COLOMBE MARQUETÉE
P i.. XXXI U.
Coluniba scripta. — Tem/n.
JNous avons eu occasion de mentionner cette espèce lorsque nous avons fait remarquer dans la Colombe Longup l’existence de la plaque métallique à laquelle on a donné le nom de Miroir, caractère commun à trois autres espèces de la Nouvelle-Hollande, la Colombe Lumachelle, la Colombe Labrador et la Colombe Marquetée. Ces trois dernières espèces se rapprochent encore l’une de l’autre par des caractères de structure, de proportion et de coloration qui permettent d’en former un groupe très-naturel. C’est ce qu’a proposé M. Lesson dans son Traité d’Ornithologie , mais en comprenant avec ces espèces, sous la dénomination commune de Colombines, d’autres espèces qui appartiennent à l’Amérique, et qui , non-seulement par cette raison, mais- encore à cause de la diffé rence de leurs formes et de leurs couleurs , ne nous paraissent pas pouvoir être admises dans ce groupe, borné ainsi pour nous aux trois espèces que nous venons de nommer. En effet celles-ci, bien que de tailles différentes, sont réunies par des rapports évidents et nombreux. Elles présentent les mêmes proportions relatives; le corps épais, les membres robustes, la queue courte. Leurs ailes sont composées de pennes roides et résistantes, analogues à celles des ailes des Gallinacés, et indices certains d’un vol vigoureux, quoique lourd et peu prolongé. Chez toutes les trois on retrouve sur tout le dessus du corps la même couleur brune olivâtre, jaspée de taches transversales d’un fauve clair, doutes les trois enfin, se rapprochant également par leurs habitudes, vivent tà terre, et viennent par bandes, plus ou moins nombreuses, chercher leur nourriture sur les chemins fréquentés et dans le voisinage des habitations.
La Colombe Marquetée est la plus petite et la moins brillante de ces trois espèces. Elle a le dessus de la tête et du cou, du corps et des ailes, des pennes latérales de la queue jusqu’aux deux tiers de leur longueur, et de celles médianes dans toute leur étendue, d’un brun olivâtre. Sur les ailes ,
HISTOIRE
ce fond est jaspé de taches d’un fauve clair qui borde la partie inférieure de toutes les plumes des recouvrements et celle externe des pennes. Les taches métalliques qui, chez la Colombe Lumachelle, occupent toute l’étendue des ailes, ne se montrent dans la Colombe Marquetée que sur quelques-unes d’entre elles réunies en un petit espace vers le milieu de l’aile. Elles sont aussi moins dorées et moins éclatantes, mais elles offrent dans les ondulations qui moirent leur belle couleur violette, un caractère très- remarquable. La gorge est entièrement blanche et encadrée, comme chez quelques perdrix, par une bande noire qui entoure également, en remontant, plusieurs taches du même blanc placées sur les côtés de la tête, avec lesquelles elle forme cette sorte de marqueterie dont l’espèce a tiré son nom. La partie supérieure de la poitrine est d’une nuance adoucie de la couleur du dessus du corps. Un gris bleuâtre en couvre toute la partie inférieure, et se prolonge sur le milieu du ventre, dont les côtés sont, ainsique le dessous des ailes, d’un blanc légèrement teinté de roux. Un gris sale se mêle à cette dernière teinte sur les couvertures des cuisses et celles inférieures de la queue. Celle-ci, composée de quatorze pennes égales, se termine par une large bande noire tranchée en dessus, mais se fondant en dessous, en remontant vers le corps, eu un gris brun foncé. Le bec est noir. Les pieds sont bruns.
La femelle a les taches métalliques de l’aile plus petites et moins brillantes. C’est la seule différence qu’elle présente.
La Colombe Marquetée appartient, ainsi que nous l’avons dit, à la Nouvelle-Hollande. Elle est encore rare dans les collections. L’individu que nous avons figuré fait partie de celle du Muséum d’histoire naturelle de Paris.
DES COLOMBES