SCENE III
SERINGUINOS, SOÏTINEZ, RODRIGUEZ, chefdes
alguazils.
Oui , Rodriguez , vous voyez dans le seigneur Sottinez un hidalgo qui, il y a une heure à peine , était enveloppé dans la peau d'un simple dindon ,
il lui en reste encore quelque chose dans la démarche.
BODRIGUEZ.
Vous m'étonnez.
SOTTINEZ.
Comme si un sorcier ne pouvait pas choisir un animal plus noble ; on dirait que ce faquin a voulu me faire une épigramme.
RODRIGUEZ, très -gravement.
Je partage votre opinion... le dindon me paraît une allusion fort désagréable.
SERINGUINOS.
Enfin, mon cher gendre, vous voilà déplumé; mais c'est égal, si vous aviez conservé cette forme grotesque, ne croyez pas que j'aurais manqué de procédés à votre égard... Non, non, je vous aurais donne la meilleure place de ma basse-cour, et vous y auriez été traité avec tous les égards dus à votre rang et à vos malheurs ; seulement, je n'aurais pas pu vous donner ma fille, j'aurais redouté l'incompaiibililé d'iiumeurs... A présent que vous avez repris tous vos avantages physiques, rien ne s'oppose plus...
RODRIGUEZ
Vous me paraissez entièrement d'accord : que voulez-vous de moi ?
Pour la célébration de cet hymen, il ne manque plus que le consentement de la mariée. Ma fille a la faiblesse d'exécrer monsieur et d'en aimer un autre j mais nous voulons faire pendre ou brûler cet autre, qui est un sorcier... Voilà pourquoi il faut rassembler vos alguazils, et vous mettre tous ensemble à la poursuite du séducteur.
SOTTINEZ, regardant au balcon.
Eh! mais le voilà auprès d'Isabelle.
RODRIGUEZ
Dites-lui de m'attendre, je cours chercher du renfort.
ALBERT, se penchant dans la rue.
Magloire! Magloire... fais avancer une voiture.
SERINGUINOS.
Je vais t'en donner une voiture.... Suivez-moi, mon illustre gendre.
Jls entrent. Pendant ce temps, le Lalcon descend à terre, avec Albert et Isabelle ; Seringuinos s'en aperçoit; il crie à Sottinez de courir après les fugitifs ; celui-ci sort du couvent, se trouve remonte' par le balcon à côté de Seringuinos : Albert se sert de son talisman, la table du marchand de vin se cliange en une petite voiture traînc'e par deux petits gc'nies.
SERINGUINOS et SOTTINEZ, Criant.
A la garde!
Les alguazils arrives à ces cris sont transforme's en laquais qui suivent et pre'ccdent la voilure.
CHOEUR
Quelle bonne aventure!
Les tables et les bancs Se changent en voilure • Pour servir les amans.
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Trolsièiiie Talileau.
Le théâtre rcpre'sente une campagne. A droite, un poteau portant celle inscri^nion : route de m a drid a. SÉVILLE ; dans le fond, un pan de mur à demi e'croulc.