COLOMBI-GALLINE A FRONT GRIS
Columba Fronlalis. Mi/ii.
U ne autre espèce de Colombi-Galliîie , que nous présumons former une espèce nouvelle, semble propre au climat du nouveau continent. Sa longueur totale est de neuf pouces et demie. Le front est d’un beau gris, se nuançant dans quelques individus en teintes plus ou moins bleues; ledos, les ailes et les couvertures supérieures de la queue sont de couleur olive foncée à légers reflets pourprés ; les grandes pennes des ailes sont d’un gris noirâtre en dehors, rousses en dedans depuis leur origine jusqu’aux trois quarts de leur longueur-, la dernière rémige est la plus courte de toutes, ses barbes intérieures sont tronquées , ce qui fait que l'extrémité de cette penne se termine en pointe; la queue est d'un brun-olivâtre, mais les trois pennes latérales de chaque côté sont terminées de blanc ; la gorge est d’un roux clair ; la poitrine et le ventre sont de couleur vineuse ; l’abdomen et les couvertures inférieures de la queue sont blancs ; le bec est noir et les pieds sont rouges.
Le mâle se distingue par un espace de couleur vineuse à légers reflets pourprés qui se dessine sur la partie supérieure du dos ; les femelles n’ont pas de ces teintes brillantes , en général les couleurs de celles-ci sont plus ternes, et l’espace blanc qui ceint le front n’est pas aussi considérable.
Cette espèce se trouve à la Guiane française. Deux individus, l'un mâle, l’autre femelle , sont déposés dans les galeries du Muséum de Paris. Je possède deux individus semblables dans mon cabinet.
DES COLOMBI-GALLÏNES.
COLOMBI-GALLINE A BARBILLON.
Pl. XL
Coluraba Carunculata. Mihi.
Le Golo ni bi-Galline . Le, Paill. Ois. d'slfr. v. 6 , pl. 278.
Le Vaillant nous fait connoitre, dans son Ornithologie d’Afrique, une nouvelle espèce de Colombi-Galline, qui doit attirer particulièrement l’attention du naturaliste, en ce que les mœurs de cet oiseau nous offrent des dissemblances remarquables avec la manière de vivre de la plus grande partie des Pigeons connus. Nous avons déjà fait remarquer ailleurs que la division de la famille des Pigeons -Gallines n’est point basée sur des caractères propres à toutes les espèces qui la composent, mais que c’est une division dans laquelle nous réunissons tous les Pigeons, qui, par leur forme extérieure aussi-bien que par leurs mœurs, ont quelque analogie avec les divers genres de Gallinacés : car si on s’en tenoit à la règle stricte de 11’admettre parmi les Colombi-Gallines que telle espèce qui auroit pour caractères une queue courte et étagée comme les Perdrix, les ailes arrondies, ayant la penne extérieure très courte, et la troisième la plus longue de toutes, et le tarse long et lisse, on ne pourroit admettre dans cette division plusieurs Pigeons qui , par l’analogie qu'ils ont avec certaines espèces de Gallinacés, doivent nécessairement y trouver leur place. Nous avons encore des raisons bien décisives pour en agir de la sorte , si des formes extérieures de ces oiseaux nous passons aux mœurs , aux habitudes et à la manière de se nourrir.
L’oiseau qui fait le sujet de cet article est , de tous les Pigeons connus de nos jours, celui qui, par son port ainsi que par ses mœurs, a le plus d’analogie avec les oiseaux gallinacés. Le voyageur cité , qui a observé ses
HISTOIRE
habitudes , Payant décrit de manière à ne laisser rien à désirer , nous transcrirons en entier la partie descriptive de son texte , qui a rapport à la manière de vivre de cet oiseau.
cc Notre Colombi-Galline (dit Le Vaillant) tient des Pigeons proprement « dits, ou des Colombes, par la forme de son bec, qui est absolument le « même que chez ces derniers, et par la nature de ses plumes 5 mais il en cc diffère par le barbillon nu et rouge qui pend sous son bec , par ses cc tarses plus longs que chez les Pigeons, par la forme arrondie de son corps, cc par le port de sa queue courte qu’il tient pendante comme les perdrix cc portent la leur, et enfin par ses ailes arrondies 5 caractères qui, tous, en cc le rapprochant des Gallinacés, placent naturellement cette intéressante cc espèce entre les Colombes et les Gallines , comme pour marquer et ce former le passage entre ces deux genres.
cc Cet oiseau niche à terre , dans un petit enfoncement recouvert de « bûchettes et de quelques brins d herbes sèches , sur lesquelles la femelle cc pond de six à huit œufs d'un blanc-roux , que le mâle et la femelle cc couvent alternativement. Les petits, qui naissent couverts d’un duvet griscc roussâtre , courent au sortir de la coque *, et dès cct instant ils ne cc quittent plus le père et la mère, qui les mènent par-tout en les rapcc pelant sans cesse et les couvrant de leurs ailes pour les réchauffer ou « les préserver de l’ardeur du soleil. Leur première nourriture est des cc nymphes de fourmis, les insectes morts, et les vers que le père et la mère cc montrent aux petits, et qu’ils mangent seuls ; bientôt ils sont en état de les cc trouver eux-mêmes ; devenus plus forts, ils se nourrissent de toutes sortes cc de graines , de baies et d’insectes : et quoiqu’ils aient acquis tout leur cc développement , ils ne se séparent par couple qu’au temps des amours, cc manière d’être qui, à quelques légères nuances près, est la même pour cc tous les oiseaux qui appartiennent au grand ordre des Gallinacés (1). »
Nous avons donné à cette nouvelle espèce le nom de Colombi-Galline à Barbillon , pareeque ce caractère marquant dans cet oiseau sert très bien à le distinguer des autres espèces qui composent cette famille. Il a une plaque de peau nue qui engage son front et le tour de son bec; un mamelon charnu se dirige sur sa gorge en s’étendant vers ses oreilles. Sa taille, est à peu près celle de la Colombe Tourterelle, quoique moins élancée que cette dernière ; sa longueur totale est de dix pouces.
(t) Le Taillant.