‹ Les pilules du diable, féerie, en trois actes et vingt tableauxChapitre 37 sur 94 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

SERINGUINOS, toujours dans sa chaise; les porteurs arrivent au pas de course; le pauvre apoihicaire suit le mouvement. BADILÂS court à côté de la chaise.

BABILAS.

Arrêtez 1 arrêtez!... c'est ici. {Se jetant à la tête du preinier porteur .)\c\i\-ivi bien arrêter, enragé? Tu vas faire mourir cet honnête homme.

La chaise s'arrête et Serin guinos en sort.

Ah 1 mon pauvre Babilas, tu m'as sauvé la vie... si ça avait continué, j'allais marcher sur les ge- QOUX.

BABILAS.

Je vous ai vu passer dans la rue d'Oviédo ,

i vous alliez comme le vent; je n'ai pu vous rej joindre qu'ici.

j UN PORTEUR.

I Notre bourgeois, si vous êtes content, n'oubliez j pas les porteurs... quelque chose pour bpire.

I SERINGUINOS.

I Quelque chose pour t'étrangler plutôt, misérable.

î LE PORTEUR.

Nous sommes pourtant venus bon train.

SERINGUINOS.

Va-t'en de même, ou bien...!

LE PORTEUR

Cependant il faut qu'on nous paie, ou nous allons vous ramener où nous vous avons pris.

SERINGUmOS.

Du tout 1 du tout! j'aime encore mieux payer. Tenez, voilà six maravédis... si jamais on me voit reprendre vos voitures ! {Les porteurs sortent avec la chaise. ) Si c'est une nouvelle invention, je crois que ce moyen de transport aura peu de succès.

Mais pourquoi vous êtes-vous mis dans cette chaise?

SERINGUINOS.

C'est Sottinez qui, ayant pitié de ma faiblesse, avait fait avancer ces hommes... il ne croyait sans doute pas cette locomotion aussi fatigante j Babilas je veux me reposer.

Ses jambes ploient.

BABILAS.

Où ça? pas une chaise, pas un banc.

SERINGUINOS.

Babilas, je ploie sous le fardeau de mes malheurs.

BABILAS.

Venez à la maison.

SERINGUINOS.

C'est ça, pour entendre les propos de tout le quartier sur mes infortunes de famille ! Je vais demander un asile à Bernadille, le maître de cette maison de santé... c'est une de mes pratiques... frappe à la porte, Babilas.

Bab

frapper.

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SCEISE III. Les Précèdens, BERNADILLE.

BERNADILLE.

Bonjour, seigneur Seringuinos ; que voulez-vous de moi?

SERINGUINOS.

Mon cher ami, je voudrais me reposer I...

BERNADILLE.

Donnez-vous la peine d'entrer...

SERINGUINOS.

Je voudrais me reposer toute la journée, toute la nuit, et recommencer demain... il me semble que je dormirais mille et une nuits sans m'arrêter.

BERNADILLE.

Très-bien, très-bien... tant que vous voudrez... Vous êtes donc bien fatigué?

SERINGUINOS.

Je suis rompu... et si je me tiens debout pour vous parler, c'est par décence... et parce que Babilas me soutient... N'est-ce pas, Babilas que je suis bien pesant?

BABILAS.

Pesant nest pas le mot, vous êtes éreintant... si

oa vous était égal d'entrer pour finir la conversation, ça m'irait assez...

SERINGUINOS.

Un seul mot, Babilas... Seigneur Bernadille... je vous demande une chambre... en payant, s'entend... mais une chambre dans laquelle on n'entende pas voler une mouche... j'ai besoin de silence... j'ai tant vu de choses... j'en ai tant entendu, que j'ai besoin d'un calme aussi plat que •possible...

BERNADILLE.

Voici une chambre qui donne sur ce jardin... je vais vous la donner... il n'y a dans cette partie de la maison que des paralytiques qui font peu de bruit, comme vous pensez...

SERINGUINOS.

Leur société me sera infiniment agréable... Entrons, Babilas...

Ils entrent avec Ecrnadillo clans la maison.

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