‹ Les pigeonsChapitre 3 sur 45 · COLOMBE AMARANTE · texte numérisé non relu

COLOMBE AMARANTE

Pl. /“.

Columba puella. Less. Bull. des. Sc. nat. , n° 3 , p. 4oo.

Il arrive souvent que deux oiseaux exactement semblables par leur forme et par les couleurs de leur plumage, diffèrent tellement par la taille, que les naturalistes, n’osant ni les séparer ni les réunir comme espèces, les ont seulement distingués comme races ou variétés. Parmi beaucoup d’exemples de ce fait, que nous offrent plusieurs genres, soit d’Europe, soit exotiques, nous nous contenterons de citer, comme plus connu, celui du Bouvreuil d’Europe , espèce dans laquelle la grosse race est d’un tiers plus grande que la petite. Mais il est à remarquer que ces oiseaux, si rapprochés par tous les caractères zoologiques , ont toujours des mœurs et des habitudes trèsdiverses. Cette différence nous parait essentiellement due à l’influence du climat, et nous avons été conduits par un grand nombre d’observations faites, non-seulement sur les oiseaux, mais encore sur les mammifères, à reconnaître que la grosse race habite toujours des régions plus septentrionales, ou plus froides à cause de leur élévation.

L’espèce que nous allons décrire nous fournit une nouvelle preuve trèsremarquable à l’appui de cette opinion, que nous ne pouvons qu’indiquer, les limites de cet article ne nous permettant pas de l’exposer avec tous les développements qu’elle exige. La Colombe Amarante ressemble entièrement, par ses couleurs et par leur disposition, à la Colombe Magnifique, décrite et figurée par M. Temminck, Pl. col. i63, mais elle est d’une taille beaucoup plus petite, et en diffère autant , sous ce rapport, que notre Tourterelle du Pigeon ramier. Aussi est-ce sous le climat brûlant de la

HISTOIRE

Nouvelle-Guinée et de la Nouvelle -Irlande que M. Lesson a trouvé cette espèce, tandis que la Colombe Magnifique habite la partie la plus tempérée de la Nouvelle-Hollande.

La Colombe Amarante doit ce nom à la belle couleur qui, prenant naissance au-dessous de la gorge, et s’étendant largement sur le milieu de la poitrine et sur le ventre, revêt ainsi presque toute la partie inférieure de son corps.

Elle a la tête d’un gris cendré qui prend une teinte verdâtre sur la nuque et le cou. Toute la partie supérieure du corps, y compris les ailes et la queue, est d’un vert myrte, à reflets bronzés, qui s’étend jusque sur les côtés de la poitrine. Chacune des plumes qui composent les moyennes couvertures des ailes porte à son côté externe une tache de grandeur variable d’un jaune vif; ce qui forme une ligne de taches prolongée le long de l’avant-bras.

Le même jaune reparaît, plus vif encore, sur les plumes anales et sur les couvertures inférieures des ailes, et borde les plumes d’un vert pâle qui recouvrent inférieurement la queue. Les pennes des ailes ainsi que celles de la queue sont , en dessous , d’un brun roussâtre ; les premières ont leur côté interne largement bordé de roux. Les pattes sont courtes et empennées presque jusqu’à la naissance des doigts. Le bec est d’un brun noirâtre à sa base , et d’un rose verdâtre à son extrémité.

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