SCENE III
M. RENARD , Madame RENARD , FLORIDOR , JENNY.
RENARD
Enfin, vous voilà donc! savez-vous bien, mon gendre, Que pour un amoureux vous vous faites attendre !
Ne vous étonnez pas si je suis en retard ,
Vous sentez qu'aujourd'hui j'ai dû me lever tard.
(A Jenny. )
Mademoiselle , eh Lien ! m'en voulez-vous encore ? Vous voilà ce matin plus fraîche que l'Aurore ; Si je dois en juger d'après ce teint vermeil , Vous avez dû jouir d'un paisible sommeil.
JENNY
Non, Monsieur, point du tout.
(Bas à sa mère.)
Oh! c'est lui, je vous jure; Je crois le voir encor , c'est la même figure Qui m'a fait tant de peur...
Vous avez mal dormi .
JENNY
Très-mal.
RENAUD
Vous en savez la raison , mon ami , On passe en pareil cas une nuit agitée.
jenxy (bas à sa mère).
Non , je ne puis le voir sans être épouvantée.
TLORIDOR.
Et piiis on a choisi l'instant où je sortais, Pour venir longuement me parler d'un procès Fort embrouillé , parbleu ! C'est une belle affaire , Et qui pourra durer très-long-temps, je l'espère... J'ai remis mon client jusques à mon retour , Et pour une heure au moins je suis tout à l'amour. Réglons d'abord la dot , c'est la chose importante ; Mais ordinairement la future est absente Quand il faut stipuler les clauses d'un contrat. Elle s'amuse peu d'un semblable débat.
RENARD
Vous entendez , ma fille.
MADAME RENARD
Ainsi l'on nous renvoie.
JENNY
Vous ne sauriez , Monsieur, me causer plus de joie.
TLORIDOR.
J'irai vous avertir quand tout sera conclu.
J i:\ny (bas à sa mire).
C'est lui décidément tel qu'il m'esl apparu : \ >>il,i ses traits , ses yeux.