‹ Les pilules du diable, féerie, en trois actes et vingt tableauxChapitre 45 sur 94 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

SOTTLNEZ, puis BIGARO.

SOTTINEZ, entrant.

Holà! barbier-coiffeur!... il n'y a donc personne dans cette baraque?

BIGARO, paraissant.

Si, signer; que désire votre excellence ?a-t-elle la barbe longue, je la coupe ; les dents avariées, je les arrache ; des cors gênans , je les extirpe ; le tout pour le bien de l'humanité et la modeste somme de deux maravédis,

SOTTINEZ.

Mets tous tes fers au feu , drôle 1 et relève mes boucles, qui en ont terriblement besoin.

BIGAUO.

C'est de la tête qu'il s'agit; vous ne pouviez mieux vous adresser, seigneur cavalier : vous voyez en moi le coiffeur breveté de onze têtes couronnées dont je soigne aussi les cors, durillons, ognons, poireaux, lentilles et mâchoires; regardez dans la montre , excellence , vous y verrez l'œillère du roi de Couge, vous y verrez...

SOTTINEZ.

Je n'ai pas le temps d'écouter tes sornettes : coiffe-moi vite, on m'attend.

BIGARO.

A quelque rendez-vous d'amour. Son excellence est assez bel homme pour que les dames de Madrid se l'arrachent.

SOTTINEZ.

Tu trouves, faquin?

BIGARO.

Il ne VOUS manque que d'avoir passé par les doigts de l'adroitissime Bigaro; asseyez-vous, excellence... {il avance un fauteuil) une seconde, et je suis sur votre tête,

II rentre cliez lui.

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