‹ Les pigeons (volume 2)Chapitre 36 sur 62 · P,.. XXX · texte numérisé non relu

P,.. XXX

Columba Melanocephala. Lath. Ind. orn. v. 2 , p. 610, sp. 5 g. — Gmel. Syst. 1 , p. 781. — Fors/er , Z00L nul. p. 16 , avec une très bonne figure , t. 7 .

Turvert. Buff. v. 1 , p. 535 . — Sonnini édit, de Buff. v. 7 , p. 290.

Tourterelle de Batavia. Buff. pl. ml. 2 x 4 - Black-Capped Pigeon. Lath. Syn. v. 4 , p. 654 -

Latham a eu raison de ne pas se conformer au sentiment de Buffon, qui réunit le Pigeon de cet article à l’espèce du Turvert, représenté dans notre planche a 6. Il en diffère effectivement sous tous les rapports, ces oiseaux formant deux espèces très distinctes, comme il est facile de s’en assurer en lisant notre description du véritable Turvert, et en confrontant nos deux gravures. M. Forster, dans sa Zoologia Indica , nous donne une très bonne figure du Turgris. Celle de Buffon est passable ; l'individu d’après lequel ce naturaliste a fait exécuter sa planche étoit totalement dégradé ; ce dont il est facile de se convaincre en comparant cette planche avec la nôtre, d’après un individu de la plus grande pureté.

La Colombe Turgris porte huit pouces depuis le bout du bec à l’extrémité de la queue , qui est foi blâment étagée ; les ailes pliées aboutissent vers le milieu de sa longueur-, les pieds ont le tarse à moitié couvert de plumes.

Le Iront et les côtés de la tête sont d’un gris-cendré clair 5 une large raie ou bande noire prend naissance entre l’espace des yeux vers l’occiput, et se dirige sur le derrière du cou, où elle disparoit dans la couleur griscendré qui revêt encore cette partie; sous la gorge est une bande longitudinale d’un beau jaune-paille; la poitrine, le ventre et toutes les parties supérieures de l’oiseau sont d’un beau vert foncé et uniforme; les quatre ou cinq grandes pennes des ailes ont leurs barbes intérieures noirâtres; toute l’aile en dedans est grise ; la queue en-dessous est d’un gris foncé, avec les extrémités de toutes les pennes blanchâtres l'abdomen est d’un jaune

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brillant , et les couvertures inférieures de la queue, qui aboutissent presque à l’extrémité des pennes, sont d’un rouge-cramoisi foncé (1)5 les tarses sont à moitié couverts de plumes vertes: le bec est de couleur de corne; les pieds sont d’un rouge-jaunâtre, et l’iris est d’un brun-rougeâtre.

La Colombe Turgris se trouve à Java , où elle habite les grands bois. On voit ces oiseaux aux environs de Bagncinia-Vangi'ia contrée située dans la partie est de cette de. M. Laischenault a rapporté un bel individu de cette espèce que le Muséum possède maintenant : il n’est pas instruit du nom que les Javans lui donnent.

On voit encore dans les galeries de cet établissement l’individu dégradé par les fumigations qui a servi de modèle à la planche de BufFon.

(1) Lalham se trompe sans doute en avançant que les trois pennes latérales de la queue sont rouges : cet auteur aura peut-être été induit en erreur par rapport à la longueur des couvertures de la queue , dont les plumes latérales sont assez propres à favoriser une pareille méprise.

DES COLOMBES

COLOMBE À MASQUE BLANC, Mâle.

Pl. XXXI.

Columba Larvata. Mihi.

TmirLeie.Dc à Masque blanc. La Vaillant , Hist. nat. des Ois. d’yifr. v. 6, pl. 269.

On poürroit, d’après les habitudes qui tiennent aux mœurs de cette nouvelle espèce, trouver des motifs pour la classer dans notre division des Colombi- Gallines. Le Vaillant, qui découvrit cet oiseau dans la partie méridionale de l’Afrique qu’il a parcourue, nous apprend que ce Pigeon fréquente toujours les grandes forêts, où, se tenant le plus souvent à terre, il est difficile de le découvrir; son nid, peu élevé, est d’ordinaire pratiqué dans quelque buisson. En combinant ces habitudes avec l’extérieur de ce Pigeon, nous lui trouvons aussi quelques caractères analogues aux Colombi-Gallines; il nous a cependant paru qu'à sa taille svelte, au peu de longueur du tarse, à l'étendue des ailes qui aboutissent vers le milieu des pennes caudales, et enfin à la forme allongée et étagée de la queue; il paroissoit aussi que le masque blanc participoit aux caractères distinctifs que nous avons établis pour la famille des Pigeons-Colombes. Il semble donc (et c’est aussi le sentiment de Le Vaillant) que l’espèce dont nous nous occupons est destinée, dans une histoire générale des Pigeons, à former le passage, et lier plus étroitement la famille des Colombes à celle des Pigeons-Perdrix ou Colombi- Gallines.

Ne pouvant mieux faire, pour ce qui concerne la partie descriptive de cette espèce, que de citer le naturaliste à qui la découverte en est due, nous transcrirons en entier son texte : <t Cette Tourterelle d’Afrique (dit Le <c Vaillant), que je n’ai trouvée nulle part ailleurs que dans le pays d’Auticc niquoi, est caractérisée par un masque blanc qui lui enveloppe le front, ce les joues et la gorge, pendant que tout le cou, la poitrine, le manteau, cc ainsi que le croupion, sont d’un brun-roux jouant au pourpre, au vert <t ou au bleu d’acier poli , suivant les incidents de la lumière ; le dessous du

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« corps, ainsi que les couvertures du dessous de la queue, sont d’un roux « uniforme; les pennes des ailes, sur fond noirâtre, sont bordées extérieu- « rement de gris-bleuâtre, ainsi que celles de la queue; le bec est bleuâtre, « les pieds sont d’un rouge-vineux, et les yeux orangés.» La femelle ne diffère du mâle que par ses couleurs moins nettes que celles de ce dernier.

La Tourterelle à masque blanc ne se trouve que dans les grands bois : il est fort difficile de la tuer, parceque, se tenant toujours à terre, on l’aperçoit difficilement à travers le fourré ; lorsqu’on la fait meme partir, on l’entend souvent s’envoler avec grand bruit sans pouvoir la découvrir; car elle ne se perche guère que sur les branches basses des arbres ou dans les buissons , entre les ramifications desquels elle place son nid, qui est plat, et ne contient jamais que deux œufs ; ces derniers sont d’un blanc-fauve.

Mon ami Le Vaillant a eu la bonté de me donner un mâle de cette espèce.

DES COLOMBES

COLOMBE YLOÜVLOÜ.

Pi. XXXII.

Columba Holosericea. Mihi.

L'espece de Pigeon qui fait le sujet de cet article 11e nous paroit pas avoir été connue avant cette époque : nous 11e trouvons dans les ouvrages les plus récents sur l’ornithologie aucune indication que nous puissions rapporter à ce rare oiseau; il semble même jusqu'ici ne pas avoir d'analogue parmi l’ordre nombreux des Pigeons. La coupe singulière de ses ailes et la nature de son plumage l'isolent au milieu des oiseaux de sa classe : ses habitudes si elles nous étoient connues, offriroient peut-être des observations intéressantes; mais nous n'avons malheureusement point de détails à donner sur les mœurs de l'espèce dont nous nous occupons: cette partie, l’une des plus utiles pour l'étude de l'histoire naturelle, nous est souvent interdite par le peu de zèle de ceux qui rassemblent les divers objets d’histoire naturelle dans les pays lointains. Je n’ai jamais omis de la recommander à mes amis demeurant dans les divers cantons de l'Inde. Le succès de toutes mes tentatives pour me procurer des notions exactes sur les mœurs des oiseaux qu’on m’expédie n’a que foiblement couronné mon attente : je dois cependant à l’activité de quelques uns des observations nouvelles insérées dans cet ouvrage, ainsi que dans les deux volumes suivants, qui traitent des Gallinacées.

D’après les formes extérieures du Pigeon que nous nommons Vlouvlou , il paroît que l’espèce doit être rangée dans notre première subdivision ou famille des Colombes : sa longueur, prise du bout du bec à l’extrémité de la queue, est de dix pouces quatre lignes; la queue est carrée, composée de quatorze pennes ; les couvertures, tant inférieures que supérieures, atteignent l’extrémité des grandes pennes ; les ailes sont larges ; leurs grandes pennes ou remiges sont singulièrement conformées; depuis leur origine jusqu’au trois quarts de leur longueur, elles sont courbées en forme de sabre; leur extrémité décrit une parabole en sens inverse, et fait revenir la pointe en dehors; le bout de toutes ces pennes est profondément échancré

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et divisé en deux parties ; le prolongement des barbes intérieures se forme en pointe arrondie , tandis que les barbes extérieures sont terminées en pointe aiguë : nous figurons une de ces plumes dans notre planche. Le bec de ce Pigeon est peu long , et menu; les tarses sont couverts, jusqu’aux doigts, de plumes composées de barbes excessivement déliées et fines. Tout le plumage de l’oiseau est velouté, et principalement celui des ailes, qui imite le plus beau velours changeant.

Ce magnifique Pigeon a tout le plumage supérieur, les ailes, le cou, la poitrine et les flancs d'un vert tendre, changeant aux diverses inflexions de la lumière: delà mandibule inférieure du bec se prolonge, sur une partie du cou, une bande longitudinale, d’un blanc pur; un ceinturon de cette couleur, suivi d’un autre plus large de couleur noire, se dessine sur la poitrine, et se confond avec la teinte jaune- verdâtre du ventre. Sur les ailes sont deux larges bandes d’un gris argentin : elles sont formées par les grandes couvertures, dont les plumes sont vertes aux extrémités, et grises au milieu; les pennes secondaires ont leurs barbes extérieures vertes; les rémiges sont colorées, sur une partie des barbes extérieures, de gris-argentin nuancé de teintes verdâtres $ les barbes intérieures et l'extrémité des pennes sont noires; la queue est du même vert que le corps, mais vers l’extrémité de chaque penne est une zone d’un vert plus foncé $ le dessous de la queue est gris, et les couvertures inférieures sont d’un beau jaune; les plumes qui recouvrent les tarses sont blanches; les pieds sont gris, et le bec noir.

La Colombe Ylouvlou habite les îles de l'Océan-Pacifique; on la trouve dans l’ile de Sandwich.

Nous ne connoissons absolument de l'espèce que le seul individu qui a servi de modèle à la planche qui accompagne cet article : il fait partie de mon cabinet.

DES COLOMBES

COLOMBE POUKIOBOU.

Pl. XXXI.

Columba Superba. Mihi.

Dans les bocages romantiques qui ombragent les parages brûlants des îles du vaste Océan-Pacifique, habite une nouvelle espèce de Pigeon qui, par ses formes extérieures, doit être rangé dans notre division des Colombes j une livrée embellie de couleurs fraîches et vives nous trace en ce magnifique oiseau la séduisante image des beautés de la nature, tandis que ses teintes agréablement nuancées nous font admirer Part magique avec lequel elles ont été distribuées.

Les caractères distinctifs de l’espèce dont nous nous occupons ici sont d’avoir la queue allongée et arrondie, les pennes au nombre de seize, et les ailes aboutissant vers la moitié de la longueur de ces pennes-, les tarses sont couverts de plumes jusque vers la moitié de leur longueur, et la mesure totale de l'oiseau , prise du bout du bec à l’extrémité de la queue , est de neuf pouces et demi. Une calotte d’un violet éclatant couvre la tête; l’occiput et les joues sont d’un vert-pré tendre*, la nuque est colorée de brun-rougeâtre } le manteau , le dos, les grandes et les moyennes couvertures des ailes sont d’un vert brillant nuancé de quelques teintes olivacéesj sur les grandes et sur quelques unes des moyennes couvertures se dessine, vers leur extrémité, une tache ovoïde de couleur bleu-noirâtre 5 le poignet de l’aile porte une espèce d’épaulette d’un bleu légèrement violacé-, les pennes secondaires des ailes sont noires sur leurs barbes intérieures, et d’un vert foncé en dehors ; toutes ces pennes, ainsi que leurs couvertures, se trouvent bordées de jaune : les rémiges sont noirâtres, bordées de jaune-blanchâtre; la queue, qui, comme nous venons de le dire, est composée de seize pennes, est d'un vert-olivacé à son origine, d’un beau vert foncé au centre, et terminée de blanc nuancé de vert } les trois pennes latérales de chaque côté

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sont noires-, les autres ont leurs barbes intérieures de cette couleur; le dessous de la queue est gris, et terminée de blanc. Diverses nuances de gris-cendré et de violet tendre sont répandues sur le devant du cou; l’origine de toutes les plumes de cette partie est colorée de violet, tandis que leur extrémité est grise. Un large croissant d’un bleu foncé ceint la poitrine; le ventre et l’abdomen sont blancs; les flancs sont verts, marqués de taches blanches; les couvertures inférieures de la queue, blanches depuis leur origine, ont sur leurs barbes intérieures des taches oblongues vertes; les yeux, placés dans un cercle dénué de plumes, sont rouges; le bec est couleur de corne, et les pieds sont rougeâtres.

Une étiquette au pied de cet oiseau portait le nom de Poukiobo: nous soupçonnons que c’est la dénomination par laquelle les insulaires d’O-Taïti (lieu d’où on nous a assuré que l’espèce est originaire) le désignent.

Nous n’avons eu occasion d’examiner de cette belle espèce de Colombe que le seul individu conservé dans mon cabinet.

DES COLOMBES

COLOMBE KURÜKURU, Màie.

Pt. XXXI V , et variété. Pi. XXXV.

Columba Purpurata. Lath. Ind. orn. v. a, p. 598, sp. 17.

— Gmel. Sfst. 1 j p. 784 j sp. 64 -

Le Pigeon pourpre de Java. Sonnini, édit, de Suffi v. 7 , p. iSc). Purple-Crowned Pigeon. Lath. gen. Sjn. v . 4 , p - 626.

Les îles de l’Océan Pacifique nourrissent encore la belle espèce de Colombe que Latham a nommée Pigeon à couronne pourpre. L’ornithologiste anglais nous en donne une très bonne description dans le Synopsis of Birds. Il y fait aussi mention de quelques variétés de ce Pigeon ; le plumage de cette espèce paroit assez susceptible d’éprouver des changements qui nous semblent propres aux diverses îles que ces oiseaux habitent j variétés au reste qui sont peut-être dues aux différences de sexe ou d’âge.

Il ne sera pas inutile de prévenir les naturalistes qu’ils doivent se garder de confondre parmi ces variétés l’espèce que nous avons décrite dans l’article précédent; il seroit aussi possible qu’on vînt à la supposition que ces oiseaux, offerts par nous comme espèces distinctes, ne différoient que de sexe, en prenant (comme il nous est arrivé avant une inspection exacte) le premier de ces Pigeons pour le mâle , et celui de cet article pour la femelle; les différences qui distinguent ces oiseaux sont cependant assez marquantes, et nous allons les exposer afin d'éviter par la suite toute méprise.

Le Poukiobou mesure en totalité neuf pouces et demi, et le Kurukuru n’a guère plus de huit pouces et demi (1): le premier a la queue allongée et composée de seize pennes -, le dernier l'a plus courte , et elle n’est pourvue que de quatorze pennes; toutes les plumes du cou du Kurukuru, ainsi que

(1) INous avons mesuré des individus de l’espèce du Kurukuru qui n’a voient que huit pouces , d’autres en avoienl environ neuf. Cette inégalité dans la taille , que nous avons déjà fait remarquer ailleurs , paroît tenir à des causes purement locales.

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des variétés de ce Pigeon, sont échancrées du bout, tandis que celles du Poukiobou , étant sans échancrures, sont arrondies. Chez ce dernier, les rémiges extérieures sont les plus longues ; mais dans l’espèce duRurukuru, les grandes pennes alaires vont en diminuant de longueur jusqu’à l’extérieure, qui est la plus courte de toutes : celle-ci est terminée en pointe. Il nous reste maintenant à faire connoitre les variétés qui se trouvent dans l’espèce du Kurukuru, ensuite nous en ferons connoître le jeune âge. Nous figurons dans la planche 34 le Kurukuru mâle tel qu’on le trouve habituellement ; c’est dans cet état que nous avons eu occasion d’en examiner plus de vingt individus venant d’O-Taïti : nous en avons encore trouvé deux au Muséum de Paris, rapportés par les naturalistes qui accompagnèrent le capitaine Baudin dans le voyage de découvertes aux Terres Australes. Nous ne sommes cependant pas instruits dans quelle île ils ont été tués.

La première variété, qui nous paroit la plus constante , a tout le haut de la tète d’un beau rouge-rose. Cette couleur est entourée , dans les individus adultes, par une bande jaune ; l’occiput, le cou et la poitrine sont d’un gris-cendré, nuancé de légères teinte: verdâtres, plus sombres cependant sur la partie postérieure du cou ; toutes les parties supérieures du corps sont d’un beau vert lustré, marqué de taches vertes, plus foncées sur les grandes couvertures des ailes les plus proches du corps ; les couvertures moyennes sont frangées de jaune. Les rémiges sont noires intérieurement, et vertes sur les barbes extérieures ; la dernière penne de l'aile est noire, et ses barbes sont tronquées, ce qui fait qu'elle est terminée en pointe. Les barbes extérieures de toutes les pennes caudales sont vertes, mais les barbes intérieures sont noirâtres 5 l’extrémité de toutes les pennes est d’un blanc nuancé de vert; le ventre a plusieurs nuances de jaune et d’orangé; l’abdomen et les couvertures inférieures de la queue sont jaunes; les tarses sont à moitié emplumés; le reste, ainsi que les doigts, sont couverts d’écailles noires ; l’origine du bec est de cette couleur, mais la pointe est blanchâtre; les yeux sont d’un jaune pâle.

Une variété que Latham dit être propre aux îles de Tongotaboo et d’Ulieta, mais qui se touve aussi à Timor, est représentée dans notre planche 35: elle diffère de la précédente, en ce que le front et le sinciput sont d’un violet pourpré très foncé, sans être entouré d’une bande jaune; le vert de toutes les parties supérieures est plus foncé et bleuâtre ; les couvertures ne sont pas frangées de jaune ; le ventre, ainsi que l’abdomen est vert ; enfin les pieds sont d’un brun rougeâtre, et le bec entièrement noir. Les naturalistes

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français qui furent de l’expédition commandée par le capitaine Baudin ont trouvé cette dernière variété du Kurukuru dans l’île de Timor.

Nous avons encore eu occasion d’examiner une variété qui n’avoit pas la plus légère apparence de violet sur la tête : nous ignorons si on doit attribuer cette différence au sexe.

Le jeune âge de cette espèce a le front coloré de gris-lilas entouré par une bande d’un jaune olivacé ; l’occiput, le cou et la poitrine ont des teintes de gris et de jaunâtre terne-, les ailes, le dos et la queue sont d’un vert foncé, mais peu brillant; toutes les couvertures sont frangées de couleur d’ocre; l’extrémité des pennes caudales n’a qu’une bande très étroite d’un gris foncé 5 le ventre, l’abdomen et les couvertures inférieures de la queue ont diverses nuances de couleur olive et de gris verdâtre; le bec est gris, et les pieds sont bruns.

Dans l’individu que nous avons examiné , toutes les plumes étoient minces, déliées et soyeuses; elles paroissoient indiquer que l’oiseau se trouvoit encore revêtu de sa première livrée; celles de la poitrine ne laissoient distinguer que foiblement l’échancrure triangulaire, qui, dans les individus adultes, est très apparente, et telle que nous en avons figuré une plume dans notre planche 55.

Les insulaires des diverses parties de 1 Océan Pacifique désignent la Colombe de cet article par les dénominations suivantes. Ceux de Tongo-Taboo lui donnent le nom de Kurukuru, que nous avons adopté; les natifs d’O- Tâiti connoisssent l’espèce sous le nom d’Oopa ou Oopara. Latham nous dit que ce Pigeon fait sa principale nourriture du fruit du bananier, et qu’il s’apprivoise facilement.

Il est assez probable que la belle Tourterelle verte dont Bougainville fait mention est de la même espèce que celle de cet article ; mais on ne sauroit s’en rapporter à des indications si vagues. Sonnini , dans sa nouvelle édition de Buffon , parle aussi du Kurukuru ; mais cet auteur se trompe en confondant cette espèce avec celle que Brown décrit sous le nom de Purple-Pigeon : le dernier de ces Pigeons n’appartient même pas à la famille des Colombes. Nous le ferons mieux connoitre dans notre seconde famille , sous le nom de Colomba ?' Jojoo.

Nous avons reçu plusieurs individus de l’espèce du Kurukuru, qui nous ont été adressés de Batavia. Ces oiseaux ne sont pas rares dans les collections en Angleterre. L’individu qui nous a servi de modèle appartient à M. Dufresne du Muséum.

HISTOIRE

COLOMBE TAMBOURETTE.

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