ACTE III, SCÈNE XI
(AFloridor.)
Et la Cour vous condamne à payer tous les frais. Quoi! vous de la chicane athlète redoutable , Vous avez pu donner dans un piège semblable. Oh ! comme l'intérêt vous aveugle aisément !
( Montrant Renard. )
Monsieur, en pareil cas , aurait-il un moment A des contes pareils donné quelque créance ? Car sachez qu'il était dans notre confidence.
RENARD
Moi !
RAYMOND
D'avance avec lui tout était concerté : A la plaisanterie il s'est fort bien prêté.
RENARD
En effet, je conviens....
JENNY
Vous saviez tout , mon père ?
RAYMOND
Il a fort bien joué le rôle de compère.
J'ai voulu lui montrer quel gendre il se donnait :
Voilà mon but rempli ; je crois qu'il le connaît.
Que vous soyez, Monsieur, leur dupe ou leur complice, Vous n'en avez pas moins compromis la justice. Adieu , votre conduite aura son juste prix.
RAYMOND
Avocat, taisez-vous, les débats sont finis.
no LES PLAIDEURS SANS PROCES.
Ne soyez pas si tiers , Messieurs , de votre ruse , Les plus honnêtes gens sont ceux que Ton abuse. Vous deviez me tromper : j'ai trop de bonne foi ; Oui , je crois tout le monde aussi probe que moi. J'agis tout franchement , sans la moindre finesse : On est toujours puni de sa délicatesse.
( Il sort. ) RAYMOND.
Vous voyez qu'il le prend sur un ton bien plus doux :
Au silence il aura plus d'intérêt que vous.
Vous faites au total une affaire excellente \
Un jeune homme bien né , vingt mille francs de rente ;
Un gendre généreux autant que délicat ,
Et surtout point de dot à porter au contrat.
Pouviez-vous espérer un plus doux hyménée?
Non , sans doute ; au surplus , ma parole est donnée 5 Et lorsque j'ai dit oui, je ne change jamais. Du reste, le barreau pour moi n'a plus d'attraits : Je veux me retirer.
SAINT-LÉGER
Vous viendrez dans ma terre.
RAYMOND
On y vit noblement , orî y fait bonne chère ; Vos jours vont s'écouler dans d'innocens plaisirs.