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symplômes : l'asthénie devint plus marquée, le cote
augmenta rapidement de volume et l’exophtalmie appa-
rut. Au mois de-juillet, la malade s’aperçut de ses batte-
ments de cœur. Elle sentait son cœur battre au moinûre
E effort et avait de temps en temps des bouffées de chaleur ;
mais ce n est” jamais la tachycardie qui à dominé la scène et qui a gêné le plus la malade. Au mois de juillet, elle a
commencé également à trembler assez violemment pour
être gênée dans ses mouvements. De mai à la fin d'août, la malade avait de la boulimie, mangeait et buvait énormé- ment. Cependant elle a toujours très peu uriné.
Au mois de juillet la malade a également perdu une
LÉ grande partie de ses cheveux, de ses sourcils et aussi de
ses | des aisselles et du pubis. Ses seins se sont atrophiés "A cette époque elle s’est sentie fréquemment fiévreuse. La pigmentation s’est aussi beaucoup accentuée. A. la fin d'août, nouvelle recrudescence des symptômes ; l'asthénie devient considérable, entraînant une impotence presque complète des membres inférieurs. A la constipation habituelle fait place des crises de diarrhée ; et à la boulimie succède une anoxerie presque complète s’accom-
pagnant de nausées et souvent de vomissements aqueux
ou bilieux, survenant par crises, surtout au réveil, quelquefois après le repas. Son caractère changea également. Elle devint coléreuse, facile à émouvoir, type maniaque et mélancolique. Pendant 15 jours elle eut des épistaxis et à l'heure actuelle, mouche encore un peu de sang. Les œdèmes étaient plus accentués, persistant encore le len- “demain. Au début de novembre nouvelle crise de diarrhée amenant une perte de poids de 10 kilos en deux mois, et l'asthénie devient absolue. Le corps thyroïde devenu très volumineux provoque de la raucité de la voix et quelques étouffements. Les règles sont supprimées depuis trois mois.
Le 11 novembre 1903, elle entre à la Charité.
ss
De
Exarnen à son entrée. — Pigmentation. —- La peau de. la malade toute entière est d’une coloration bronzée dia à
logue à celle de la maladie d’Addison, sauf peut- être que les zones de pigmentation maxima sont un peu diftérentes.
Elles existent surtout à la région du cou et au front, au niveau des flancs, des fosses iliaques, des genoux, de la face dorsale des pieds et de la région lombaire. Les seins:
sont atrophiés et il existe de la pigmentation du mamelon.
La vulve et la région péri- -anale sont très pigmentées ; pas:
de pigmentation de la ligne blanche, ni des UNS: buccale et vaginale.
Membres inférieurs. — Ils ne paraissent pas trop amaigris, mais Si -on ‘cherche à pincer la peau avec la main, on
voit qu'il ne reste presque plus de muscle au- -dessous de lui. Le tissu sous-cutané est infiltré d’une substance ne
gardant pas l'empreinte du doigt, faisant paraître à la
surface de l’épiderme de petites saillies comme si c'étaient
des lobules adipeux, nettement-prédominants aux parties déclives (derrière le tendon d'Achille). Il s ’agirait donc probablement d'un œdème particulier ne gardant pas l'empreinte du doigt, et présentant une analogie lointaine avec le myxœdème. Cet œdème a été, paraît-il, très accentué avant l'entrée, mais a toujours diminué dans la position couchée.
Membres supérieurs et tronc. — Les membres supé-
rieurs sont nettement émaciés. On soulève par le pince-
ment une peau lâche ef non épaissie. Le thorax et l’abdomen paraissent moins amaigris, le ventre n’est pas météorisé. ere Fe
Face. — Ce qui frappe immédiatement c’est l’exophtalmie, elle est d’ailleurs légère, un peu variable sans trop de larmoïiement et de rougeur conjonctivale.
Les pupilles sont dilatées. Il y a un léger degré d'inégali-
té pupillaire, la pupille droite étant plus large que la gau-
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‘ che. L'oreile droite a une température plus élevée que la
gauche.
Cou. — La malade porte au-devant du cou une tumeur volumineuse constituée nettement par le corps thyroïde hypertrophié en masse. Le lobe droit qui est le plus gros présente 8 centimètres de haut sur 6 de large. Pas d’hypertrophie de l’isthme. Cette tumeur n’est pas pulsatile ; De de circulation collatérale.
Appareil circulatoire. — Le cœur est légèrement dilaté, surtout dans ses cavités gauches. La pointe bat dans le 5° espace, à un centimètre en dehors de la ligne mamelonnaire.'Il est très rapide et très variable ; on constate à l’orifice pulmonaire un gros souffle meso-systolique disparaissant dans la position assise ; à certains jours on entend un bruit de galop gauche typique.
Le pouls n’est pas excessivement rapide ; il n’atteint guère que 125 au moment des paroxysmes, légers d’ailleurs, que la malade a depuis son entrée. A l’état ordinaire il varie de 100 à 112 le matin, 88 à 96 le soir. Le pouls est assez fort, mais il y a plutôt hypotension. Quelquefois, au moment de certains paroxysmes, le pouls est irrégulier, arythmique, avec des pulsations inégales et des faux pas ; il est incomptable.
Tremblement. — Très intense au mois d'août, il semble avoir tendance à disparaître.
Appareil respiratoire. — La percussion est un peu douloureuse, mais l’auscultation ne révèle aucune lésion.
Oppression due au goître.
Appareil digestif. — Anorexie totale, la malade a en
plus de la gêne de la déglutition.
Plus de diarrhée depuis son entrée ; vomissements ma-
tinaux aqueux et verdâtres.
Rate volumineuse. Foie plutôt petit.
. Appareil urinaire. — La malade a deux reins déplacés
gros, débordant les côtes et douloureux à la palpation. L'u-
rine est peu abondante, foncée (500 gr. à 1 litre) riche en sels. On y trouve de l'albumine dont la quantité varie beaucoup suivant les mictions. Pas de bacilles de Kock.
Le matin ordinairement l'albuminurie est plus abondante (correspondant à 2 ou 3 g. par litre), le soir souvent on en trouve seulement des traces.
Appareil génitel. — Pas de règles depuis deux mois. Pas de lésion annexielle. Col de multipare avec orifice punchiforme. REX
Examen du seng. — Quantité relative de globules blanes considérablement diminuée. On trouve cà et là très éloignés dans les préparations quelques polynueléaires, un peu moins de gros mononucléaires ; pas de lymphocytes.
Etat général. — Cachexie S’accentuant à vue d'æil, asthénie considérable, diarrhée et vomissements, amaigrissement énorme et rapide 3 k. 200 dans la dernière semaine. Etat fébrile 39° le soir et 38° le matin. Accentuation des signes de compression dus au goître, contrastant avec une diminution relative, de la tachycardie, de l’exophtalmie et du tremblement.
Association de maladie de Basedow et d'Addisor
OBSERVATION XXX (EULEMBOURG, 1889)
11 s'agit d'une jeune fille de 26 ans, originaire de Suisse : sa mère esi morte d'une maladie de cœur, son père encore vivent est aveugle et a également une lésion au cœur.
La malade est pâle, d'une santé faible et d'un état général mauvais : elle s'est mariée à 16 ans. Premier accouchement en 188 sans incidents. En mai de l'année suivan-
te, fausse couche de six mois. A la suite de cet accident qui paraît en être la cause, la malade présenta une nervosité exagérée, avec de l'angoisse, des vertiges, du tremblement, une grande faiblesse et de l’insomnie, une douleur dans l'hypocondre en plus des symptômes existant déjà. L'amaigrissement devint rapide (110 livres à 87 livres), l’appétit et la nutrition étaient diminuées beaucoup. Soignée comme « hystérique » par son médecin traitant, elle reçut -des séances d’hypnotisme à la suite desquelles elle eut des convulsions et surtout une si grande « iatrophobie » qu'’elle mettait un mauvais vouloir excessif pour tout examen ou traitement. Elle fut alors envoyée faire une cure dans une station d'hydrothérapie où je la vis en consultation.
24 juillet 1888. — La malade est une brunette (avec une peau rappelant celle d'un nègre), mince ét très amiaigrie (elle avait encore perdu deux livres en quelques jours). Elle se plaint des sensations subjectives décrites plus haut, et surtout de palpitations de cœur presque ininterrompues. L'examen du cœur montre une dilatation du côté droit (matité du côté droit du sternum) et un léger souffle apexien, n’existant pas toujours (sans doute anémique).
Le pouls très fréquent bat entre 140 et 150 pulsations à fa minute ; le pouls radial est petit, rapide ; le pouls carotidien est fort et en comprimant cette artère on perçoit un souffle systolique. Le tour du cou est grand, il mesure 37 centimètres ; son augmentation est pro&uite par une tu- -meur du lobe droit du corps thyroïde, assez molle. Sur celle-ci on sent à la palpation un frémissement, et on entend un bruit clair et systolique. La sclérotique est colorée en bleu, il y a exophtalmie et signe de Graefe. Myopie -assez accusée et manque de convergence dans les mouvements des globes oculaires.
Tic convulsif de la peau. En plus, faiblesse et apathie
-extraordinairement grande ; fort tremblement, aménor-
NOTONS 92 cts
rhée, troubles dyspeptiques et constipation opiniâtre. Etat S moral très déprimé et nostalgie. En plus de ces sympiô- s' mes, on remarquait, chose surprenante, une coloration
de la peau particulière, sombre, terreuse, tirant sur le
“bleu, rappelant au visage la couleur d’un mulâtre. La ma- ES lade ne peut pas nous renseigner sur son début. La colo- ES ration du visage était la plus intense, celle du nez, des
mamelons et des mains était un plus claire ; et ‘comme
coloration elle variait des nuances bleues aux rouges. ©. Sur la muqueuse de la cavité buccale, à la base de la
langue et à la voûte palatine on remarquait des. pos F
ardoisées, avec des alentours plus clairs.
Après une cure d’hydrothéraphie qui dura trois à qua-
tre mois, la malade se trouva mieux ; malgré sa répulsion pour tout ce qui était examen en traitement Rares elle
avait accepté des douches de 24°. | rat
L’appétit et la nutrition étaient meilleures, larinisrie 2
sement avait diminué de trois livres ; les forces étaient un: peu revenues et la malade pouvait faire quelques prome-
nades à pied sans être de suite fatiguée et même monter les escaliers. Le sommeil était revenu, et la fréquence du :
pouls avait un peu diminué, il était à 116.
Revenue dans sa patrie, la malade devint oi et jouit pendant ce temps d'un état meilleur (comme celæ : se voit souvent au cours de la maladie de Basedow). À
Coexistence de maladie de Basedow et d’Addison