COLOMBE MAUGÉ
Pi. LII.
+ Columba Maugeus. Mi/ii.
Nous dédions aux mânes d’un des naturalistes les plus zélés pour l’Histoire naturelle la nouvelle et rare espèce de Colombe qui fait le sujet de cet article. La découverte de ce Pigeon étant due aux recherches de l’infortuné Mangé, nous espérons que le foible tribut que nous nous empressons de consacrer à sa mémoire emportera l’approbation des amis qui lui furent attachés 5 et nous osons nous flatter que les naturalistes conserveront le nom donné à cette espèce, par égard au dévouement actif de celui qui s'exposa plusieurs fois dans des voyages périlleux afin d’enrichir les sciences du fruit de ses découvertes intéressantes.
Cette Colombe ressemble tellement, au premier abord, à la Colombe à large queue, qu’on la croiroit être de la même espèce. Ces Pigeons diffèrent cependant beaucoup , et forment deux espèces distinctes et séparées. Il ne sera donc pas inutile, en renvoyant nos lecteurs aux planches qui représentent ces oiseaux , d’indiquer encore les principaux caractères qui les distinguent.
La Colombe à large queue est moins grande que celle de cet article ; elle 11’a pas la taille aussi svelte^ sa queue, composée de quatorze pennes , aies dix pennes du milieu d’égale longueur, et seulement les deux latérales de chaque côté plus courtes et étagées; ses pieds sont jaunes; enfin tout le devant de la poitrine, le milieu du ventre et l’abdomen, n’ont point de stries horizontales. E11 comparant cette courte indication à la description que nous allons donner de la Colombe Maugé , les naturalistes seront convaincus que ces deux espèces, quoique d’une grande ressemblance entre elles, à les voir superficiellement, 11’ont elfe cti veinent aucune analogie.
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La Colombe Maugé mesure en totalité dix pouces ; son corps n’est guère
plus gros que celui de l’Etourneau ; la queue est très longue, composée de douze pennes fortement étagées ; la penne latérale de chaque côté n’atteint pas à la moitié de la longueur des deux pennes du centre, qui sont les plus allongées ; le front et la gorge sont d’un gris couleur de plomb ; le devant du cou, la poitrine, les flancs et le ventre, sont rayés d’étroites bandes qui alternent régulièrement du blanc au noir; le dos est gris-terreux, avec des taches irrégulières plus foncées; les deux pennes intermédiaires sont gristerreux dans toute leur longueur; les latérales sont noires, et terminées de blanc; le bec et les pieds sont noirs.
La Colombe Maugé habite les îles de l’Australe-Asie. Le naturaliste à qui nous sommes redevable de la connoissance de cette belle espèce, n’ayant pas eu le bonheur de retourner dans sa patrie, nous ignorons jusqu’aux plus légers détails relatifs à sa manière de vivre.
Deux individus parfaitement conservés sont déposés dans les galeries du Muséum de Paris. M. Dufresne en possède aussi deux qui nous ont servi de modèle.
DES COLOMBES
COLOMBE TOURTELETTE, Mâle et Femelle.
Pl. LIII et LIF.
Coluinba Capensis. Lath. Ind. Orn. v. 2, p. G i 4 j sp. — Gwel. SjsL. 1 , p. 790. — Briss. Orn. 1). 1, p. 120, Jp. 22, t. 9 , f. 2 mas.
La Tourtelelie. Bujf. v. 2, p. 554 - — Le Vaill. , Ois. d’Af v. 6.
Tourterelle à cravate noire. Buff. pl. enl. ifyi, mâle.
Cape Pigeon. Lath. Sjn. v. , p. 666.
La Tourtelette est la plus petite espèce d’entre la famille des Colombes; son corps est de la grosseur d’un moineau vulgaire; mais sa queue, longue de cinq pouces un quart, le fait paroître d’un plus gros volume; la longueur totale de l'oiseau, mesurée depuis le bout du bec jusqu’à celui de la queue, est de neuf pouces six lignes; ses ailes, lorsqu’elles sont pliées, atteignent au tiers de la longueur de la queue , qui est très étagée; les six pennes intermédiaires sont de beaucoup plus longues que les trois latérales de chaque côté , et ces dernières ne sont que légèrement étagées entre elles. Le mâle de cette espèce a toute la face, de même que le devant du cou, d’un beau noir; cette couleur forme une large bande longitudinale le long du cou, et se termine sur la poitrine. L’occiput, le derrière du cou, le manteau, le dos et toutes les couvertures supérieures, tant des ailes que de la queue, sont d’un cendré-terreux ; sur quelques unes des grandes couvertures alaires est une tache d’un noir violacé à reflets dorés; trois bandes noires très étroites traversent le croupion. Les rémiges sont rousses sur leurs barbes intérieures; en dehors et vers le bout elles sont noirâtres ; les pennes de la queue sont d’un gris foncé à leur origine ; les six intermédiaires sont terminées de noirâtre ; les latérales ont une bande noire vers leur extrémité, et leur bout est gris; la plus extérieure de chaque côté a sa barbe extérieure blanche; en
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dessous la queue est entièrement noire ; le ventre et l'abdomen sont d'un blanc pur; le bec est jaunâtre, et les pieds sont rouges.
La femelle a toute la tête, le cou, la poitrine, les grandes couvertures des ailes, le dos, et l'origine des deux pennes du centre de la queue, d’un gristerreux ; toutes les petites couvertures des ailes, et quelques unes des moyennes couvertures , sont d'un gris-cendré ; elle a , comme le mâle , trois petites bandes transversales sur le croupion : le ventre et l’abdomen sont blancs. On trouve l’espèce répandue dans toute la partie méridionale de l’Afrique. Elle habite aussi au Sénégal , et peut-être même sur toute la côte d’Afrique.
Le mâle et la femelle de cette espèce font partie du cabinet de M. Raye de Breukelerwaert , à Amsterdam. Deux individus semblables sont déposés dans mon cabinet. Un mâle fait partie de la collection du Muséum de Paris. M. Dufresne possède les deux oiseaux qui nous ont servi de modèle.
Quoique nous ayons visité la plupart des cabinets marquants, il est cependant quelques espèces de Pigeons indiquées par les nomenclatures que nous n'avons pas eu occasion d’examiner en nature ; nous les décrirons succinctement à la suite de chaque famille , en nous bornant à donner à ces Pigeons des dénominations françaises , qui peuvent servir à les distinguer, et en renvoyant les naturalistes, pour la synonymie de ces espèces, à l’index qui termine ce volume.
COLOMBE GOAD-GANG.
Cette Colombe, don tLatham fait mention, mesure en totalité treize pouces et demi. La face , jusque vers les yeux, est blanche ; entre l’œil et le bec est un espace triangulaire noir, et derrière l’œil une tache rouge; le haut de la tête et l’occiput sont d’un gris-clair; le cou d’un gris-brun; les parties supérieures de l’oiseau d’un brun- verdâtre; la poitrine , le ventre et l’abdomen, blancs; les plumes placées vers l’insertion du poignet de l'aile sont de la même couleur que le manteau; on remarque enfin sur les flancs des taches noires irrégulièrement semées : les pieds et le bec sont rouges.
Cette espèce, qui habite la Nouvelle-Hollande, a des rapports avec notre Colombe-Grivelée ; mais nous ne pouvons garantir leur identité spécifique.
DES COLOMBES
COLOMBE MORDOREE.
Elle est à peu près de la taille du Ramier d'Europe : la tête est grise ; le devant du cou, le ventre et l’abdomen sont d’un gris-vineux clair; la partie postérieure du cou et le dos sont d’un violet-pourpré foncé 5 les plumes qui couvrent les côtés du cou sont profondément échancrées dans leur centre; elles sont noires, terminées par une bande d’un gris-vineux; les petites plumes qui forment les épaulettes sont d’un mordoré foncé; les couvertures sont d'un brun-terreux ; le croupion est d'un gris-lilas ; les premières plumes de la queue sont d’un noir-terreux; les latérales sont d'un gris-noir jusque vers la moitié de leur longueur, et blanches sur le reste. Les recouvrements du dessous de la queue sont blancs; le bec est jaunâtre, l’iris rouge, et les pieds sont bruns. Cette espèce habite la Chine.