ACTE II, SCÈNE PREMIERE. Si
MADAME RENARD
Ma fille , cependant il faut vous marier.
JENNY
D'ailleurs, j'ai l'ait la nuit un reve singulier.
MADAME RENARD
Ali ! fais-m'en le récit.
Hélas ! les plus beaux songes , Quoi que vous en disiez , ne sont que des mensonges.
MADAME RENARD
JN'importe, dis toujours } moi, mon enfant, j'y crois.
JENNY. *
Rh Lien ! je me trouvais seule au milieu d'un bois , Sans guide , sans appui ; je respirais à peine , Quand bientôt je m'arrête au bord d'une fontaine. L'onde était transparente , et dans ce frais miroir J'avais , je l'avoûrai , du plaisir à me voir , Lorsque soudain j'entends un grand coup de tonnerre.
MADAME RENARD
O ciel !
JENNY
Un monstre affreux sort du sein de la terre. C'est monsieur Floridor , ô souvenir fatal ! Sous le masque hideux de l'esprit infernal. Jugez «à son aspect de ma frayeur extrême j Sa figure pourtant était toujours la même.
Sa LES PLAIDEURS SANS PROCÈS,
Mais j'entends retentir des sons harmonieux. Soudain un immortel se présente à mes yeux 5 Je sens, en le voyant, renaître mon courage, Une douce candeur brille sur son visage ; Enfin il se fait voir à mes regards surpris Tel que l'on nous dépeint les célestes esprits.
MADAME RENARD
De ta frayeur enfin te voilà revenue.
Je vous laisse à penser combien j'étais émue.
Mais en jetant les yeux sur le bel inconnu ,
Je crus me souvenir de l'avoir déjà vu.
Je ne me trompais pas , c'étaitbien lui, ma mère.
MADAME RENARD
Qui?
JENNV.
Ce jeune étranger; vous y voilà, j'espère.
MADAME RENARD.'
Je ne devine pas.
JENNV.
Il faut vous dire tout ; Celui qu'hier au soir nous vîmes à Saint-CIoud : Il me tint un langage à la fois doux et tendre , Que jamais nul mortel ne m'avait fait entendre. Venez, me disait-il, habiter le séjour Qu'ont embelli pour vous la jeunesse* et l'amour* 1 11 \ain je veux répondre : agitée, incertaine