‹ Les pierres magiquesChapitre 8 sur 59 · L’aétite est une petite géode à noyau intérieur · texte numérisé non relu

L’aétite est une petite géode à noyau intérieur

(i) Collin de Plancy, Dictionnaire infernal. Paris, i8s5, 4 vol. in-12.

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qui remue. Elle fut nommée guerre de l'aigle , parce que l’aigle femelle l’emportait dans son nid pour faciliter l’éclosion de ses œufs; elle devint X^gierred' accouchement qui a traversé tous les âges et qu’on retrouve même en Chine, mais tous le nom d’ hirondelle de pierre (i). — Voyez Pierre de l’Aigle.

F. de Mély.

6. — Agate. — Si tu portes dans la main un fragment de cette pierre, sur laquelle sont peints des arbres, le cœur des dieux sera ravi. Il en est, en effet, dans lesquelles tu verras des arbres, comme dans un jardin en fleurs planté de nombreux arbustes. Aussi les hommes ont-ils donné à cette pierre le nom à' agate arborescente , parce que, dans une partie, elle est semblable à l'agate, et dans une autre partie, au contraire, elle reproduit fidèlement une forêt verdoyante et épaisse.

Lorsque les bœufs sillonnent péniblement la terre, si tu mets une agate entre leurs deux cornes, ou autour des reins d’un vigoureux laboureur qui défriche ton champ, alors, du haut des deux, Cérès, couron-

(3) F. de Mély. Grande Encyclopédie, tom. XXVI, p. 882.

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née d’épis, versera dans les sillons les dons fertiles qu’elle porte dans son sein.

Si tu as une fièvre qui, de deux jours l’un, vienne te brûler et te tourmenter ; ou que, te saisissant le quatrième jour, elle te menace d’un sort fâcheux et ne veuille pas te quitter, n’aie pas peur cependant de descendre aux enfers : tu te guériras avec l’agate. Aucun remède, en effet, n’est meilleur que celui-là. Mais je vais t’indiquer un signe pour reconnaître la force de la pierre: situ la jettes dans des chairs cuites et qu’elle y séjourne un instant, ces chairs seront de suite dissoutes.

L’agate rend agréable aux femmes un homme qu’elles n’aimaient pas tout d’abord.

Orphée, Poème des Pierres,

H . — L’agate a nombre de variétés et de surnoms ; ainsi on distingue la jaspagate, la céragate, la sardagate, Vhémagate , la leucagate, la dendragate, où se voit un petit arbre ; Yantagate, qui, au feu, exhale une odeur de myrrhe ; la coralloagate,qui a les points d’or du saphir, et qu’on trouve en grande quantité dans la Crète, où elle a l’épithète de sacrée.

On la croit utile contre les morsures d’araignées et

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de scorpions, ce que je croirais surtout des agates siciliennes; car, dès que leur odeur commence à se répandre, le venin du scorpion est sans force. Celles de l’Inde possèdent la même vertu, et bien d’autres encore. On trouve tracés sur elles des rivières, des bois, des bêtes de somme, des chariots et des harnais. Pyrrhus, dit-on, était possesseur d’une agate dont les veines représentaient naturellement, et sans que l’art y eût contribué, Apollon tenant sa lyre à la main, les neuf Muses, et jusqu’aux attributs affectés à chacune de ces déesses.

En Egypte, les agates ne sont point veinées de blanc et de rouge, mais elles guérissent la morsure du scorpion ; il en est de même des agates de Cypre.

Les magiciens font d’autres distinctions ; celles qui ressemblent aux peaux de lions, disent-ils, sont bonnes contre les scorpions.

En Perse, on détourne les tempêtes, et même la foudre, avec des fumigations d’agate; on est certain que la pierre produit cet effet quand, jetée dans une chaudière pleine d’eau bouillante, elle la refroidit.

Pour que ces agates soient de quelque utilité, il faut cependant les attacher à des crins de lion. Quant à celles qui offrent l’aspect de la peau d’hyène, les magi-

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ciens les ont en horreur, et affirment qu’elles répandent l’esprit de discorde dans les maisons.

Celles qui n’ont qu’une couleur rendent les athlètes invincibles. On les éprouve en les faisant bouillir deux heures avec des matières colorantes, dans une chaudière pleine d’huile : le mélange prend, en définitive, une seule couleur, celle du minium.

Pline, Histoire naturelle.

8. — Si tu veux tous périls éviter, et vaincre toutes choses terriennes, avoir force de cœur, prends l’Agathe qui est noire, ayant veines blanches, et une autre sorte de cette pierre semblant à couleur blanche, et naist en l’isle de Crète, et a les veines noires. Celle-là fait vaincre tous périls, et confère aux forces du cueur, fait l’homme puissant, plaisant et joyeux, et ayde contre choses contraires (i).

Albert-le-Grand.

9. L’agate fortifie le cœur, préserve de la peste et guérit les morsures des bêtes venimeuses.

J. B. Porta.

fl) Albkrt-le-Grand ; Vertus des herbes, plantes et animaux, lequel traite de la vertu des herbes et pierres précieuses, et pareillement des bestes et oyseaux, Troyes, sans date, in-i2.

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ÎO. — L’agate est d’espèce et couleur si diuerse, qu’on ne peut croire qu’elle soit une seule pierre. On en voit de blanches, de rouges, de jaunes, de cendrées, de verdes, d’azurées, et de plusieurs couleurs ensemble.

Pline et plusieurs autres disent que pour la seigneurie que Mercure a sur elle, elle ayde à la veuë de cestuy qui la porte, le faict bien parler et librement, estant propre contre tout venin. Elle a aussi ceste propriété d’vne image céleste (dicte de la Petite Chienne), de rendre celuy qui la porte aimable (1).

Jean de la Taille de Bondaroy.

1 f . — Les propriétés de l’agate sont : qu’elle préserve contre les morsures des bestes venimeuses, et particulièrement contre celles du scorpion ; qu’elle désaltère un fébricitant dans la plus grande ardeur de son accès, s’il la tient dans sa bouche; qu’elle cause une abondance de toutes sortes de biens à celuy qui la porte ; qu’elle appaise les douleurs ; faict passer les

(1) Jean de la Taille de Bondaroy, gentilhomme de Beauce; La Gbomance abrégée pour sçavoir les choses passées, présentes et futures ; ênsemble le Blason des pierres précieuses, contenant leurs vertus et propriétés. Paris, 1574, in-8- carré.

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fièvres tierces et quartes, et liquéfie les os si on les met ensemble dans l’eau bouillante; qu’allé conserve la chasteté, et, estant pendue au col, en sorte qu’elle soit sur la poitrine, qu’elle reprime les chaleurs amoureuses.

Les Persans ont opinion que son parfum détourne les tempestes et les foudres, et pareillement l’impetuosité des torrens ; et, qu’estant d’vne seule couleur, elle rend invincible celuy qui l’a sur soy (i).

Robert de Berquen.

12. — Plusieurs ont escrit que les agates estoient bonnes contre les morsures des serpens et des scorpions ; on dit que l’aigle, pour deffendre ses petis des oyseaux venimeux, met vne agate sur son nid, lorsqu’elle va à la chasse (2).

L’Anonyme.

13. — Agate arborescente. — Se nomme aussi Dendrite ; C’est une pierre essentiellement magique

(1) Robert de Berquen ; Les Merveilles des Indes orientales. Paris, 1 65g, in-8.

(2) Dénombrement, faculté^ et origines des pierres précieuses, par M. L. M. D. S. D. Paris, 1667, in-18. — Toutes les fois que j’aurai à citer cet auteur inconnu, je le désignerais par l’indication i L’Anonymé.

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qui aide à abattre les arbres, à ouvrir les portes et à briser les chaînes (1).

Hermès Trismégiste.

14. — Aigue marine. — L’aigue marine, ou béryl, soulage l’épilepsie et la néphrite. Il rend heureux et riche celui qui le porte.

Hermès Trismégiste.

15. — Pour vaincre tes ennemis et fuir les noises, prens vne pierre nommée Béryl ou aigue marine, qui est de la pasle couleur, de très apparente lumière comme l’eau ; porte la avec toy, et tu vaincras toutes choses contraires. Elle fait l’homme bien morigéné, puissant en mœurs, comme dit Aaron, et donne bon entendement des choses subtiles.

Albert-le-Grand.

16. — A l’esgard de l’aigue-marine, on ne luy attribue aucune autre singularité que ie sache, excepté

(1) Hermès Trismégiste, Les livre des Cyranides. — Cet au teur est d’origine à peu près fabuleuse ; les fragments qui nous restent de lui, ou du moins qui ont paru sous son nom, sont disséminés dans les ouvrages de plusieurs écrivains des premiers siècles et du moyen-âge.

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qu’elle rend la nauigation heureuse a celuy qui l’a sur soy, dès qu’il s’embarque ou quand il revient au port, pour grand et périlleux que soit son voïage.

R. de Berguen.

— Le béryl, ou aigue marine, estant porté sur soy, divertit les embusches de nos ennemis. La poudre du béryl est bonne pour le mal des yeux.

l’Anonyme.

18. — Aimant. — Yeux-tu connaître si ta femme est Adèle, si elle te conserve ton lit et ta maison chastes de tout homme ? Prends cette pierre d’aimant, et déposela en cachette sous ta couche ; puis, comme occupé d’autre chose, chante, pendant ce temps-là, une joyeuse chanson. Elle, s’abandonnant à un doux sommeil, étendra sa main en désirant t’embrasser. Mais si Vénus la tourmente de désirs illicites, elle tombera à terre du haut du lit. — Voyez le § 134, deuxième alinéa.

Que deux frères portent de la pierre d’aimant avec eux, s’ils veulent éviter les disputes et les haines.

Cette pierre t’inspirera encore, si tu veux parler au peuple assemblé, les discours les plus doux et les plus

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agréables; et tu porteras dans le sein de tes auditeurs la charmante persuasion.

Orphée, Les Pierres.

19. — L’architecte Dinocharès avait entrepris de faire la voûte du temple d’Arsinoë, à Alexandrie, en pierre d’aimant, afin que la statue en fer de cette princesse parût y être suspendue en l’air. La mort de l’architecte et du roi Plolémée, qui avait ordonné le mo nument en l’honneur de sa sœur, empêcha ce projet d’être exécuté (i).

Qu’y a-t-il de plus inerte qu’une pierre brute?

Mais voilà que la nature lui accorde le sentiment et des mains. Quoi de plus dur et de plus rebelle que le fer ? Mais voilà qu’il cède et se laisse gouverner. En effet, il est attiré par la pierre aimant; ce métal, qui dompte toute chose, se précipite vers ce je ne sais quoi d’occulte ; dès qu’il est voisin de l’aimant, il s’y jette, il y est retenu, et il l’embrasse étroitement, propriété qui a fait donner àl’aimant l’autre nom de SideritisiL). Quelques-uns le nomment Héracléon. Il a été appelé magnés , au dire de Nicandre, du nom de celui qui l’a

(1) Plinï, Histoire Naturelle, livre xxxiv, ch. xlii

(2) ElSïipoi;, fer.

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découvert, et qui l’a trouvé sur le mont Ida. Ce Magnés fit, dit-on, cette découverte en menant paître ses bœufs, les clous de ses souliers et le bout ferré de sa houlette étant devenus adhérents.

Sotacus reconnaît cinq espèces d’aimants

Au reste, toutes les pierres d’aimant entrent dans les compositions ophthalmiques pour une dose particulière à chacun. Ils arrêtent surtout les fluxions des yeux. Calcinés et pulvérisés, ils guérissent les brûlures.

Dans l’Ethiopie est aussi une montagne, non loin de Zimiri, où l’on trouve la pierre ihéamède ; cette pierrerejette et repousse toute espèce de fer (i).

Pline.

S©. — O vous, dont l’esprit inquiet, interrogeant le monde, sonde les secrets de la nature, qui cherchez quelle cause obscurcit la lune et fait pâlir le soleil; d’où viennent les comètes à la sanglante chevelure ; de quel antre s’échappent les vents; quelle puissance ébranle les fondements de la terre, et, déchirant la vue, en fait jaillir l’éclair et fait gronder la foudre: quelle lumière colore l’arc d’iris : moi aussi, je cherche à (i) Punk, Histoire Naturelle, livre xxxv, ch. xxv.

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résoudre ces grands problèmes ; et si votre esprit peut entrevoir la vérité, éclairez mes doutes.

11 est une pierre, sans couleurs, pâle et dédaignée. L'A imant est son nom. Elle ne pare point la chevelure des Césars, ni le cou éblouissant de la jeune vierge ; elle ne rattache pas d’une agrafe brillante la ceinture du guerrier ; mais si vous considérez les prodiges inconnus de cette pierre grisâtre, elle aura plus de prix à vos yeux que ces belles parures, que les richesses recueillies par l’Indien sur les grèves rougeâtres de l’Océan oriental.

C’est au fer qu’elle doit la vie ; c’est de lui qu’elle se nourrit ; c’est là son aliment, c’est là sa pâture. Elle répare ainsi ses forces épuisées ; et, circulant dans tous ses membres, cet aliment ranime en elle, par sa présence, une vigueur secrète. Loin du fer, l’aimant périt ; toutes ses parties affaiblies succombent sous la faim ; la soif dessèche et entr’ouvre ses veines.

Mars, dont la lance sanglante ébranle les villes, et Vénus, qui change en doux loisirs les soucis des humains, habitent en commun le sanctuaire d’un temple d’or. Chacune de ces divinités a son image particulière : Mars est représenté sous la forme d’un fer brillant; une pierre d’aimant offre les traits de Vénus. Le

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prêtre, selon l’usage, célèbre leur union. Les flambeaux guident les danses; le seuil est, pour cette fête, jonché de feuilles de roses, et la pourpre nuptiale voile la couche des deux amants.

Alors s’opère un prodige inouï.

Vénus, d’elle-même, entraîne son amant sur son sein, et, rappelant la scène dont les dieux furent témoins, elle enchaîne par sa voluptueuse attraction les membres de Mars ; elle le tient suspendu dans les airs ; ses mains pressent le casque du dieu qu’elle enlace tout entier dans ses bras frémissants. Mais lui, provoqué par l’action de ce souffle puissant, il s’attache par d’invisibles noeuds à cette pierre qui l’attire. La Nature préside à leur hymen ; une alliance indissolu' ble enchaîne le fer à l’aimant, et les deux divinités s’unissent encore par de nouveaux larcins.

Quelle chaleur secrète anime ces deux substances d’une même sympathie ? Quel penchant entraîne ainsi ces corps insensibles? L’aimant brûle et semble respirer ; l’amour lui révèle l’existence d’un métal chéri, et le fer lui-même se plie à ses douces étreintes.

C’est ainsi que Vénus, d’un seul regard, airête et calme le dieu des combats, lorqu’il se précipite altéré d sang, et que le glaive qu’il brandit anime sa colère.

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Seule, elle se présente à ses farouches coursiers ; elle apaise le courroux dont son cœur est gonflé, et calme son sang par une douce flamme. La paix est rendue à son esprit ; il dit adieu aux combats meurtriers, et pour presser la déesse dans ses bras, il incline son aigrette étincelante.

Amour ! cruel enfant qu’elle est donc ta puissance ? Tu triomphes delà foudre ; tu forces le maître des dieux à quitter 1 Olympe pour aller mugir au milieu des flots ; tu animes des roches glacées, des corps insensibles ; et voilà que tes feux consument les rochers et les pierres que tu frappes de tes traits ; le fer obéit à tes charmes, et ta flamme amollit le sein glacé du marbre (1).

Claudien.

21. — Que la science humaine, disposant de la création de Dieu, opère dans les sciences mécaniques ces admirables merveilles (certains miracles, ou faits passant pour des miracles), il n’y a là rien de surprenant. Ainsi ; dans un temple revêtu, du sol à la

(1) Claudien, Idylle V, sur l'aimant. — Jean de la Taille de Bondaroya traduit cette Idylle en vers français ; elle se trouve dans l’ouvrage déjà cité.

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voûte, de pierres d’aimant adaptées aux proportions de l’édifice, cette statue de fer suspendue entre ce double magnétisme, l’ignorance de l’action transmise en haut et en bas, faisait attribuer ce phénomène à la puissance de la divinité (i).

Saint Augustin.

SS . — Anthillis d’Amide rapporte, d’après plusieurs personnes, que si l’on tient la pierre d’aimant dans la main, elle guérit les douleurs des mains et des pieds et qu’elle est utile contre le tétanos (2).

El-Basry, médecin arabe.

S3. — Situ veux sçavoir si ta femme est chaste, prends la pierre nommée Magnes , qui est couleur de fer, et mets-la sous sa teste ; et si elle est chaste, elle embrassera son mary, ou sinon, elle cherra du lict.

Si cette pierre est mise sur les charbons ès quatre coings de la maison, tous les dormans s’enfuyront et laisseront la maison.

Albert-le-Grand.

(1) S. Augustin, Cité de Dieu, livre XXI, ch. VI.

(a) Tous les médecins arabes cités dans l’ouvrage ont vécu du VU au XIV1 siècle. Nous avons pris ces extraits dans l’ouvrage considérable du savant Ibn-el Beithar : le Traité des simples.

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24. — Il se trouve deux ou trois espèces d’Aymant. L’vn est obscur, noir, et de couleur de fer ; l’autre est blanc ; vn autre est plutost couleur de Buys que blanc. L’Aymant donc, ou la Calamite, qui est de couleur.de substance et de poix semblable au fer (encore qu’il soit de taint vil), a d’excellentes vertus et propriétez.

... Je sçay que la force et vertu de l’Aymant luy est infusée de l’ymage céleste nommée Ourse mineur, qui contient vingt-sept estoilles.

Jean de la Taille.

35. — •'* On a dit qu’on avait suspendu en l’air, par le moyen de l’aimant, des statues de fer fort pesantes. C’est ce qu’on lit dans le poète Ausone, qui rapporte que Dinocharès (ou Dinocratès, fameux architecte), vint à bout d’en faire tenir une en l’air au milieu d’un temple d’Egypte. St Augustin dit aussi qu’on voyait, en un certain temple, en l’air, une statue de ter également éloignée de la voûte et du pavé, parce que la pierre d’aimant qui attirait par dessus et celle qui attirait par dessous étaient de même force.

Ausone et S. Augustin ont pris pour un fait réel ce qui n’avait été que projeté. Un roi d’Egypte, Ptolémée Philadelphe, d’après Pline, voulut faire suspendre en

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l’air la statue de sa femme Arsinoë, qui était aussi sa sœur. Dinocharès entreprit de bâtir une voûte d’aimant qui pût produire cet admirable effet ; mais PtoJémée et l’architecte moururent avant l’exécution de leur dessein.

On a dit qu’on avait suspendu en l’air une statue de Mercure et une autre de Cupidon. Ce sont des contes, aussi bien que la prétendue suspension du tombeau de Mahomet, rapportée par un grand nombre d’auteurs chrétiens qui ont été aisément trompés à ce sujet, parce qu’il n’est pas permis à un chrétien d’approcher de ce tombeau plus près que de dix lieues, et qu’ils n’ont pu, par conséquent, reconnaître par euxmêmes ce qui en était.

Il est constant que le cercueil de Mahomet n’est pas de fer, ni soutenu en l’air par le moyen de l’aimant : mais qu’il est en bien bonnes pierres de taille et posé sur le sol, d’où on ne l’a jamais remué. Thévenot en parle dans son Voyage du Levant : « De la « Mecque, dit-il, on va à Médine, où est le sépulcre « de Mahomet. Mais la grande dévotion esta la Kas- « bah, c’est-à-dire au temple de la Mecque. Cependant « plusieurs croient, en chrétienté, qu’ils n’entrepren- « nent ce voyage que pour voir le tombeau de Maho-

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« met, en quoi ils se trompent, car même plusieurs n’y « vont. Je ne sais encore d’où est venue cette fable. qui « s’est si bien insinuée dans les esprits, que le tombeau « de Mahomet est dans une chambre dont les muraille les sont toutes recouvertes de pierres d’aimant ; que « ce cercueil est de fer ; et qu’il reste en l’air par la « vertu de l’aimant, qui l’attire de tous les côtés ; « car non-seulement cela n’est pas, mais encore ne « fut jamais, et lorsque j’en ai parlé à des Turcs, je « les ai fait bien rire. Seulement, ce cercueil est tout « entouré de grilles de fer. »

L’auteur d’un Traité sur l’Aimant, imprimé à Amsterdam en 1687, croit que ce qui a donné lieu à cette fable c’est que. dans la même mosquée de Médine se trouve un gros aimant attaché à l’un des côtés de la muraille, duquel pend un croissant d’argent qui tient par une petite chaîne d’acier.

En vain objectera-t-on que le P. Labéus, jésuite, vint à bout de suspendre en l’air une aiguille. 11 lui fallut pour cela un peu de temps et beaucoup d’adresse, et l’effet dura peu. Quel temps et quelle industrie faudrait- il donc pour suspendre une statue ou un tombeau ! Et, quand on en viendrait à bout, comment prolonger un effet que la moindre agitation de l’air,

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le moindre changement dans l’aimant ou dans la chose suspendue, la moindre variation dans la température, feraient immédiatement cesser ?

Cette prétendue possibilité de suspension est donc chimérique. On doit penser de même sur ce qu’ont dit certains auteurs que, par le moyen de deux aimants, despersonnesfortéloignéespourraientse communiquer leurs pensées. Il suffirait, disent-ils, que ces personnes eussent chacune une boussole sur laquelle les vingtquatre lettres de l’alphabet fussent écrites ; car en tournant l’aiguille d’une de ce ces boussoles vers une des lettres écrite sur son bord ; l’aiguille de l’autre boussole se tournera vers la lettre semblable.

Comment a-t-on pu avancer de pareilles rêveries ? N:est-il pas aisé de reconnaître que la sphère d’activité d’un aimant est fort petite, et qu’un aimant, si gros soit-il, ne saurait agir sur un autre aimant éloigné de deux toiser, bien loin qu’une aiguille aimantée puisse agir sur une autre aiguille semblable qui se trouverait à plusieurs lieues de distance ?

Comme la pierre d’aimant était autrefois assez rare on en racontait bien des choses qui n’étaient pas vé ritables. Chacun ajoutait insensiblement quelque particularité à ce qu’il entendait raconter, et c’est ce qui

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a donné naissance à cent contes absurdes, inventés par les anciens auteurs et copiés par les modernes.

Ils ontdit, parexemple, que la pierre d’aimant cesse d'attirer le fer, lorsqu’elle est auprès d’un diamant ou d’une gousse d’ail. Une seule expérience qui me convainquit pourrait les détromper,comme elleva détrompé Porta, Aldrovandi, Scott et d’autres qui, après avoir mis de l’ail et des diamants auprès d’une pierre d’aimant, sesontrécriés surla hardiessede ceux quiavaient osé les premiers, publier que l’aimant perd sa force dans ces sortes de circonstances. Bacon admire qu’on n’ait pas fait réflexion que les pilotes des vaisseaux sont grands mangeurs d’ail et que la boussole, qu’ils ne quittent point, ne perd par pour cela sa vertu (i).

Le P. Lebrun.

2©. — Alabastrite. — L’alabastrite vient d’Alabastre, en Egypte, et de Damas, en Syrie. Sa surface est blanche, mais coupée de diverses couleurs. Brûlée avec du sel fossile et pilée, elle diminue les maux de tête et de dents.

Pline.

•/ (i) Le R. P. Pierre Lebrun, Histoire critique des pratiques superstitieuses. Paris, 1732, 3 vol. in-12,

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