‹ Les pigeons (volume 2)Chapitre 38 sur 62 · COLOMBE AZURÉE · texte numérisé non relu

COLOMBE AZURÉE

Pl. XXXVII.

Columba Cærulea. Mïhi.

Toutes les parties supérieures de cette jolie Colombe étant d’une brillante et vive couleur d’azur, nous en avons tiré son signalement spécifique. On nous a assuré que 1 espèce habite au Bengale; ce dont nous ne saurions cependant garantir l’authenticité.

La longueur totale de la Colombe azurée est de neuf pouces; ses ailes atteignent à la moitié de la longueur de la queue , qui est arrondie.

Un bleu céleste ou couleur de turquoise orientale est répandu sur les parties supérieures; les joues et la gorge sont d’un blanc pur. On remarque sur le devant du cou et de la poitrine des teintes d’un brun fauve, nuancé d’un ton vineux; le ventre et l’abdomen sont blanchâtres ; les pieds et le cercle nu qui entoure les yeux sont rouges; la base du bec est rougeâtre , mais la pointe est d’un blanc jaunâtre.

Un individu de cette belle espèce faisoit partie du cabinet de M. Holthuysen, à Amsterdam.

DES COLOMBES

COLOMBE ÉMERÀLJDIJNE, Mâle et YaSété.

Pt- XXX P III et XXXIX.

Columba Alia. Lath. Ind. orn. v. 2, p. Gu, sp. 64. — Lins. Sjst. 1 , p. 284, sp. 3 i.

— Gmel. Syst. 1 , p. 786.

Turtur Seuegalensis. Briss . orn. v. 1 p. 12a, t. 1 o , f. r.

Tourterelle <lu Sénégal. Buff. Ois. v. 2, p. 553 . — Id. pi. cnl. 160.

— Id. édit, de Sonnini , v. 7 } p. 282.

La Tourterelle Émeraudine. La Lu Ht. Ois. d’^dfr.v, 6, pl. 271.

African Turde. Lath. Gen. Sjm. v. 4 j p- 656 , sp. 55 .

C’est à tort que Buffon réunit sous le même article de sa Tourterelle du Sénégal (assez exactement figurée dans les planches enluminées, n°. 160) deux autres espèces bien différentes, avec lesquelles la première ira aucun rapport : ce naturaliste dit que sa Tourterelle à collier du Sénégal , pl. 161, n’est qu’une variété de notre Émeraudine. Comme (continue le même auteur) la Tourterelle à collier d’Europe n’est qu’une variété de l’espèce commune , voici , a ce qu il nous semble , deux erreurs. La première consiste dans la prétendue identité spécifique de notre Émeraudine avec la Tourterelle à collier du Sénégal, que nous ferons mieux connoitre sous la dénomination de Colombe Blonde , pl. 44 . Cette erreur va principalement fixer notre attention à cet article, et nous relèverons la seconde, lorsque nous parlerons de la Tourterelle vulgaire de nos climats.

Il est étonnant, si Buffon s'est effectivement assuré, par l’inspection des deux espèces de Pigeons désignés , que ce naturaliste éclairé ait pu se méprendre en les confondant; mais il nous paroît plus vraisemblable que sa description ait été faite d’après les planches enluminées de son ouvrage. Quoi qu’il en soit, il est certain que ces oiseaux n’ont entre eux aucun rapport. La Colombe Emeraudine est de plus d’un pouce et demi moins grande que la prétendue Tourterelle à collier du Sénégal; il s’en faut qu’elle ait la queue aussi allongée en proportion du volume de son coi’ps; ses ailes sont moins longues, son roucoulement est différent. Enfin il suffira de dire, pour relever toute incertitude sur ce que nous avançons, que la

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Tourterelle à collier Ru Sénégal clés planches enluminées 161 n’est qu’une Tourterelle à collier, et le véritable type de l’espèce qui , dans nos climats, se trouve réduite à la domesticité ; espèce qui , comme nous le verrons plus loin à l’article de la Colombe Blonde, n’a que peu perdu de sa parfaite ressemblance avec la souche primordiale.

Il est encore une autre espèce que Buffon réunit à notre Emeraudine. Cet auteur présume que la Tourterelle à gorge tachetée du Sénégal , de Brisson, étant de la même grandeur et du même climat, n’est qu’une variété. Nous nous proposons de relever cette erreur à l’article de notre Colombe maillée, planche 45 de cet ouvrage.

Notre Colombe Emeraudine a été décrite par Brisson sous la dénomination de Tourterelle du Sénégal. Latham, et en dernier lieu Le Vaillant, ont aussi donné une description exacte de cet oiseau: c’est à ce dernier que nous devons la connoissance plus parfaite de l’espèce.

La Colombe Emeraudine est d’un tiers plus petite que la Colombe Tourterelle d’Europe: elle s’en distingue particulièrement par sa queue très courte et arrondie 3 sa longueur totale est de huit pouces ; les pennes de sa queue n’ont que deux pouces neuf lignes ; le dessus de la tête est d’un grisbleuâtre, qui blanchit un peu vers le front; la gorge est blanche ; la partie inférieure du cou et la poitrine sont d’une couleur lie de vin claire , qui blanchit vers le bas-ventre, et les couvertures inférieures de la queue, le derrière du cou, le manteau et les couvertures alaires sont gris-brun; il y a sur quelques unes des couvertures les plus proches du corps, des taches d’un vert éclatant; les pennes secondaires de l'aile sont rousses, qui est la couleur de toute sa partie intérieure ; les rémiges sont d'un gris-brun sur leurs barbes extérieures ; le croupion , d’un gris cendré , est traversé de deux bandes noirâtres ; les couvertures supérieures de la queue portent également deux balades noires sur fond gris; les pennes caudales sont toutes noires en dessous, excepté la plus extérieure de chaque côté, qui est blanche à son côté extérieur , depuis son origine jusqu'aux deux tiers de sa longueur; en dessus, les deux du milieu sont brunes, et les latérales sont grisbrun à leur origine , et noirâtres vers leur bout ; le bec est noir-brun ; les yeux sont rougeâtres, et les pieds d’un rouge vineux.

La femelle est plus petite que le mâle, et lui ressemble en tout, à l’exception que les taches vertes des ailes sont chez elle plus petites que chez ce dernier. Le mâle fait partie de ma collection , et la variété appartient à M. Dufresne , naturaliste.

DES COLOMBES

Une variété de cette espèce , que nous avons figurée planche 5g , diffère en ce que la totalité du plumage est d'une teinte plus claire. Un ton vineux y domine généralement par demi-teintes -, les couvertures inférieures de la queue sont noires , et les grandes taches Brillantes répandues sur les couvertures des ailes sont, dans cette variété, d'un beau violet à reflets pourprés 5 du reste, elle ressemble en tout à notre Émeraudine de la planche 58.

<c La Colombe Emeraudine, dit Le \ aillant, est très abondante vers les ce rivières du Gamtos, du Louri et du Van-Staaden ; on en voit aussi beaucc coup sur les bords de la petite et de la grande rivière des Poissons, et « dans tout le pays des Cafres : elle niche dans les buissons et sur les rami- <t fications du Gaulis, et pond deux œufs blancs. Le roucoulement du mâle <c s'exprime de la manière la plus touchante $ c'est une suite de sons « langoureux cou-cou-cou-cou répétés à perte d'haleine, et en baissant « insensiblement la voix. Ces sons remplissent tellement l’air environnant, « que, malgré que l'oiseau les exprime souvent près de vous, car il est peu <c farouche, on a peine à distinguer le lieu d'où ils partent. »

Cette espèce habite, comme on voit, la partie méridionale de l’Afrique, jusqu'aux pays des Cafres: on la retrouve encore au Sénégal. La variété décrite par nous, planche 5g, faisoit partie d'un envoi de ce pays : nous en avons reçu deux individus parfaitement semblables. L’Emeraudine figurée dans notre planche 58 fait partie du cabinet de M. Dufresne, au jardin des Plantes.

HISTOIRE

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