SCENE PREMIERE
LA FOLIE, ALBERT et ISABELLE arrivent dans un char traîné par une foule de gros papillons.
LA FOLIE
Nous sommes arrivés.
ISABELLE
Où sommes-nous donc ici?
LA FOLIE
Dans mon empire. C'est ici que vous vous reposerez de vos fatigues, et que vous attendrez que la vieille Sara se lasse de vous persécuter.
ALBERT
Que d'actions de grâces!...
LA FOLIE
Vous ne me devez rien que d'être gai, car la gaieté est de rigueur dans mon empire.
ISABELLE
Pour être complètement heureuse, il me manque mon père, mon pauvre père, qui, tout en se donnant beaucoup de mal pour me rendre malheureuse, m'aime cependant, j'en suis sûre.
Je ne puis amener ici ton père, qui est sous Tin-
fluence du nouveau talisman que Sara adonné à Soltinez.
ISABELLE
Mon pauvre père !
LA FOLIE
Et toi, Albert, te manque-t-il aussi quelque chose?
ALBERT
J'avais un pauvre diable à mon service, et que pour cela sans doute on persécute là-bas; ce garçon m'est dévoué, et s'il était là près de moi, je serais complètement heureux.
LA FOLIE
J'avais prévenu tes désirs, et j'ai protégé Magloire, qui sans moi aurait perdu la téie; je te le rends au grand complet.
MAGLOiRE, traverse le théâtre en courant; sa tête,
mal fixée sur ses épaules, tourne toujours.
Criant.
Ah! monDieul j'ai des vertiges, des éblouissemens.i..
LA FOLIE
Sa tête n'est pas encore bien assurée sur ses épaules; j'avais sans doute oublié quelque chose. Magloire! Magloire! viens à nous, mon garçon. MAGLOIRE, revenant; sa tête ne tourne plus.
Ah! enfin, elle s'est arrêtée... je voyais trentesix chandelles...
VWW\WA\WVWVWW\WVVWW\W'V\'VWVWWVVVW\A,-»VVVW\VWAA/