‹ Les plaideurs sans procèsChapitre 27 sur 69 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

M. RENARD , Madame RENARD , FLORIDOR , JENNY.

RENARD

Enfin, vous voilà donc! savez-vous bien, mon gendre, Que pour un amoureux vous vous faites attendre !

Ne vous étonnez pas si je suis en retard ,

Vous sentez qu'aujourd'hui j'ai dû me lever tard.

(A Jenny. )

Mademoiselle , eh Lien ! m'en voulez-vous encore ? Vous voilà ce matin plus fraîche que l'Aurore ; Si je dois en juger d'après ce teint vermeil , Vous avez dû jouir d'un paisible sommeil.

JENNY

Non, Monsieur, point du tout.

(Bas à sa mère.)

Oh! c'est lui, je vous jure; Je crois le voir encor , c'est la même figure Qui m'a fait tant de peur...

Vous avez mal dormi .

JENNY

Très-mal.

RENAUD

Vous en savez la raison , mon ami , On passe en pareil cas une nuit agitée.

jenxy (bas à sa mère).

Non , je ne puis le voir sans être épouvantée.

TLORIDOR.

Et piiis on a choisi l'instant où je sortais, Pour venir longuement me parler d'un procès Fort embrouillé , parbleu ! C'est une belle affaire , Et qui pourra durer très-long-temps, je l'espère... J'ai remis mon client jusques à mon retour , Et pour une heure au moins je suis tout à l'amour. Réglons d'abord la dot , c'est la chose importante ; Mais ordinairement la future est absente Quand il faut stipuler les clauses d'un contrat. Elle s'amuse peu d'un semblable débat.

RENARD

Vous entendez , ma fille.

MADAME RENARD

Ainsi l'on nous renvoie.

JENNY

Vous ne sauriez , Monsieur, me causer plus de joie.

TLORIDOR.

J'irai vous avertir quand tout sera conclu.

J i:\ny (bas à sa mire).

C'est lui décidément tel qu'il m'esl apparu : \ >>il,i ses traits , ses yeux.

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