Péridot. — Voyez Crysolithe
234. — Périthe. — C’est une pierre jaune qui a la propriété particulière de guérir la goutte.
J. B. Porta.
235. — Cette pierre jouissait de la vertu de guérir la goutte, et de brûler la main quand on la serrait trop fortement.
Collin de Plancy.
336. — Perle ou Marguerite. — Que sont des tables somptueuses, comparées à la pourpre, aux coquillages et aux perles ? Ce n’était pas assez que la mer assouvît notre voracité ; il fallait encore que les fem-
PERLE OU MARGUERITE
mes, et même les hommes, chargeassent de ses dépouilles leurs mains, leurs oreilles, leur tête, tout leur corps.
Les perles tiennent donc le premier rang parmi les choses précieuses. Elles viennent principalement de l’Océan Indien. C’est en passant au milieu de cette multitude d’animaux monstrueux dont j’ai déjà parlé, c’est en bravant les feux d’un soleil brûlant qu’on les apporte chez nous.
La coquille où se forment les perles diffère peu des écailles d’huîtres. On dit que, stimulées par l’influence de la saison nouvelle, les coquilles s’ouvrent par une sorte de bâillement, et se remplissent d’une rosce féconde : les perles sont le fruit que bientôt elles mettent au jour : elles diffèrent suivant la qualité de cette rosée.Pure, elle produit des perles très blanches ; trouble, les perles sont d’une couleur sale. Elles sont pâles, lorsqu’elles ont été conçues sous un ciel orageux, car elles tirent leur origine du ciel, et tiennent plus de lui que de la mer. De là vient qu’elles sont claires ou obscures, suivant l’état matinal du ciel.
Les femmes se font une gloire d’en suspendre à leurs doigts, d’en attacher deux et même trois à chacune de leurs oreilles. Nos mœurs corrompues ont des noms
PERLE OU MARGUERITE
pour ces vanités ridicules ; on nomme cette parure crotalia (grelots), comme si les femmes cherchaient encore une puissance dans ce bruit et ce cliquetis de perles. Déjà les moins riches affectent de porter ces fastueux ornements : « Pour annoncer notre présence, disent-elles, nos perles sont nos licteurs. » — Bien plus, elles en portent à leurs pieds; elles en garnissent non seulement les cordons de leur chaussure, mais leur chaussure tout entière ; car aujourd’hui ce n’est plus assez de porter sur soi ces objets précieux : il faut qu’on les foules aux pieds, — qu’on marche sur des perles !
Les perles ne se brisent jamais en tombant, ce qui démontre leur solidité.
Pline, livre IX.
237. — Les perles sont très utiles contre les obscurcissements de la vue et les taies. On les fait entrer dans les préparations antihémorrhagiques. Elles détergent convenablement les dents.
Ibn-Massa, médecin arabe.
238. — La perle tient le milieu entre le chaud et le froid, le sec et l'humide. Les perles sont utiles contre la palpitation du cœur, les craintes, les frayeurs,
PERLE OU MARGUERITE l39
les angoises causées par l’atrabile, et cette propriété vient de ce qu’elles purifient le sang épaissi dans le cœur. Elles tarissent les humeurs qui se trouvent dans l’œil par suite de la rétraction de ses nerfs. Aristote prétend que si l'on parvient à dissoudre des perles, grandes ou petites, de manière à obtenir un liquide limpide comme du verre, et que l’on en frictionne les parties blanches du corps affecté de la lèpre, on fait disparaître ces taches dès la première friction. De plus, si quelqu’un est pris de céphalalgie par suite de tuméfaction des nerfs de l’œil, et qu’il s’injecte de ce liquide dans le nez, il sera promptement guéri.
D’après quelques-uns de nos savants, voici la manière de dissoudre les perles : on les triture ; on verse dessus du suc acide de citron ; on le met dans un vase, et on les recouvre de pulpe de citron ; puis on met ce vase dans un autre contenant du vinaigre, et l’on enterre le tout, pendant quatorze jours, dans du fumier frais. Alors elles se dissolvent.
Ishâk-ibn-Amran, médecin arabe.
23©. — La marguerite, qui doibt estre fort blanche et ronde, est bien l’une des plus exquizes pierres de toutes, qui consiste de quelques écailles rondes.
PERLE OU MARGUERITE
Les plus nobles marguerites sont engendrées des rondes Coquilles de poissons, et non par la rosée du Ciel, comme plusieurs pensent. Les plus grandes sont rares, mais elles le sont encore davantage quand, avec la grandeur, on les congnoist sans vice.
Elles sont de substance tant subtile, qu’elles ont ceste vertu par Iuppiter ou la Lune de purger le sang triste.
Jean de la Taille.
240. — Les perles fortifient le cœur et les esprits vitaux, résistent aux venins, à la corruption et à la syncope ; elles corrigent le lait des femmes et le font venir.
L’Anonyme.
241. — Les particularilez de la perle sont : que, réduite en poudre, elle fond et réduit l’humeur catharreuse ; liquéfiée et réduite en potion, elle dissipe toutes leshumeurs cacochimes, purge lesmélancholiques, remédie sur le champ à la pasmoison, aux fleures et aux maux de tête ; et mesmes les Onirocritiques, ou interprètes des songes, en tirent des coniectures qui ont assez de crédit, par superstition ou autrement,
Robert de Berquen.