹ Les pierres magiquesChapitre 24 sur 59 · ESCARBOUCLE · texte numérisé non relu

ESCARBOUCLE

flamme, dont elle ne ressent d’ailleurs pas les atteintes, ce qui l’a fait appeler acauste par quelques auteurs. Il y en a une douzaine d’espèces. Rien de plus difficile que de distinguer parfaitement ces pierres, tant l’art y a d'occasions de fraude, à l’aide de feuilles que l’on applique à leur surface ( inférieure sans douté), et à travers lesquelles passent leurs feux. On dit que les Ethiopiens les font luire en les tenant quatorze jours dans du vinaigre, et qu’ensuite leur éclat subsiste pendant quatorze mois.

Pline.

148. — Le propre de l’escarboucle est d’exciter l’esprit et de le rendre ioyeulx, car les couleurs délectent les esprits. Et son vtilité est cachée, quand elle est vicieuse ou petite, ou que celuy qui la porte est inconstant comme un enfant, ou qu’il est vehéde grand soing, comme les princes et les sages.

Cardan.

149 — Il y a trois espèces d’escarboucles. La plus excellente est appelée en grec Pyrope, c’est-à-dire face ou couleur de feu ; qui a ceste vertu du soleil, de reluyre en ténèbres, et d’être propre contre le venin.

On a veü de nostre temps un roy d’Inde avoir des

ESCARBOUOLE

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escarboucles de cette qualité, mais de telle beauté et grandeur, qu’on le voyait reluyre en lieu ténébreux^ non autrement que s’il eust esté environné des rayons du Soleil. Ceste escarboucle persévère dans le feu iusques a cinq iours, sans fascherie ny offense quelconque ; ainsy fait le grenat ou le rubis.

La seconde espèce d’escarboucle luvt aussy en ténèbres, mais l’eau espanduë dessus, et quand elle est mise en un vaisseau noir-luysant.

Le troisième espèce est plus vile, dont la clarté est seulement veuëen autre lumière.

Le propre de l’escarboucle est d’esueiller et resiouyr l’esprit, car les couleurs delectent les esprits. Mais sa vertu (bien utile) est grandement empêchée quand elle est vicieuse, ou petite, ou que son porteur est bizarre ou inconstant, comme un enfant, ou qu’il est rongé de tropd’ennuy.

Jean de la Taille.

1 50. — Elle ne manque pas de vertus, quand ce ne serait que d’arrester les defluxions des yeux, que luy attribué Phœbus ; et qu’Elian, au livre huictiesme de. l’histoire des animaux, en a voulu dire bien d’autres, par cette seulle histoire qu’il rapporte d’une cigongue qui laissa tomber dans le sein d’une

GALACIIIDE

femme nommée Heraclée une Escarboucle, pour reconnaissance de ce que cette femme, par auparavant, l’auuit guérie d’une cuisse rompue.

Robert de Berquen.

Voyez Rubis, grenat.

151. — Eumèce. — L’eumèce naît à Bactres et ressemble au silex ; placée sous le chevet, elle procure des rêves que l’on peut considérer comme des oracles.

Pline.

— Galachide, ou Galactite,ou Garaehide.

— La galachide vient du Nil ; sa couleur est celle du lait. On l’appelle encore leucogée, leucographias, synophite. Pilée, elle a l’aspect et le goût laiteux. Elle donne aux nourrices beaucoup de lait ; attachée au cou des enfants, elle produit chez eux beaucoup de salive ; tenue dans la bouche, elle se fond. On dit qu’elle fait perdre la mémoire. On en tire aussi du fleuve Achélaiis. L’émeraude aux veines blanches porte chez certains auteurs le nom de galactite.

Pline.

GALACHIPE

153. — La Galachide est une sorte de pierre noirâtre ; elle garantit des mouches et des insectes : mise dans la bouche, elle fait découvrir les secrets des autres.

Porta.

154. — Cette pierre est pleine d’un lait divlü comme la gorge d’une jeune fille qui a conçu pour la première fois, ou comme la mamelle d’une vache féconde. Les anciens l’ont appelée diamant royal , parce qu’elle fléchit l’esprit des dieux, de telle sorte qu’honorés par des sacrifices, ils veillent bien avoir pitié des mortels. Ils l’ont aussi appelée Léthée, parce que toujours elle a fait oublier aux mortels et aux immortels les maux qu’ils ont soufferts ; parce qu’elle adoucit l’esprit et qu’elle fait concevoir des pensées agréables. D’autres ont pensé qu’il était préférable d’appeler cette pierre Galactite, parce qüe, si orl la brise, il coule de l’intérieur une moelle blanche parfaitement semblable à du lait.

Quand tu verras les mamelles de tes brebis diminuées et pendantes, que feras-tu ? Quand tes boucs, pour lesquels tu as souvent adressé des prières aux dieux afin qu’ils échappassent aux bêtes féroces, seront devant toi tristes et abattus, et qüe, maigris, ils

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GASIDANE

pousseront dans l’étable un long gémissement : alors fais laver les mères qui sont malades dans les gouffres des noires fontaines ; puis tu les purgeras, les unes après les autres, et, mêlant de la poudre de galactite avec de la saumure, tu passeras à travers tout le troupeau de chèvres, et tu verseras de ce mélange sur le dos touffu et fertile de chacune d’elles.

Aussitôt elles deviendront toutes plus fortes et plus joyeuses et elles donneront un lait abondant à leurs jeunes nourrissons. Ceux-ci, rassasiés à ces fécondes mamelles, sauteront de bonheur sous les ventres de leurs mères.

Offre aussi à la jeune mère une douce boisson où sera mêlée la galactite, afin qu’elle reporte à son berceau son jeune enfant nourri des trésors de son sein. Si la nourrice pend une de ces pierres au cou de son jeune élève, elle éloignera de lui la terrible Mégère. Les rois vénérables et les nombreuses nations vous honorent de même, si vous portez cette pierse dans votre main.

Orphée, Les pierres.

155. — Gasidane. — La gasidane se trouve en Médie, elle a la couleur de l’orobe, et est comme semée de fleurs. Arbelles aussi en fournit. On dit que

GORGONIE

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